Emeric George : « Les Master Pro sont mon prochain objectif »
mardi 06 juin 2017

Emeric George
Le cavalier de Chopin des Hayettes prend la deuxième place du Grand Prix du CSIO3* d'Uggerhalne au Danemark. © Photo Scoopdyga (archive)

Emeric George est revenu du Danemark avec le sourire puisqu’il a pris la 2e place de la Coupe des nations et la 2e place du Grand Prix du CSIO3* d’Uggerhalne avec Chopin des Hayettes (Radco d’Houtveld). Basé à Senlis, dans l’Oise, cet ingénieur urbaniste de vingt-huit ans vise désormais les championnats de France.

D’abord, comment avez-vous vécu la Coupe des nations ?

Il y avait un super bon état d’esprit dans notre équipe qui était composée de jeunes puisqu’avec mes vingt-huit ans, j’étais le plus vieux ! (rires) Hugo Breul/Buzios d’Ecaussinnes nous a super bien lancés en signant un des rares sans-faute de la première manche, puis nous avons tous fait des bons parcours mais avec des petites fautes dommageables : Kevin Gauthier/Twist de la Butte (8 points), Edward Levy/Sirius Black (4 points) et moi 4 points. Nous étions 3e ex-æquo, mais tout était encore possible et Therry Pomel nous a bien galvanisés. A cause d’une incompréhension, Hugo a malheureusement fait un refus en seconde manche (5 points), et les Danois (vainqueurs) alignaient les sans-faute donc nous n’avions plus le choix : il fallait faire mieux qu’au tour initial, ce que nous avons tous fait puisque Kevin a fait une faute puis Edward et moi un sans-faute. Nous étions au final très heureux de cette 2e place ex-æquo avec la Suède car il n’y avait pas le stars du 5*, mais déjà une belle concurrence avec notamment des Belges (4e) et des Anglais (5e) très motivés puisqu’ils jouent cette année leur remontée en Division 1.

Aimez-vous monter en équipe ?

J’adore ! J’avais eu la chance de participer déjà à des Coupes des nations et à sept championnats d’Europe dans les catégories jeunes en Poneys, Juniors et Jeunes cavaliers, et c’est une ambiance que j’ai toujours plaisir à retrouver. C’est bien plus fort émotionnellement qu’un CSI normal. Si nous faisons tant d’efforts pour évoluer, c’est pour vivre de tels moments !

Et votre 2e place dans le Grand Prix, remporté par le Danois Lars Bak Andersen/Arcado L, a conclu ce week-end en beauté.

Chopin a super bien répondu dans les deux épreuves. Il commence à être bien au point techniquement. J’ai pas mal de solutions en piste sur son dos.

Quelle a été votre évolution à tous les deux ?

J’ai récupéré Chopin au début de son année de 7 ans. Il appartient en effet à mon beau-frère, Axel Mars, et il était travaillé au Haras des M, mais suite au terrible accident de Julien Mesnil, il est arrivé à la maison. Les débuts n’ont pas été simples car c’est un cheval avec beaucoup de caractère, à la fois joueur et craintif. J’ai tout de suite senti qu’il avait beaucoup de qualité, mais j’ai dû apprendre à canaliser son énergie. Une fois en piste, il est en revanche toujours 200 % avec moi. Nous avons fait les Grands Prix réservés aux 7 ans puis débuté les grosses épreuves à 8 ans, notamment sur le circuit du Grand National. Cet hiver, j’ai travaillé sur le plat avec Tristan Chambry et sur les barres avec Laurent Elias afin d’améliorer encore son dressage, son contrôle et son fonctionnement, et il commence à arriver à maturité.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Nous allons participer au championnat de France, fin juin à Fontainebleau, puis nous verrons le programme avec Thierry Pomel et Philippe Guerdat, mais j’aimerais évidemment refaire des Coupes des nations.

Avez-vous d’autres chevaux pour le seconder ?

Ecarté des terrains l’an passé à cause d’une blessure, Rocker d’Ysieux (Crown Z) revient en bonne forme. Le temps de retrouver son top niveau, il fait office de deuxième cheval et me permet de ne pas trop solliciter Chopin. Et j’ai aussi de prometteurs jeunes chevaux en formation dont la performante 7 ans Atomic Bomb (Iowa), la fille d’une de mes anciennes juments, P’Tite Bombe, ainsi que de bons 6 ans.

Vous êtes ingénieur urbaniste à l’Agglomération de Compiègne, comment organisez-vous le travail de vos chevaux ?

J’ai la chance d’avoir assez de congés pour organiser mes sorties en concours, qui sont en gros mes vacances ! (rires) Et je monte mes chevaux tous les soirs après le travail, entre 19h30 et 22h30. Mon père (Philippe, vétérinaire équin, ndla) m’aide beaucoup dans la gestion et le travail des sept chevaux dans nos écuries à Senlis. Le sport est ma deuxième activité. J’essaye d’équilibrer le budget, mais je ne cherche pas à gagner de l’argent avec les chevaux. C’est mon métier qui me permet de garder mes chevaux et de faire du sport. Mais ce n’est pas toujours si évident de jongler entre les deux d’autant que le système tend vers de l’ultra-professionnalisme.

Justement, envisagez-vous de devenir cavalier professionnel un jour ?

J’y réfléchis, mais je ne veux pas le faire n’importe comment. Ce n’est pour le moment pas l’option n°1. Je suis en contrat jusqu’à la fin de l’année et l’Agglomération me propose de prolonger... On verra ! L’essentiel pour moi est de continuer à progresser.