CSI 5* de Bâle : Deux Suisses devant Delestre
dimanche 14 janvier 2018

Martin Fuchs et Werner Muff
Martin Fuchs et Werner Muff © CSI Basel

Montant Clooney avec brio, Martin Fuchs s’adjuge le Grand Prix de Bâle devant Werner Muff, qui manque de peu un incroyable doublé, et côté français on trouve Simon Delestre, 3e avec Chesall Zimequest. Kevin Staut 11e et Julien Epaillard, 14e.

Les Suisses, qui n’avaient encore jamais remporté une épreuve majeure ici depuis la création de ce CSI 5*, en 2010, ont fait très fort ce week-end ! Ils ont survolé ce 9eBâle, s’adjugeant pas moins de cinq épreuves et surtout les deux défis majeurs, le championnat vendredi soir grâce à Werner Muff, qui n’est pas passé très loin d’un doublé, et le Grand Prix Longines grâce à Martin Fuchs, qui fête là, à 25 ans, un de ses plus beaux succès avec son génial, mais facétieux gris Clooney.

Les deux Helvètes devaient conclure en seconde manche et Werner Muff souffla aisément la première place à Simon Delestre, en gagnant plus de deux secondes entre les huit obstacles (neuf efforts) qui restaient au menu. En selle sur son phénoménal Daimler, Muff ne prit certes pas autant de risques que lors de sa victoire, vendredi, mais il espérait que cela suffirait pour lui assurer un incroyable doublé.

 

 « Un des meilleurs du monde »

Avec toute sa fougue de jeune premier, Martin Fuchs ne l’entendait pas de cette oreille et il coupa encore plus court. La chance l’assista sur le vertical no 6, mais, à l’arrivée, le Zurichois comptait près d’une seconde d’avance et il lança sa bombe jusqu’au plafond de la Halle St-Jacques, avant de brandir le point et d’improviser un double tour d’honneur. 

Heureux, Fuchs Jr ! «Clooney est un des meilleurs chevaux du monde, il le prouve souvent, il est très brillant, respectueux et régulier et j’ose désormais jouer le chronomètre, je voulais cette victoire ici, devant ce magnifique public ».

Martin Fuchs sellera bien sûr encore Clooney dans quinze jours à Zurich, pour la 30e et ultime édition du concours, avant de lui accorder deux bons mois de repos, en vue de la saison verte. Idem pour Werner Muff avec Daimler. Et les deux Suisses partent cette semaine à Leipzig sans leur cheval de tête.

 

 Delestre ravi de Chesall

Simon Delestre, lui, prend « Chesall Zimequest » à Leipzig, mais son bon petit alezan a eu une pause de deux mois depuis Vérone. « Je n’ai sauté qu’une fois à la maison avant de venir ici et de faire la petite jeudi, la grosse vendredi. C’est l’avantage avec un cheval de 13 ans, qui a du métier, il revient tout juste et se classe 3e, c’est génial », avouait le Lorrain, qui comptera aussi sur lui à Hongkong. « Ensuite, nouveau break ! ».

Le Belge Niels Bruynseels, victorieux l’an passé et 4e cette fois-ci avec Gancia de Muze, peut nourrir quelques regrets, car il a signé, et de loin, la seconde manche la plus rapide, mais sans effacer, évidemment, sa faute du premier tour. Idem pour l’Allemand Dreher, 5e, Edwina Tops-Alexander, 6e, Jérôme Guéry, 7e, ou encore Alain Jufer, épatant 8e avec Casall. Le Jurassien a fêté cette performance comme une victoire et il y a de quoi !

A l’inverse, Niklaus Rutschi ne pouvait qu’être triste de la petite faute de Cardano CH, sur l’avant-dernier obstacle, car son sans-faute du premier tour, autrement plus technique, méritait mieux que le 9e rang final. C’est tout le problème de cette formule du Tour des vainqueurs, par rapport à un barrage normal.

 

Trois Français classés

Trois Français s’étaient qualifiés pour le Tour des vainqueurs, Simon Delestre, sans-faute jusqu’au bout on l’a dit, Julien Epaillard et Kevin Staut, tous deux piégés par le vertical no 12 placé après le triple du premier tour. Avec une faute dans le double ensuite, Kevin Staut se plaçait 11e avec Silver Deux de Virton HDC. Deux fautes, sur des oxers, - petit coup de fatigue ? – pour Julien Epaillard et Toupie de la Roque, 14es. 

Roger-Yves Bost avait aussi fait une barre au premier tour avec Sunshine du Phare, en attaquant le triple un peu trop fort et en se faisant piéger par le troisième élément. Il n’était hélas pas assez rapide pour être repêché. Quant à Olivier Robert, qui arborait encore le brassard de meilleur cavalier du concours, il abandonna après deux fautes (10a et 12) sur Tempo de Paban, peut-être un zeste fatigué après ce long week-end. Malgré une 6e place le matin avec Forest Gump, la voiture va donc à Werner Muff. Quand on vous disait que les Suisses ont tout raflé !

Rendez-vous l’an prochain aux mêmes dates pour la 10e édition et l’introduction d’une étape Coupe du monde, Zurich organisant son 30e et dernier CSI 5* dans quinze jours. C’est donc la voisine – et rivale – cité de Bâle qui prendra le relais.

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