Julien Épaillard : "L’équipe est un concept qui me plaît bien aujourd’hui"
mardi 12 mars 2019

Julien Épaillard et Virtuose Champeix au CSI 5* de Prague, en décembre 2018. © Scoopdyga/Pierre Costabadie

S'il y a bien un cavalier tricolore au coeur de l'actualité sportive en ce moment, c'est bien lui. Julien Épaillard, vainqueur du Grand Prix de la première étape du Global champions tour avec Usual Suspect d'Auge, a récidivé quelques jours plus tard, en faisant une fois de plus retentir la Marseillaise dans le stade d'Al Shaqab cette fois-ci grâce à Virtuose Champeix. Le Normand s'est confié sur ses deux montures de tête ainsi que sur ses objectifs pour la saison.

L’Éperon : Quel est votre ressenti à propos d’Usuel Suspect d’Auge après votre victoire dans le Grand prix 5* de Doha et vos précédentes performances lors de la première semaine de compétition ? 

Julien Epaillard : Tout d’abord, on a gagné un Grand prix ça fait toujours plaisir. Je suis très content du cheval. Usual était un peu compliqué lorsque qu’il est arrivé dans mes écuries. Ensuite, il a fait une grosse performance à Paris (vainqueur en juillet 2017 de l’étape Paris Eiffel Jumping du Global Champions Tour,ndlr) puis il a gagné Knokke (Grand Prix du CSI 3*,ndlr) dans la foulée. En 2018, il a pris part à la finale coupe du monde puis il s’est malheureusement arraché une partie du pied donc je n’ai pas pu dérouler ma saison comme prévu. Il a fallut attendre que la corne repousse ce qui a pris du temps et nous a gâché l’année. Enfin cet hiver, il n’ a pas été spécialement performant. J’ai été un peu déçu de sa performance à Bordeaux (Usual a commis trois fautes dans le Grand Prix Coupe du Monde du Jumping de Bordeaux début février, ndlr). Ce n’était pas mal mais pas formidable, j’attendais mieux de sa part. Le fait de retourner en concours à l’extérieur l’a bien aidé. Il a pris beaucoup d’expérience en indoor. Même si les résultats n’ont pas forcément été au rendez-vous, il s’est aguerri sur ce genre d’épreuves et personnellement cela m’a permis de le découvrir davantage, de tester différents réglages, etc. Il faudrait désormais qu’il soit plus constant pour que l’on puisse se maintenir au niveau cinq étoiles.

L’Éperon : Que pensez-vous de votre deuxième cheval Virtuose Champeix, avec qui vous avez également signé trois jolis sans-fautes à Doha ? 

J.E. : Virtuose est vraiment un chouette cheval. Bien qu’il ait un an de moins qu’Usual et qu’il ait encore besoin de prendre un peu de métier, il a réalisé de bonnes performances l’an dernier dans le Global. Je pense qu’il a un gros potentiel. Contrairement à Usual qui est assez regardant, Virtuose serait plus à même de courir sur des pistes en herbe avec de gros obstacles ou des rivières.

L’Éperon : Quels sont vos objectifs pour cette saison ? 

J.E. : Je ne me suis pas qualifié pour la finale Coupe du monde. Je n’ai pas pris part à beaucoup d’épreuves et sur celles que j’ai faites je n’ai pas pris de points. Ce n’était clairement pas un objectif cette saison, peut-être l’année prochaine. Cette année, je fais partie d’une équipe dans le Global et je vais me concentrer sur elle. Cela dit et contrairement à ce qui peut-être interprété des fois, cela ne signifie pas que je ferme la porte aux Coupes des nations ou à l’équipe de France. En aucun cas. Par contre je me dois d’être lucide et à la question : est-ce que j’ai vraiment des chevaux capable d’endurer un championnat cette année ? La réponse est  : je ne crois pas. Les deux que j’ai actuellement ne sont pas prêts, donc cette saison c'est le Global qui prime pour moi. En individuel, mon but est d’engranger un maximum de points. Je ne serais ni à Miami ni à Mexico mais ceux que j’ai acquis à Doha m’offrent un départ confortable. Enfin, ce qui est surtout très important pour moi : c’est l’équipe ! Tout comme mes coéquipiers, j’ai à coeur d’obtenir une bonne place au classement général par équipes. On a un groupe très sympa composé de Laura Kraut, Marlon Módolo Zanotelli, Jos Verlooy, Jérôme Guéry, Jeanne Sadran et moi même. L’équipe est un concept qui me plaît bien aujourd’hui.