Les bonds de Quabri propulsent Pedro Veniss au sommet
dimanche 11 décembre 2016

Pedro Veniss
Pedro Veniss et Quabri de l'Isle, vainqueurs du Grand Prix © Photo Scoopdyga

Point d’orgue d’un concours qui une fois de plus n’a pas failli à son titre de meilleur indoor du monde, le Grand Prix Rolex a atteint les sommets du sport équestre. Au terme d’un barrage réunissant l’élite du jumping international, Pedro Veniss s’impose avec son bondissant Quabri de l’Isle.

Gérard Larchat et Luc Musette se sont acquittés au mieux de leur tâche de chefs de piste tout au long du prestigieux rendez-vous genevois. Pour l’échéance majeure du Grand Prix Rolex, le parcours proposé était évidemment à la hauteur de l’enjeu. Dès l'obstacle numéro 3, les cavaliers devaient négocier une première combinaison de verticaux dans des tons naturels culminant à 1,58m pour le premier élément et 1,60m pour le second. Après une promenade en volte autour du lac, le voyage sur la grande diagonale exigeait une parfaite adresse : vertical à 1,62m puis, à 7 ou 8 foulées, le triple Rolex oxer-oxer-vertical. Un demi tour dos à l’entrée de piste pour franchir le délicat mur des vaches, d’autant plus qu’il s'élevait aujourd'hui à 1,65m, un oxer sur bidet devant la tribune des cavaliers et on pouvait attaquer la dernière ligne avec encore un double oxer- vertical et le finish en numéro 14 sur un gros oxer bien garni tout près du lac ! Malgré ce lot de difficultés, seize couples sur les quarante en lice bouclaient le tour sans pénalité. La France et la Suisse avec quatre représentants étaient bien placées, mais rien n’est jamais acquis ! 

Pedro Veniss bouscule la hiérarchie

Les quatre cartouches suisses n’ont pas fait mouche, Janika Sprunger s’en sortant le mieux avec une faute de Bonne Chance pour la 8e place, tandis que Martin Fuchs après un refus de Clooney sur le mur  se voyait contraint à l’abandon par la perte du filet de sa monture. La plus grosse déception pour le chaleureux public genevois aura été le refus de Nino des Buissonnets sur le typique vertical de la Porte du Molard qui relègue Steve Guerdat à la 12e place. Au moins on gardera le souvenir pour son ultime parcours des sauts toujours aussi généreux du fils de Kannan qui part en retraite avec tous les honneurs qui lui sont dus et un grand hommage du public ! Un autre futur retraité n’a pas démérité dans ce Grand Prix : Casall Ask, 5e avec Rolf Göran Bengtsson dans ce barrage où sept couples renouvelaient le sans faute. Dans le quatuor français, la belle galopade de Flora de Mariposa bien engagée a vu les espoirs  de Pénélope Leprévost ruinés sur le double Rolex. Roger-Yves Bost/ Sydney une Prince n’arrivait pas à négocier l’étroit mur Bory, comme Simon Delestre/Qlassic Bois Margot, fautif également sur un oxer. Pas de problème en revanche pour Kévin Staut mais le chrono de Rêveur de Hurtebise n’était pas suffisant pour rivaliser avec la tête. L’offensive est venue dès le début du barrage de Belgique avec le bon tour de Niels Bruynseels/Cas de Liberté, 6e au final. Le jeune Olivier Philippaerts avec H&M Legend of Love en prenant la 2e place s’affirme et est confiant pour l’avenir avec cette jument qui n’a que 10 ans. Mais c’est l’hymne brésilien qui retentit au final car le chrono de Quabri de l’Isle/ Pedro Veniss, le brésilien installé en Belgique  est resté intouchable, même par Scott Brash/Ursula XII privé de la 2e étape du Grand Slam pour une demie seconde !

Un brésilien et ses rêves

Pour Pedro Veniss le Père Noël était bien au rendez-vous à Genève !  La belle histoire a commencé après la triste déception de la non sélection aux J.O de Londres : "Ma belle-mère a bien voulu m’aider pour investir dans un cheval pour que je puisse faire les J.O dans mon pays. Nous avons acheté Quabri en mai 2014 (le SF par Kannan a fait ses classes à 4 et 5 ans avec Benjamin Devulder). L’an dernier je suis 3e du Grand Prix à Calgary et c’est là que les organisateurs de Genève m’ont proposé de faire ce concours dont j‘ai toujours rêvé.  J’étais classé dans le grand prix mais pas assez vite au barrage, alors je me suis dit que cette année il fallait tout donner. Et Quabri a répondu ! En passant au début je pensais que d’autres seraient plus vite. Quand j’ai vu que Rolf Goran Bengtsson était moins vite, j’ai été aux écuries rejoindre mon cheval et mon groom. On écoutait le public et comme les applaudissements n’étaient pas plus forts, on y a cru !  C’est vraiment un week-end de rêve : hier c'était l’anniversaire de ma fille, aujourd’hui celui de ma femme et de mon cousin qui est mon cavalier ! C’est vraiment un fantastique cadeau de Noël !"