Simon Delestre : "l'harmonisation des engagements est inconcevable"
vendredi 17 mars 2017

Simon Delestre
Simon Delestre © Scoopdyga

Meilleur Français au classement mondial (n°6), Simon Delestre monte aussi au créneau contre le projet d'harmonisation des engagements. Il s'est confié ce vendredi dans les allées du Saut Hermès.

Vous avez vivement réagi contre l'harmonisation des engagements sur votre page facebook. Pourquoi ?

Pour moi, c'est complètement inconcevable ! Aujourd'hui, ça coûte déjà tellement cher de produire, de former un cheval et de l'emmener jusqu'au top niveau. Si on triple les engagements, je ne vois pas comment il est possible que les gens puissent continuer à gagner raisonnablement leur vie. La FEI veut en fait limiter les pay-cards pour que les organisateurs ne prennent pas l'argent des pays-cards, et elle veut tout récupérer pour eux. Elle ne va actuellement pas du tout dans le sens de notre filière et je ne vois pas comment on peut imaginer ça ! (NDLA : suite à la mobilisation des cavaliers, la FEI a toutefois rappelé qu'elle ne s'était pas positionnée sur ce projet d'harmonisation qui émane de l’Alliance des organisateurs de concours (IEOA/AJO). Plus de précisions ICI)

Et cela va d'autant plus impacter les cavaliers de 1, 2 et 3*, qui ont déjà souvent du mal à joindre les deux bouts...

Ce serait effectivement encore pire pour eux. On dit qu'on veut se calquer sur le modèle américain, sauf que les Etats-Unis n'ont pas d'élevage, ils ne forment pas de jeunes chevaux. Ils achètent des montures déjà prêtes, donc c'est bien pour le commerce, mais il ne faut pas oublier que faire naître et former a un coût énorme qu'on ne peut pas encore multiplier. Ce n'est pas possible.

Vous faites partie d'une équipe de la Global Champions League (avec Jérôme Guéry, Athina Onassis et Julien Epaillard). Pensez-vous que la position de la FEI met en danger les Coupes des nations ?

Le Global ne touche que 15 concours sur près de 90 CSI5* organisés sur la saison. Si moins de cavaliers peuvent monter dans le Global, il y aura plus de cavaliers dans les Coupes de nations donc je pense qu'il y aura une balance. Je pense que ça va se rééquilibrer. On parle de 15 % des concours et de quelques cavaliers, donc pour moi c'est un débat qui concerne le top niveau, alors que l'harmonisation toucherait toute la filière, donc le problème est vraiment là.