Kevin Staut : "Une journée décisive"
jeudi 20 septembre 2018

Kevin Staut Reveur de Hurtebise HDC Tryon 2018
Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise © Eric Knoll

Sur un parcours beaucoup plus délicat et technique qu'hier, qui occasionne de nombreux parcours avec des fautes, Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise, premiers à s'élancer pour la France aujourd'hui, sont sortis de piste avec une faute sur la rivière. Le Normand aurait préféré un parcours vierge de pénalité, mais n'est pas inquiet pour la suite de la compétition. "Il va y avoir beaucoup de scores aujourd'hui", livrait-il en sortie de piste.

L'Eperon : Avant de parler de votre parcours avec Rêveur de Hurtebise, que pensez-vous du parcours proposé aujourd'hui par Alan Wade ?

Kevin Staut : J'adore le chef de piste. Il est très très bon. Hier, c'était difficile de faire un parcours de vitesse sélectif avec autant de partants au niveau hétérogène. Aujourd'hui, il faut faire un peu plus de tri. Il a très bien calculé son temps accordé (85 secondes, ndla) qui va, je pense, provoquer pas mal de fautes. On a des barres un peu partout dans ce parcours, avec évidemment pas mal de faute sur la rivière mais aussi sur la dernière ligne (spa double vertical/oxer, ndla). C'est une journée décisive pour rester parmi les dix meilleures équipes qui pourront repartir demain, donc il fallait forcément s'attendre à un parcours de ce niveau là. Ce que je trouve formidable, c'est qu'il n'y a pas de chevaux qui se font peur, ce sont toujours des fautes de technique, avec des chevaux et des cavaliers sollicités du n°1 au dernier. On voit aussi beaucoup de faute sur le deux parce que les cavaliers pensent au temps accordé. J'adore ce genre de parcours, sur lesquels c'set la qualité et la technique du cavalier qui va faire la différence. 

Vous parlez justement de l'oxer n°2 qui occasionne pas mal de fautes. Rêveur a pris un appel très loin et fait un saut énorme sur cet obstacle. Etait-ce l'abord que vous aviez prévu ?

Je sais que Rêveur, sur les premiers oxers, peut de temps en temps faire ce genre de saut. Ca le déclenche aussi pour la suite du parcours. On a eu beaucoup de faute sur le premier plan de ce n°2 avec des cavaliers qui tournaient court pour le temps. Je voulais aussi me mettre à l'abri du temps parce que je savais que dans la dernière ligne j,'allais faire une foulée de plus, avant le double, mais aussi entre ce double et le tout dernier vertical. C'était peut-être un tout petit peu exagéré mais ça ne m'a pas inquiété. Ensuite le cheval s'est bien enclenché. Vraiment à part la rivière, il n'y a rien à redire. J'ai une admiration sans faille pour ce cheval qui donne énormément. C'est un parcours encore difficile, et il garde une attention, une motivation qui est incroyable, après avoir fait tant de parcours importants. J'aurais préféré être sans-faute mais c'est quand même un bon départ, il va y avoir beaucoup de scores aujourd'hui . Jusqu'à mon passage, il n'y a eu qu'un seul sans-faute donc on reste sur la bonne voie. 

Sur les dix premiers partants, cinq ont fauté à la rivière, qui semble plus large qu'hier. Est-ce le seul facteur ?

Elle est effectivement plus large qu'hier mais ce n'est pas la seule chose qui la rend plus fautive. Elle est aujourd'hui placée avec un obstacle avant et un obstacle après en ligne droite, qui sont des obstacles délicats. Les cavaliers montent la rivière en pensant à ne pas précipiter pour l'obstacle d'après. Enfin, le mur devant a été changé, il est blanc, plus petit, ce qui donne moins d'élévation au départ du saut. Ca a d'ailleurs été mon problème. Je l'ai montée en foulées croissantes comme je le souhaitais, mais on n'a pas été assez haut au départ du saut, cette trajectoire ne nous a pas permis de couvrir. Sans oublier que c'est la deuxième fois qu'on la saute aussi, les chevaux y sont un peu moins attentifs du coup. D'une manière générale, plus les chevaux sautent une rivière, moins ils pensent à aller la chercher. 

Le soleil tapait très fort jusqu'à votre passage, où le ciel s'est couvert et la température a baissé. Etait-ce un plus ?

Je pense que la météo rentre en compte pendant la détente, mais une fois que les chevaux rentrent en piste, qu'ils courent sous le soleil ou sous un ciel couvert, ça ne change pas grand chose. Le tout, c'est de les garder frais avant d'entrer en piste, si ils ont été éprouvés par leur paddock avant d'entrer en piste, il peut faire dix degrés moins, ça ne changera rien. La seule chose qu'il y a peut-être à améliorer dans l'organisation de ces JEM, ce serait d'avoir une tente sur la détente. Dans beaucoup de pays de pays chauds, quand on peut détendre à l'ombre, c'est quand même beaucoup mieux. On a ceci dit la chance d'avoir des ventilateurs et des brumisateurs à l'abri là ou sont les stewards et on peut laisser les chevaux se reposer à cet endroit. 

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