Edward Levy : ’’Parvenir à haut niveau sans écœurer mes chevaux’’
jeudi 19 juillet 2018

Edward Levy sur Sirius Black lors du CSI 5* de Chantilly. © Scoopdyga

À vingt-trois ans, Edward Levy est de plus en plus présent à très haut niveau. Il faut dire que le cavalier a su s’équiper, présentant aujourd’hui un piquet de chevaux à faire pâlir d’envie. Rencontre avec ce travailleur passionné.

Dimanche 15 juillet sur la grande piste du Jumping de Chantilly, il se glisse derrière l’Américaine Jessica Sprinsteen, et devant des cavaliers très rapides comme l’Égyptien Abdel Saïd, le Belge Jérôme Guéry et le Néerlandais Harrie Smolders, numéro un mondial… Lui, c’est Edward Levy. À vingt-trois ans seulement, le Normand vient donc de monter sur le podium d’une Vitesse à 1,45m du CSI 5* cantilien, associé à Rafale d’Hyvernière. Juste après, il écope d’une faute avec Sirius Black dans l’épreuve majeure du jour, le petit Grand Prix à 1,50m. ’’Sirius est courageux et il a du respect, il peut tout sauter car il est sûr de lui et il s’économise’’, explique Edward Levy. ’’De plus, même s’il est étalon, il peut côtoyer des juments sans s’énerver.’’

Aujourd’hui, Edward a le choix pour sortir à haut niveau cette saison car vient d’arriver aux écuries Rebecca La Silla, une jument ’’rapide et solide avec une bouche légère’’. Elle vient de le prouver en gagnant le Grand Prix CSI 2* de Knokke, en Belgique, la semaine précédente, avant de participer au CSI 5* de Valence, fin juillet. ’’Quant à Rafale, elle est régulière, c’est le soldat de confiance de l’écurie.’’ Derrière, il y a la puissante Umbrella ter Wilgen Z, un cheval de huit ans par Absolute du Lyo (Mylord Carthago) et la fidèle Starlette de la Roque, avec qui il a participé aux championnats d’Europe Jeunes Cavaliers en 2015. ’’Tout va bien en ce moment’’, avoue-t-il. ’’L’organisation, le commerce et les concours qui me servent de vitrine : j’arrive à équilibrer l’ensemble.’’ Son objectif ? ’’Évoluer à haut niveau en préservant chaque cheval. Comme il y beaucoup de circuits à suivre et de distance à parcourir, j’ai besoin de tourner avec pas mal de montures pour y parvenir sans les écoeurer.’’

Travail et organisation

Ce cavalier qui a fait ses classes chez Bruno Coutureau avant de passer trois ans aux côtés de Patrice Delaveau et d’élargir son horizon en découvrant les méthodes allemandes chez Ludger Beerbaum puis le travail aux États-Unis chez Brianne Goutal, s’est posé au haras du Breuil, au sud de Deauville, où il loue les installations. Professionnel depuis cinq ans, il monte six à neuf chevaux par jour, sans négliger les jeunes qu’il entend qualifier pour la Grande Semaine de Fontainebleau. En tout, l’écurie valorise quinze à vingt chevaux appartenant à des investisseurs différents. ’’Je suis bien soutenu, bien aidé par mon équipe. Notre organisation a fait ses preuves. Quand un cheval arrive, on connait son objectif et la règle du jeu. Je sais qui sera vendu car on décide ensemble.’’ Lui-même travaille son style avec Bertrand de Bellabre, fait de la gym quotidienne et même un peu de tennis, histoire de varier les plaisirs ! ’’J’aime beaucoup le sport, j’essaie pas mal de disciplines mais j’ai l’équitation dans le sang depuis toujours !’’