Kevin Staut : « J’ai des souvenirs de mini-spectateur à Bercy »
mercredi 28 février 2018

Kevin Staut et Reveur de Huretbise
Kevin Staut compte bien sur son crack Reveur de Hurtebise pour la finale Coupe du monde à Bercy © Scoopdyga

2e du classement de la ligue européenne, Kevin Staut était assuré depuis déjà des semaines de sa qualification pour la finale Coupe du monde à Bercy (11 au 15 avril). Le Normand nous dévoile sa stratégie et ses ambitions pour la suite de la saison avec évidemment aussi les JEM à Tryon en ligne de mire. Et ce week-end, il a choisi le CSI2* de Royan pour débuter de nouveaux jeunes chevaux.

L'Eperon : Heureux d’aborder une nouvelle finale Coupe du monde ?

Kevin Staut : La finale Coupe du monde est toujours un objectif car j’adore ce circuit. J’y mets beaucoup d’énergie et je planifie en amont pour essayer de me qualifier chaque année. Là, j’ai pu prendre des points assez tôt donc ça m’a donné du confort sur les étapes de ce début d’année. Et c’était en plus particulier car la finale se disputera à Paris, dans un endroit où je n’ai jamais monté mais où j’allais gamin. J’ai des souvenirs de « mini-spectateur » à Bercy donc j’aurais été très déçu de ne pas y participer.

Quels sont vos souvenirs à Bercy ?

A l’époque où je montais chez les Delaveau, on était allés à Bercy avec Denise et Robert pour supporter Patrice et Orient de Frébourg. Et j’y étais déjà allé quelques années plus tôt avec mon père alors que je commençais à peine à monter. Il avait réussi à avoir des places pour la puissance, c’était spectaculaire ! Je me rappelle aussi avoir regardé un des Grands Prix alors retransmis sur une chaîne généraliste. Pour moi, Bercy, c’est synonyme d’un concours mythique et populaire. C’était la première période d’âge d’or des sports équestres... Quand on voulait aller voir un grand concours, c’était Bercy. 

Monter à domicile, comme lors de la finale à Lyon et des JEM à Caen en 2014, c’est toujours particulier aussi…

Bercy se rapprochera plus des JEM que de Lyon, qui est un concours qui nous était déjà familier, alors que là, ça aura vraiment l’empreinte d’une finale, d’un événement unique. 

Rêveur de Hurtebise-HDC a fait 8 points lors du dernier Grand Prix à Göteborg, est-ce que cela va changer votre stratégie ?

Non et cela ne m’inquiète pas, car c’était dans mon plan de le monter à Göteborg et à –s’Hertogenbosch pour le préparer, c’est-à-dire sans tout donner, en faisant des tours faciles pour lui mais où il se responsabilise. Comme avant la finale du Top Ten où j’avais choisi Madrid et Paris en préparation au lieu d’un gros entraînement à la maison : ce sont des parcours où j’essaye de monter relâché et avec une gamme technique très simple afin de l’entretenir dans la condition et qu’il puisse donner. Je ne monte pas ces Grands Prix comme si c’était les derniers de notre vie. Ils s’inscrivent dans un plan de préparation. Et Rêveur participera à Bercy avec Silver Deux de Virton. Prendre deux chevaux va être le choix de pas mal de cavaliers compte-tenu du programme très lourd de l’année. J’ai envie que Rêveur soit bien épaulé. L’idée est qu’il fasse la chasse, la deuxième épreuve et que Silver termine. Ce dernier est très régulier et il peut sauter directement un très gros parcours donc c’est, pour le moment, mon schéma idéal, mais on verra ce qui se passera d’ici là ! Cette finale se jouera de toutes façons entre Rêveur et/ou Silver, avec soit les deux, soit un des deux. For Joy van’t Zorgvliet est aussi qualifié, mais je le conserve pour l’extérieur.

Justement, avez-vous déjà planifié votre saison extérieure ?

La priorité reste, comme toujours, l’équipe de France. Nous allons attaquer assez rapidement les Coupes des nations avec un enchaînement La Baule, Rome (qui ne fait plus partie de la Division 1 mais où nous sommes invités), et Saint-Gall. Je vais garder les chevaux les plus prêts - Rêveur, Silver et For Joy - pour les CSIO et me servir du Global Champions Tour pour faire de la formation, du développement. J’ai choisi de ne pas faire partie d’une équipe du Global afin de ne pas avoir d’obligation de résultats et d’être libre dans mon choix de chevaux et de programme sur les différentes étapes. Je vais les utiliser pour donner de l’expérience à mes chevaux moins aguerris, comme par exemple Mexico, où c’est un grand terrain en herbe. 

Quel est le plan pour Tryon, votre principal objectif de l’année ?

Compte tenu de sa régularité, de son potentiel et de sa puissance, nécessaire pour un gros championnat extérieur, je vais préparer Silver. D’autant qu’il voyage aussi très bien en avion. Nous verrons avec Philippe Guerdat et avec Armand et Emmanuèle Perron-Pette au fil de la saison, mais le plan parfait serait de l’emmener s’il est en forme. Silver a énormément évolué et il confirme. Il peut encore y avoir des petits bémols sur des épreuves de démarrage sur des indoors ou des petites pistes, qui ne sont pas les terrains qui lui conviennent le mieux, mais pour un grand championnat extérieur, son endurance et sa puissance lui donnent un profil assez parfait. D’autant qu’il nous reste encore du temps pour peaufiner la technique, mais Silver devient super agréable à monter, il a l’air d’être content d’aller en concours et il est du coup très disponible.

Décrivez-nous un peu le caractère de Silver…

C’est un étalon donc il a quand même beaucoup de personnalité. Quand j’ai commencé avec lui, il était un peu contre moi mais surtout à pied. C’est un cheval très grand, très imposant et qui a énormément de sang, donc il peut vite nous déborder, mais une fois le respect mutuel en main établi, c’est beaucoup plus facile monté. Le début du travail commence dans la manière de le manipuler au box donc j’essaye qu’avec mon équipe on soit tous sur la même longueur d’ondes pour qu’il y ait une communication avec le cheval tout le temps et non seulement quand il est travaillé. 

Préparez-vous aussi des jeunes chevaux pour l’avenir ?

Evidemment. J’ai deux 8 ans : Fleurbelle N, une jument que j’ai déjà emmenée à Lyon, Leipzig et Zurich, et JK Click N’Chic (Click and Cash x Cagliostro), un nouveau cheval qu’Armand et Emmanuèle ont acheté il y a un mois. Je vais le sortir pour la première fois ce week-end à Royan lors du CSI2*-YH. Il a vraiment du potentiel. C’est facile à dire tant que c’est à la maison ou à l’entraînement, mais j’ai rarement ressenti ça en selle... Il est un peu dans le même profil que Silver : il a à la fois beaucoup de puissance, du sang et il est assez facile à monter. Cela facilite les choses d’un point de vue technique et dans la réalisation des parcours. J’emmène une dizaine de chevaux à Royan, dont la première génération de l’élevage des Coudrettes aussi. Les deux 5 ans sont deux étalons achetés aux ventes Fences : Moneymaker vd Axelhoeve-HDC (Cicero Z x Cumano), qui avait fait le Top Price il y a deux ans, et Djumbe du Rouet (Lux Z x Quaprice Boismargot) acheté l’an passé. Je devrais aussi prochainement monter une fille d’Orient Express âgée de six ans. 

2018 et l’avenir se profilent donc plutôt bien…

On fait le maximum pour ne pas être largués ! (rires) Même si les résultats sont actuellement là, il faut être prudent et y travailler !