Harold Boisset : "J'aime prendre le temps de former mes chevaux"
mercredi 13 février 2019

Harold Boisset T'Obetty du Domaine La Baule 2017
Harold Boisset T'Obetty du Domaine au CSIO de La Baule en 2017 © Scoopdyga

Harold Boisset a été le tricolore le plus performant ce weekend sur le Mediterranean Equestrian Tour en totalisant deux victoires, une troisième place et deux quatrième places. Le Montpelliérain fait un bilan de sa saison passée, évoque son piquet de chevaux et dévoile ses objectifs pour 2019

L’Eperon : Quels chevaux avez-vous choisi d’engager sur le Mediterranean Equestrian Tour  MET) et pourquoi ? 

Harold Boisset : J’ai emmené onze chevaux au MET. Quatre jeunes chevaux et sept chevaux plus vieux. Dans les plus âgés, j’ai trois huit ans, qui sont encore en formation dont deux, Blondie des forêts et Bugatti des Forêts, que j’ai récupérés en toute fin de saison dernière. Pour Blondie c’est même son premier concours. Je pense qu’elles vont être toutes deux des juments d’avenir, en tout cas elles font preuve de beaucoup de capacités. Pour le moment, mon but est de les former au mieux. J’attaque donc doucement les épreuves à 1,40 m et les Grand Prix 1*. J’ai aussi emmené des chevaux avec lesquels j’évolue depuis plus longtemps, dont T’Obetty du domaine et Quolita Z qui reprend tranquillement sur 1,30 m. Cette dernière sort d’une longue pause puisqu’elle s’était blessée et qu’ensuite j’en ai profité pour effectuer des transferts d’embryon mais je pense qu’elle sera opérationnelle d’en environ deux mois pour revenir sur des épreuves de plus haut calibre à 1,45 et 1,50 m. J’ai également une jument de neuf ans, Katinka (Katinka vh vanlenberghof,ndlr) qui a notamment remporté le Grand Prix 2* de Valence en fin de saison dernière et qui prendra part au GP ce weekend. Enfin, je compte sur Vakhenaton, qui lui avait terminé deuxième du Derby de la Baule et qui débutait sur les épreuves cotées à 1,50 m l’an passé. Il reprend vraiment très bien cette saison. Il a fait deux parcours à 1,45 m ici au MET, où il s’est classé une fois troisième et écope de quatre points sur sa deuxième épreuve. 

Viennent ensuite plusieurs jeunes chevaux, trois sept ans très sympathiques et deux autres jeunes que je montais déjà l’an dernier. Enfin, j’ai acheté cet hiver un cheval de six ans, qui a un peu de tempérament et qui montre de belles choses sur les concours. Je pense que même si la route est encore longue c’est un cheval qui sera important dans l’avenir.

Forcément, je me projette surtout avec mes montures de huit ans. La semaine dernière, elles ont pris part aux épreuves d’1,40 m, et s’en sont bien sorties.  L’une d’entre elle (Bugatti des Forêts,ndlr) a gagné le Grand Prix 1* et l’autre (T’Obetty du domaine, ndlr) était sans faute la veille. Je ne vais pas tout de suite les pousser dans les 1,45m car elles n’ont pas trop concouru l’année dernière. J’aime bien prendre le temps de former tranquillement mes chevaux, surtout quand je pressens qu’ils pourraient devenir de bonnes montures pour l’avenir. 

L’Eperon : Comment utilisez-vous ces circuits de début d’année pour préparer votre saison ? 

Je ne fais pas trop sauter mes chevaux à la maison l’hiver, donc ce type de tournée me permettent de tester et régler mes chevaux en début de saison. J’en profite pour relancer les vieux chevaux sur les 1,45 m. Même avec T’Obetty qui a beaucoup d’expérience maintenant, je fais encore des réglages. Elle a gagné sa première épreuve mais a fauté à une reprise dans le Grand Prix, principalement parce que je profite de ces échéances pour tester des nouvelles embouchures sur elle et lui apporter un peu plus de confort. Force est de constater que cela n’a pas fonctionné cette fois (rires) ! 

L’avantage du MET et en particulier d’Oliva, c’est que les terrains sont vraiment bons. Ils ont supprimés la piste en herbe qui commençait à fatiguer un peu, pour n’avoir plus que d’excellentes carrières en sable. Les infrastructures sont optimales et les épreuves mêmes si elles ne sont pas très bien dotées sont intéressantes techniquement. En comparaison, je pense que des circuits comme le Sunshine tour, ne me conviendrait pas car il nécessite de mettre les chevaux à l’effort dès le début de saison. Le MET au contraire, avec ses parcours à 1,30 m et la mer à côté pour détendre les chevaux, me permet de les remettre dans le bain des compétitions doucement. C’est notre remise en route. 

L’Eperon : Quel bilan tire-vous de votre saison 2018 et quels sont vos objectifs pour l’année à venir ? 

L’an dernier j’ai principalement dû compter sur T’Obetty du Domaine et Vérone de la Roque, après la blessure de Quolita à Bourg-en-Bresse. Donc sportivement ma saison 2018 a été assez mitigée. J’ai dû engagé T’Obetty dans les Grands Prix plus tôt que prévu alors qu’elle n’avait pas encore assez d’expérience. J’ai sauté avec elle dans le Grand Prix 5* de Valence et avec Vérone dans le Grand prix 5* en Suisse (Ascona). Il n’étaient bien sûr pas aussi aguerris que Quolita donc j’ai obtenu de moins bons résultats que ce que j’aurai pu espérer et je n’ai surtout pas pu prendre part aux Coupes des Nations que j’apprécie beaucoup. Le championnat de France a encore une fois été un peu décevant de mon côté. Les années précédentes je me suis classé deux fois huitième, en 2018 j’ai terminé septième. Si on compte bien, dans vingt ans j’ai peut être un espoir de victoire (rires)!

Pour 2019, je pense compter davantage sur Quolita dans les épreuves de vitesse que dans les Grands prix 5*. Vérone a très bien fini sa saison l’an dernier dans l’indoor 4* de Rouen donc je pense que je vais jongler entre elle, T’Obetty et mes chevaux de neuf ans, Katinka et Vakhenaton, pour les échéances les plus importantes. Ce sont vraiment les chevaux qui m’indiqueront au fur et à mesure de la saison jusqu’où ils sont prêts à aller.