Philippe Rozier : "Rahotep a sauté à la perfection"
jeudi 16 février 2017

Philippe Rozier
Philippe Rozier © Scoopdyga

Grâce aux double sans-faute de Philippe Rozier et Patrice Delaveau, ainsi qu'aux bons parcours de Frédéric David et Adeline Hécart, la France a remporté pour la deuxième fois consécutive la Coupe des nations d'Al-Aïn. Artisan de cette victoire avec Rahotep de Toscane, le médaillé d'or olympique Philippe Rozier revient sur cette épreuve en équipe, qu'il apprécie particulièrement disputer.

L'Eperon : Comme aux Jeux Olympiques, vous partiez en ouvreur dans la Coupe des nations d'Al-Aïn. C'est une position que vous appréciez ?

Philippe Rozier : Effectivement, j'aime bien partir en ouvreur. Aux Jeux, ça avait un peu étonné les autres mais c'est moi qui avait demandé à passer en premier. Je pars du principe que le parcours reste le même, et comme je n'aime pas attendre... Le seul petit inconvénient, c'est qu'on a moins d'informations quand on rentre en piste. Surtout aujourd'hui où la France partait en 2e. 

Justement, comment était le parcours de cette première Coupe des nations de la saison ?

Le chef de piste n'avait pas monté un gros parcours, en revanche il était très fautif. La preuve, il n'y a eu que trois double sans-faute sur tous les partants : Patrice et moi et le Sheihk Al Thani, qui concourrait aussi avec son cheval des Jeux de Rio. Les résultats montrent que ce n'était pas une épreuve facile. 

Après la petite frayeur concernant le postérieur de Rahotep à Bordeaux, le cheval semble en pleine forme finalement !

Le vétérinaire a effectivement eu un doute à Bordeaux, et j'ai préféré ne prendre aucun risque même si le cheval avait magnifiquement bien sauté le premier jour. Les analyses ont ensuite montré que c'était une fausse alerte, mais je ne regrette pas d'avoir déclaré forfait. L'idée est avant tout de préserver mon cheval. Et au final il me l'a bien rendu aujourd'hui, en sautant à nouveau à la perfection ! 

Vous vous réjouissiez à l'avance de monter à nouveau en équipe avec Patrice Delaveau...

On n'avait pas fait d'épreuves en équipe ensemble depuis 2000, vous vous rendez-compte ! Je voulais absolument refaire une Coupe des nations avec Bosty et une avec Patrice. Avec Bosty, ça a mené à la médaillé d'or aux JO et avec Patrice à une nouvelle victoire ici à Al-Aïn. Ca me fait vraiment très plaisir de reconcourir avec eux. On a fait nos armes ensemble quand on était plus jeunes, et on forme une sorte de grande famille. D'ailleurs, le prochain objectif, c'est de refaire une Coupe des nations avec Bosty ET Patrice ! (rires)

Il y avait également la jeune génération avec vous aujourd'hui, à l'image d'Adeline Hécart (21 ans). Quel rôle vous avez face aux jeunes lorsque vous montez en équipe avec eux ?

Moi j'essaye toujours de les rassurer. Adeline n'était pas très à l'aise à l'idée de monter avec Patrice ou moi. Je lui ai dit de voir les choses dans l'autre sens, et d'être rassuré par le fait qu'il y avait derrière elle une équipe solide. Sur la première manche, elle a déroulé un parcours parfait et s'est simplement fait piéger par la courbe avant le triple qui a causé les fautes. Je lui ai conseillé de ne pas ruminer, de monter exactement pareil sur le deuxième parcours, en négociant seulement mieux son virage. J'essaye de faire partager mon expérience.

Quelle est la suite du programme pour Rahotep ?

Demain, c'est repos, et il courra le Grand Prix samedi. Ensuite, il fera le Saut Hermès, le nouveau Jumping de Versailles et La Baule.