A Göteborg, Steve Guerdat entre un peu plus dans la légende des sports équestres
dimanche 07 avril 2019

Steve Guerdat et Alamo
Steve Guerdat ne cachait pas sa joie une fois la ligne d'arrivée passée. © Scoopdyga

Préparer, courir et tenir un championnat, cela ne s'invente pas. Il n'y a qu'à jeter un oeil sur le palmarès des trois cavaliers sacrés cet après-midi à Göteborg : Steve Guerdat a été sacré champion olympique à Londres et l'on peine presque à calculer le nombre de médailles qu'il a engrangées jusqu'à maintenant, Martin Fuchs, vice-champion du Monde, Peder Fredricson, vice-champion olympique et champion d'Europe. Aujourd'hui, le sport a tout simplement sacré trois hommes d'exception, amoureux des chevaux et du sport.

Steve Guerdat l'a toujours dit, le circuit Coupe du Monde est l'un de ses préférés. Des treize finales Coupe du Monde courues, il a terminé douze fois dans le top 10. Aujourd'hui à Göteborg, Steve est entré dans le club très sélect des triples vainqueurs de la Coupe du Monde formé par Hugo SimonMeredith Michaels BeerbaumRodrigo Pessoa et Marcus Ehning. Il s'était déjà emparé de la Coupe à deux reprises avec Albfuehren's Paille (ex-Paille de la Roque) et Corbinian, c'est avec Alamo qu'il a récidivé cette année. "Je dois dire que je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Il était un peu nerveux vendredi après la Chasse mais il ne m'a pas laissé tomber aujourd'hui et je ne l'ai pas laissé tomber, je suis très fier de lui".

Après Tryon, la Suisse fait une nouvelle fois étalage de son talent

Obstacle après obstacle, le duo suisse a construit son chemin jusqu'à la victoire. Victorieux dans la Chasse, il a concédé quatre points vendredi, ouvrant un temps le passage à Eduardo Alvarez Aznar et à Peder Fredricson. Malgré toute la bonne volonté de sa monture Rokfeller de Pléville*Bois Margot, l'Espagnol a du s'incliner avec douze points en finale et se classe huitième. Le Suédois n'a renversé qu'une barre sur la première manche de la finale avec Catch Me Not S. Ce gris au physique et au style atypique sautait ici son premier championnat. Il a rejoint les écuries de Peder il y a moins d'un an et ne courait là que son neuvième concours 5*. Son cavalier s'estimait ravi de cette performance célébrée devant son public. "J'ai eu un superbe sentiment ici, dans cette arène. Mon cheval beaucoup de moyens, beaucoup de sang et de sensibilité conjugués à un super mental. Il aurait été un cheval de complet parfait !". Avec un total de quatre points, le cavalier d'acier termine troisième, juste devant Daniel Deusser, qui a confirmé l'excellente impression laissée par Tobago Z sur le circuit indoor cet hiver. Ce petit alezan a parfaitement compensé sa technique des antérieurs imparfaite en montrant force, frappe, respect et moyens. 

Quoiqu'il en soit la tête du classement aura bel et bien été Suisse avec la victoire de Steve, mais aussi grâce à la deuxième place de Martin Fuchs juché sur son crack Clooney 51. Le pilote et son excellent fils de Cornet Obolensky, déjà vice-champions du Monde à Tryon, ont récidivé en signant un double sans-faute lors de cette finale. "Un peu plus tôt dans la journée, j'ai dit que si je devais être battu par quelqu'un, autant que ce soit par Steve !", plaisantait-il en conférence de presse. "Toutefois j'aurais aimé gagner. J'ai la chance d'avoir l'un des meilleurs chevaux au monde. Cette finale posait beaucoup de questions techniques mais avec lui, tout est facile ! Il mérite de recevoir l'or mais nous verrons cela à Rotterdam !"

Une semaine suédoise plein de belles surprises

Tout au long de la semaine, bon nombre de couples ont positivement impressionné, citons pour commencer le Belge Niels Bruynseels (5e) avec son jeune Deux van T&L qui s'est montré remarquablement solide pour son premier championnat, son compatriote François Mathy Jr (11e), qui n'avait couru qu'une seule finale en 2014, sans oublier le cavalier polonais Jaroslaw Skrzyczynski (12e), qui a délivré de bons parcours avec Chacclana. 

Si l'heure est aux hommages, saluons aussi le travail remarquable de Santiago Varela, le chef de piste espagnol. Tout au long de la semaine, il a proposé des parcours techniquement très aboutis. "Les parcours étaient très difficiles mais n'ont pas trop mis à l'effort les chevaux", notait Steve Guerdat. Pour sa part, Santiago s'avérait plutôt heureux du résultat : "Sur cette piste si particulière, les chevaux ont sauté de façon incroyable".

Côté français, cette finale se sera soldée par une treizième place pour Olivier Robert et Tempo de Paban. Douzièmes vendredi, l'Aquitain et son puissant alezan ont concédé douze puis quatre points en finale. Pour une première à ce niveau là, Tempo aura montré une aisance remarquable sur des parcours gros et délicats, ne reste plus qu'à s'endurcir. Kévin Staut, seul autre tricolore à avoir pris part à cette finale, termine 26e en ayant choisi de ne pas repartir aujourd'hui. 

Les résultats de la finale : ICI

Le classement complet : ICI.