Léa Blanchart : "construire plutôt que consommer"
vendredi 16 février 2018

Léa Blanchart
Ici avec Unick du Francport, la Picarde Léa Blanchart vise cette année les championnats de France Jeunes Cavaliers, Pros 1 et souhaite concourir sur le circuit du Grand National. © Photo coll

La talentueuse cavalière des écuries de Vertefeuilles, situées à Pierrefonds (60), a plusieurs objectifs cette saison : elle vise les championnats de France jeunes cavaliers et Pros 1, et souhaite également concourir sur le circuit du Grand national, en individuel.

Léa table cette saison sur quatre cartouches dont Symphonie de Talma et surtout Unick du Francport, son cheval de tête : « c’est un lion apaisé, il est gentil comme tout. Encore un peu capricieux certains jours, mais il saute tout », explique Léa. Elle sortira en parallèle quatre jeunes produits de l’élevage familial qu’il est question de classer pour Fontainebleau, comme Baguenaude d’Enocq (Norton d'Eole). A presque 20 ans, Léa a déjà dix ans d’expérience sur les terrains de concours. Elle a fait ses classes avec la cavalière Catherine Lesaulnier, puis avec Frédérick, son papa. Actuellement, elle travaille aussi
ponctuellement avec Laurent Elias. "Tout est en place, Léa a le piquet, les infrastructures, l’organisation", précise Frédéric. 

Avec les chevaux, Léa installe une relation douce et se montre à leur écoute. Dotée d’une main légère, elle pratique la monte aérienne que lui a inculquée son père : « j’ai démarré en récupérant des équidés sauvés du couteau, explique ce dernier. Mes chevaux donnent beaucoup, en confiance, jamais sous la contrainte. C’est comme ça qu’on apprend et qu’on peut accéder à de beaux concours sans se ruiner. Avec un piquet renouvelé sans cesse, on peut durer ! » Et Léa ajouter : « il suffit de les comprendre pour les rendre bons le jour J. Les miens, je les connais par cœur ». Mais tout en instaurant une relation de complicité forte avec ses montures, la jeune femme accepte la règle familiale qui implique de vendre les chevaux prêts. Donc, Léa sort chaque année des jeunes et des nouveaux, ceux de l’année précédente étant vendus « pour financer l’élevage et la compétition ».

La philosophie de Vertefeuilles est claire : construire ses montures plutôt que consommer. « Ici on apprend en fabriquant quantité de chevaux, on ne cherche pas à gagner avec un cheval fait et acheté tout prêt, résume Léa. Et tant pis s’il m’arrive d’être battue par des concurrents à qui j’ai cédé un cheval, cela me fait quand même plaisir ». Les Ecuries de Vertefeuilles sont une affaire de passionnés. Toute la famille monte en saut d'obstacles, parents, enfants et conjoints. Mais « désormais la maison tourne autour de la réussite de Léa : à terme, l’élevage devra produire de bonnes montures pour elle, c'est notre objectif : ne plus avoir besoin d’acheter, mais uniquement faire naître », conclut Frédérick.