Olivier Perreau : « Venizia a toutes les qualités requises pour le haut niveau »
lundi 15 avril 2019

Olivier Perreau. Saut Hermès
Olivier Perreau et Venizia d'Aiguilly, vainqueurs du Petit Grand prix au Saut Hermès fin mars. © Scoopdyga

Il n’était pas le tricolore le plus attendu au Saut Hermès, et pourtant Olivier Perreau associé à sa prometteuse Venizia d’Aiguilly s'est adjugé avec brio le petit Grand Prix du prestigieux cinq étoiles de Paris, fin mars. Le deuxième week-end d’avril, la paire a récidivé lors du CSI 4* de Gorla Minore en remportant cette fois-ci le Grand Prix. Le Roannais est revenu sur son début de saison tonitruant.

L’Éperon : Vous attendiez-vous à remporter le petit Grand prix du Saut Hermès fin mars ? 

Olivier Perreau : Gagner l’une des grosses épreuves du Saut Hermès était une bonne surprise. Même si ma jument était prête pour un tel test je ne m’attendais pas forcément à le remporter. C’est une grande joie pour moi car cela enclenche ma saison de la meilleure manière possible. 

Deux semaines plus tard, vous signez une nouvelle victoire dans le Grand prix du CSI 4* de Gorla Minore, comment avez vous vécu ces parcours ? 

Dans l’épreuve de qualification du vendredi Venizia était déjà sans faute, alors même que je ne cherchais pas forcément à gagner. Ensuite dans la première manche du Grand Prix le dimanche, j’ai vraiment senti qu’elle était en pleine forme, elle sautait déjà très bien. Au barrage, nous n’étions plus que douze et je savais que je pouvais tenter le tout pour le tout pour décrocher la victoire. Les distances dans les combinaisons étaient parfaites et Venizia a l’avantage d’être rapide. Comme je m’y attendais, elle a réalisé un second parcours plus que satisfaisant qui nous offre cette victoire. 

Comment décririez-vous votre jument, Venizia d’Aiguilly ? 

C’est une jument moderne qui est typiquement adaptée au sport d’aujourd’hui selon moi. Elle a beaucoup d’énergie et de force, ainsi qu’un immense respect. Elle a toutes les qualités qu’un cavalier puisse rechercher dans une monture pour accéder au haut niveau.  Même dans son caractère, elle est vraiment très gentille. Son seul défaut serait peut-être son trop plein d’énergie qui peut être difficile à canaliser parfois. Il faut toujours la monter dans le confort et le calme.

Comment se compose votre piquet actuellement ? 

J’ai notamment Dolce (Dolce Deceuninck, une jument de sport belge de dix ans avec qui Olivier Perreau a notamment terminé cinquième du prix Hermès Sellier à 1,50 m au Saut Hermès, ndlr), qui est elle aussi remarquable. Avec Venizia, ce sont les deux seules qui puissent évoluer au plus haut niveau. Je dispose d’un très bon lot de jeunes chevaux,  quelques sujets sortent de l'ordinaire et devraient me permettre de fabriquer la relève. Ce sont de futures bonnes montures qu’on va essayer d’emmener le plus loin possible pour essayer d’offrir du beau sport au public. Cela dit, c’est un travail qui demande du temps et que l’on va faire progressivement et dans les règles de l’art. 

Vous montez également des chevaux de votre propre élevage dont Venizia est d’ailleurs issue ? 

Effectivement, je monte quelques chevaux de notre élevage. Dernièrement, vous avez pu en voir engagés dans les épreuves jeunes chevaux de Royan (avec Dream Boy et Dorai d’Aiguilly le tricolore a décroché une troisième et une sixième place dans l’épreuve des jeunes chevaux de six ans, ndlr). L’élevage a tout d’abord été créé par mes parents qui sont professionnels depuis toujours dans ce milieu. Ils faisaient naître entre deux et quatre poulains par an. Depuis quatre ans, je me suis impliqué davantage dans cet aspect des sports équestres et aujourd’hui nous faisons naître dix à quinze futurs chevaux de sport, principalement pour le saut d’obstacles. 

La saison des CSIO approche, représenterez-vous l’équipe de France prochainement ? 

La Baule ne fait pas partie de mon programme. Je prendrai part au concours de Saint-Tropez fin avril, puis fin mai au CSI 4* de Bourg-en-Bresse. Thierry Pomel m’a ensuite proposé de faire le déplacement à Lisbonne, pour le CSIO. Mon objectif est de continuer à obtenir de beaux résultats sur ce type de concours et que la jument (Venizia d’Aiguilly, ndlr) confirme son potentiel. Je préfère la maintenir à un niveau intermédiaire encore quelques temps pour qu’elle continue à prendre de l’expérience. Si elle continue sur sa lancée, on la fera évoluer progressivement vers le plus haut niveau.