Yann Royant : « Beaucoup de pression et de plaisir ! »

mardi 27 juin 2017

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Yann Royant a construit ses premiers parcours quand il était ado pour ses amis amateurs à l'entraînement. Ce rôle l’a tout de suite passionné et il a tracé ses premiers tours officiels dès l’âge de dix-huit ans puis gravi les échelons au fil des ans jusqu’à devenir le chef de piste des Master Pro le week-end dernier. Originaire de Bordeaux, cet informaticien de quarante ans revient sur cette « expérience très enrichissante ».

Yann Royant et Philippe Guerdat largeL

Elodie Mas

Yann Royant avec Philippe Guerdat sur le terrain du Grand Parquet

L'Eperon : Comment avez-vous vécu ce week-end au Grand Parquet ?

Yann Royant : C’est une belle expérience : j’ai ressenti beaucoup de pression, mais aussi beaucoup de plaisir pour essayer de faire au mieux sur ce grand terrain en herbe vallonné de Fontainebleau qui permet de faire des parcours qui sortent de l’ordinaire. Le premier jour, avec les barème C, il y a moins de pression car ce sont plutôt des barèmes A chrono classiques sur lequel les cavaliers décident de prendre plus ou moins de risques. Après, comme pour eux, plus les tours passent, plus la pression monte ! 

Comment avez-vous préparé ces championnats de France ?

J’ai été prévenu en fin d’année dernière. J’ai préparé les choses en amont et j’ai eu la chance d’avoir des bonnes conditions de terrain, de matériel et de météo qui facilitent aussi le travail. J’avais déjà monté le championnat de France des As l’an passé à Barbaste et j’avais été assistant de Michel Chambon sur les Master Pro. C’était un plus d’avoir pu connaître le terrain et l’ambiance, même si nous imprimons après chacun notre patte. Mes assistants, Jean-Philippe Desmaret (qui lui succédera l’an prochain, ndla) et Nicolas Delerue, ont aussi été d'une aide précieuse.

Au final, tout s’est-il passé comme vous le souhaitiez ?

Le plus délicat, c’était le championnat Elite. J’ai essayé de faire des parcours comme j’aime, c’est à dire aérés, où les chevaux peuvent galoper, qui provoquent plutôt des fautes techniques de cavaliers plutôt que des fautes de chevaux. Après, il faut réussir à trouver le bon dosage car dans le Pro Elite les cavaliers sont tellement forts et les chevaux tellement prêts qu’il faut aussi être sélectif.

Vous attendiez-vous à autant de rebondissements ?

Oui car dans un championnat, même les cavaliers aguerris montent avec de la pression. On a vu des fautes que certains n’auraient jamais faites en Grand Prix. J’ai aussi essayé que les parcours de samedi et dimanche soient assez différents afin de demander des qualités différentes et de ne pas garantir aux cavaliers qui avaient réussi le samedi de réussir également le dimanche.

A part le triple n°12 de la première manche, jugé un peu trop éprouvant et fautif par certains, vos parcours ont été unanimement salués par les cavaliers et entraîneurs. C’est une satisfaction ?

Justement, dans l’idée de variété entre les parcours dont je vous parlais juste avant, le triple était à l’inverse en n°4 le samedi. J’avais mis deux oxers dans le premier et seulement un oxer, quand même moins éprouvant pour les chevaux, dans le second. C’était difficile, mais il faut être sélectif dans un championnat d’autant que le but du Pro Elite est de les préparer aux 5*. Quant aux bons retours, il font évidemment plaisir. C’est notre rôle, mais on réussit plus ou moins bien. J’essaye en tous cas que ce soit à la fois agréable à monter et sélectif pour proposer au final du beau sport.

Quels sont vos prochains concours ?

Un National au Touquet ce week-end, je serai ensuite assistant d’Uliano Vezzani au CSI5* LGCT de Chantilly avant de construire le CSI3* de Fontainebleau et le Grand National de Compiègne, un autre grand terrain en herbe que j’affectionne.

Comment faites-vous pour vous renouveler ?

Je pense qu’il faut rester ouvert : regarder ce que font les autres et continuer à travailler avec différents chefs de piste pour progresser. J’ai travaillé avec beaucoup de monde, mais c’est Jean-François Morand qui m’a plus particulièrement aidé à accéder au haut niveau.

Votre métier d’informaticien vous aide-t-il dans l’élaboration de vos parcours ?

Pas vraiment. J’ai conçu Jump Designer, un logiciel de construction de piste, avec un ami il y a cinq ans environ. L’idée était de créer un outil qui nous plaise, mais aujourd’hui je n’ai plus rien à avoir avec la partie commerciale. L’informatique est un très bel outil pour présenter de jolis plans aux officiels, mais ça ne m’aide pas pour imaginer mes parcours. Au départ, il n’y a rien de mieux que le papier-crayon pour imaginer ses tracés. Et c’est d’autant plus vrai sur les grands terrains comme le Grand Parquet.

Vous êtes actuellement Level 3. Obtenir le Level 4 est-il un objectif ?

A court terme non, car je suis un jeune Level 3 et je dois encore m’aguerrir. A long terme, j’aimerais évidemment l’obtenir parce que quand on fait quelque chose avec passion, on a toujours envie d’aller le plus loin possible. Mais avec le Level 3, je peux déjà construire tous les 5* sauf les grands championnats, et, avant d’en arriver là, j’ai encore du boulot ! (rires) Mon objectif est de faire un maximum de grands concours où il y a du beau sport. Je suis avant tout chef de piste car j’aime le sport de haut niveau.

Propos recueillis par Elodie Mas

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