Philippe Rozier : "Il n'y a plus de mécène en France"

mardi 11 septembre 2018

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Présent sur le CSI** de Chazey sur Ain avec des chevaux en formation, Philippe Rozier fait le point pour nous sur son piquet de chevaux. A quelques heures du coup d'envoi des JEM de Tryon, le médaillé olympique de Rio nous a livré ses sentiments sur l’évolution du sport équestre.

Philippe Rozier largeL

Scoopdyga

Selon le médaillé olympique, la FEI doit se remettre en cause et reprendre la main pour une plus grande équité sur les circuits sportifs.

Comment va Rahotep de Toscane ?

Il va bien, il a repris le travail au galop. Je ne peux pas dire encore quand il reviendra en concours, c’est lui qui nous le dira. C’est toujours les suites de sa chute l’an dernier au CSI de Valence. J’ai fait quelques concours en début de saison, mais il ne sautait pas bien, il fallait vraiment l’arrêter et prendre son temps, une tendinite c’est toujours long !

Comment s’organise votre piquet ?

C’est Cristallo A*LM qui est mon cheval de tête. Il est arrivé en début d’année et il me permet de rester connecté aux CSI 5*. Après j’ai des chevaux qui sont en formation comme ici à Chazey, Prestige Kalone. C’est un étalon anglo arabe de 8 ans qui vient du piquet d’Olivier Desutter. Je vais prendre mon temps avec lui car il est un peu délicat mais c’est vraiment un crack ! J’ai aussi un très bon 7 ans, Le Coultre de Muze. Il vient de l’élevage belge de Joris de Brabander, le plus grand élevage du monde ! L’étalon Vincy du Gué est très prometteur mais il n’est pas tout à fait remis d’une ancienne blessure alors j’y vais doucement !

Quel est votre programme de concours ?

Je vais aller au CSI*** de Mâcon puis je ferai deux semaines sur le Morocco Tour avant d’attaquer les indoors. Mais je ne vais pas faire le circuit Coupe du Monde, avec un seul cheval c’est impossible. De plus ça devient très compliqué d’avoir une sélection pour les étapes, et avec la baisse du nombre de Français dans le Top Ten, ça va l’être encore plus ! Il y a trop de gens qui tapent à la porte de ces concours et qui après, même s’ils sont qualifiés, ne courent pas la finale. Ce n’est pas normal car ils ont bloqué des places dans les qualificatives où d’autres aimeraient courir.

Pensez vous que l’IJRC ( Club International des cavaliers désormais présidé par Kevin Staut ) peut améliorer le système ?

Non, l’IJRC n’a pas assez de pouvoir ! Kevin Staut et Steve Guerdat font un travail admirable mais ils sont trop seuls ! Il faudrait que les trois meilleurs mondiaux et que des pointures comme Ludger ( Beerbaum) fassent bloc avec eux. En Allemagne, quand Ludger dit quelque chose, tout le monde suit, mais il fait du business... L’argent a pris de pouvoir dans notre sport et on perd nos vraies valeurs. La FEI ne tient pas son rôle : elle doit protéger les Coupes des Nations, les championnats. C’est la première fois qu’on va voir des JEM avec la moitié des 30 meilleurs mondiaux absents ! Il faudrait revoir ce système de ranking : faire un ranking par couple. Nous avons besoin de règles, les Allemands savent le faire avec des cavaliers qui signent un engagement pour des objectifs d’équipes. En France, on ne se protège pas assez. Nous avons tout pour réussir : l’élevage, des concours formidables, mais il y a un malaise et on ne trouve plus de mécène pour acheter les chevaux ! Un cheval compétitif en 5* vaut au moins un million d’euros, et les investissements des propriétaires ralentissent. Ces derniers mois, les plus gros achats ont été faits par Sadri Fegaier pour le colombien Carlos Lopez et par le Suisse Bertrand Darier pour son frère René Lopez ! Philippe Guerdat a du mal à remplir ses équipes. A part Nicolas Delmotte et Ilex, qui aurait pu imaginer la sélection de Tryon il y a quelques mois ? Il faut se poser les bonnes questions car aujourd’hui tout va très vite. Notre sport a tellement évolué : on est passé du karting à la formule 1 ! Et les Jeux Olympiques vont arriver très vite !

Faut-il remettre en cause le circuit du Global Tour ?

Jan Tops, lui, il a tout compris ! Il a mis sur son circuit des règles (le forfait d’une équipe se traduit par exemple par une amende financière, ndlr). Mais surtout il a su toucher le luxe, c’est ce qui fait tourner la boutique. Nous avons dans le milieu équestre cinq des dix plus grosses fortunes mondiales, avec des gens qui se sentent bien dans les concours où ils sont beaucoup moins importunés que dans le reste de leur vie privée. Vous pouvez prendre un café aux écuries avec Bill Gates, il est tranquille, sans garde du corps ! C’est quelque chose qu’on ne sait pas suffisamment exploiter. Jan Tops a un système très au point avec des cavaliers qui font du business. Ils savent vendre les chevaux à des clients qui achètent des équipes, c’est un peu comme au polo où des gens très riches s’offrent des équipes ! Ce n’est pas une bonne évolution pour notre sport ! La FEI doit reprendre la main…

Propos recueillis par Jocelyne Alligier

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0Commentaires

KARIM S | 13/09/2018 21:37
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Géra B | 12/09/2018 13:19
Très justes propos de Philippe Rozier


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