Santiago Varela : "Les chevaux doivent toujours avoir une solution"
dimanche 01 octobre 2017

Santiago Varela
Le chef de piste éprouve toujours un peu de stress pour dessiner ses parcours. Un sentiment qui l'aide à rester vigilant dans son rôle. © Photo Scoopdyga

Une nouvelle fois, les parcours dessinés par Santiago Varela pour la finale des Coupes des nations Longines ont quasiment fait l'unanimité ce week-end à Barcelone. Le chef de piste dose toujours avec subtilité les difficultés afin de poser des problèmes techniques aux cavaliers mais sans trop mettre les chevaux à l'effort. Rencontre avec ce sympathique Espagnol de quarante-neuf ans, manager financier auprès d'entreprises et d'institutions dans la vie.

Comment avez-vous vécu cette finale ?

Bien car le plus important pour moi c'est que les chevaux sautent bien et qu'ils progressent au fil du week-end. Cette finale des Coupes des nations se dispute en fin de saison extérieure et il faut faire attention de ne pas trop éprouver les chevaux car ils ont déjà fait beaucoup d'efforts toute l'année. J'ai par exemple aimé que les Emirats arabes unis, en difficulté lors de la qualificative, gagnent avec aisance la Consolante. Ils étaient dans un mauvais jour le jeudi et ils ont été bien meilleurs le lendemain soir. Cela prouve que ce n'est pas du tout la même chose quand les deux tours se disputent le même jour ou pas. Et j'aime vraiment cette formule de finale avec seulement une manche par jour.

Le chef de piste a toujours beaucoup de pression pour une telle finale. Comment la préparez-vous ?

C'est l'épreuve la plus compliquée de l'année pour moi. Il y a toujours du stress. Mais le jour où on ne ressent plus de stress, il faut arrêter de dessiner des parcours car cela nous aide à rester ultra vigilants. Pour cette finale, j'imagine les trois parcours (qualificative, consolante et grande finale, ndla) en amont car j'aime avoir une vision d'ensemble. Je mets les trois plans sur la table pour aborder la compétition de manière globale. J'essaye qu'il y ait de la variété entre les épreuves et que les tracés sortent un peu de l'ordinaire car c'est une compétition très spéciale. 

Quelle est votre philosophie ?

Les chevaux doivent toujours avoir une solution. La priorité est d'être juste envers les chevaux et de pousser les cavaliers à réfléchir. Ce sont de supers professionnels et ils le sont de plus en plus, donc c'est à eux que doivent être posés les problèmes techniques, pas aux chevaux. Nous sommes tous là grâce aux chevaux. "Si on les tue, on n'existera plus"(sic) C'est aussi simple que ça ! J'essaye donc toujours de construire les meilleurs parcours possibles, même si ça peut évidemment arriver de se tromper. Il arrive souvent des choses qu'on n'avait pas du tout anticipées. Le plus important dans ces cas-là est de se remettre en question et d'apprendre de ses erreurs. Mais évidemment, quand on a, comme ce week-end, au final du beau sport, du suspense et des cavaliers contents, je suis très heureux.