Rodrigo Pessoa : « Un challenge technique et humain »
vendredi 17 mars 2017

Rodrigo Pessoa
Rodrigo Pessoa © scoopdyga.photo

Rodrigo Pessoa vient d’être nommé à la tête de l’équipe d’Irlande de saut d’obstacles. Actuellement à Wellington, le Brésilien nous a livré ses ambitions par téléphone.

Comment êtes-vous arrivé à la tête de l’équipe d’Irlande ?

L’an passé, en juin, j’ai discuté avec des cavaliers irlandais et on en a plaisanté, comme ça. Puis, de fil en aiguille, nous avons continué à en parler régulièrement et on s’est dit « pourquoi pas ? ». J’ai donc envoyé ma candidature. Nous étions quatre ou cinq postulants et je suis heureux d’avoir été choisi. Je me suis engagé pour deux ans, avec une option de reconduction. C’est un nouveau challenge passionnant !

Quels sont vos objectifs ?

Le tout premier sera le championnat d’Europe à Göteborg (21 au 27 août). L’Irlande n’est pas montée sur un podium depuis 2001 et elle ne s’en est plus approchée non plus depuis longtemps, donc nous allons essayer d’être plus compétitifs par équipes. L’objectif, qui passera aussi par les JEM 2018 à Tryon, est évidemment la qualification pour les prochains JO de Tokyo. L’Irlande n’a en effet pas participé aux trois derniers JO alors qu’elle est pourtant une grande nation équestre.

Quelles sont justement ses forces et ses faiblesses ?

L’Irlande a d’excellents chevaux et cavaliers qui sont très forts individuellement. Ils gagnent beaucoup en Grands Prix et parfois même en Coupes des nations, mais pas lors des grands championnats, parce qu’ils se chamaillent trop et que cela entraîne de la confusion. Je vais donc essayer d’insuffler un nouvel état d’esprit. Il faut que chaque cavalier "s’occupe de son omelette" (rires) pour continuer à progresser, mais qu’après, les couples choisis puissent donner le meilleur lors des grandes échéances. Il y a donc un challenge technique, mais aussi humain afin qu’ils travaillent ensemble dans de bonnes conditions. Les équipes compétitives sont évidemment très bonnes en piste mais l’aspect humain joue aussi beaucoup.

Comment cela va-t-il s’organiser ?

Je vais suivre les Irlandais sur toutes les Coupes des nations de Division 1, et Michael Blake suivra, lui, les plus jeunes ou moins expérimentés sur les CSIO de Division 2. L’idée est en effet aussi de préparer et de former au mieux la relève. Je ferai également un suivi de chacun en fonction de leurs besoins et envies. Nous allons participer aux CSIO de Lummen, La Baule, Rome, Rotterdam, Hicsktead et Dublin. 

Allez-vous parallèlement continuer à coacher et à monter en 5* ?

Oui, parce qu’entre ces CSIO et regroupements, il y a beaucoup d’autres concours. J’ai toujours deux chevaux de Grands Prix : Ferro Chin vh Lindenhof et Jordan II, que je dois remettre en route. Mais je vise davantage les JO de Tokyo que les JEM, auxquels j’ai déjà souvent participé, et le plus important pour moi dans l’immédiat, c’est de remettre l’équipe d’Irlande en route !