Alexandra Francart : "Un parcours dans la douleur"
jeudi 20 septembre 2018

Alexandra Francart Volnay du Boisdeville Tryon 2018
Alexandra Francart et Volnay du Boisdeville © Eric Knoll

Une faute sur le mur n°3, puis deux dans le double n°13 et enfin une sur le dernier vertical n°14... Ce sera finalement 20 points en tout pour Alexandra Francart et son jeune Volnay du Boisdeville (9 ans) en ce deuxième jour de compétition aux JEM de Tryon. En sortie de piste, la cavalière a malgré tout largement pris le temps de débriefer son tour, qu'elle juge "douloureux".

L'Eperon : 20 points aujourd'hui pour Volnay du Boisdeville et vous. C'était un parcours très difficile...

Alexandra Francart : Douloureux même. Très douloureux. Volnay ne m'a jamais fait un score aussi lourd, moi je pense que ça fait très longtemps que je n'ai pas fait un score aussi lourd aussi. Evidemment j'aurais préféré que ce soit ailleurs qu'ici. Maintenant, il n'a que 9 ans, ce sont mes premières grandes échéances, il nous manque de l'expérience, on est en pleine découverte. Il nous manque un tout petit quelque chose. Les conditions climatiques sont aussi épouvantables. Vraiment. Il fait encore plus chaud qu'hier et rien que pour se concentrer, ça demande déjà un effort... Même si sur ce point là, il faut reconnaitre que c'est pareil pour tout le monde. Concernant la dernière ligne, je pense que le cheval a jeté l'éponge. Il était asphyxié.

Volnay a cependant beaucoup donné tout le reste du parcours, en dehors de la faute sur le mur. Comment l'expliquez-vous ?

Le mur, à chaud, je pense que c'était une faute "d'accident". Il a très bien fait tout le reste du tour. Il a beaucoup donné dans le triple, qui n'était pas du tout adapté pour lui. J'ai eu l'entrée que je voulais, malgré ça il a donné un gros effort, la distance entre les deux verticaux de sortie étant particulièrement courte. Tous ces demis-tours sur les hanches, la rivière en allant pour ensuite resserrer les cinq foulées qui suivaient... On est dans une grosse intensité technique. D'une il n'est pas habitué, et de deux avec la chaleur ça rend les choses beaucoup plus compliquées. Ce n'était certes pas un parcours très adapté pour lui, mais en plus vraiment, il a jeté l'éponge. Il aurait fallu arrêter au n°10 en fait. 

N'aviez-vous pas en plus un peu de pression à la vue des scores de cavaliers pourtant expérimentés ?

Non, je me revendique vraiment comme une outsider. Je venais avec des ambitions qui sont maintenant complètement réduites, je ne vous le cache pas (sourire et haussement d'épaule). Mais pour le coup, aucune pression, je découvre tout. D'autant que le parcours, et c'est là où le chef de piste est très fort, ne me paraissait pas insurmontable. Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait un seul sans-faute sur 81 partants. 

Malgré tout, le cheval a-t-il pris de l'expérience ?

Je ne sais pas... Parce que c'était vraiment douloureux. Ceci-dit, Volnay est un cheval très positif, il cherche toujours la solution dans le bon sens. Après, je me dis que un seul sans-faute sur 81 partants dans une première manche de Coupe des nations, j'ai beau être une débutante, c'est que ça doit quand même être très dur !