L’Allemagne triomphe et Isabell Werth passe devant
vendredi 12 août 2016

rio 2016 L'équipe d'Allemagne
L'équipe d'Allemagne © www.scoopdyga.photo

Les Allemands ont encore creusé leur écart sur les Britanniques pour prendre une belle revanche sur Londres 2012. Et au sein de l’équipe, Isabell Werth, 1ère avec Weihegold, a repris le leadership sur Dorothee Schneider, 3e, et Kristina Bröring-Sprehe, 4e. Elle devance surtout Charlotte Dujardin, 2e avec Valegro, qui a fait deux vraies fautes. Les Américains 3e, les Néerlandais bredouilles.

Sixième médaille d’or olympique, la cinquième par équipe, pour Isabell Werth, qui en a aussi décroché sept aux Mondiaux et neuf aux Européens ! Pour la No 1 mondiale Kristina Bröring-Sprehe et pour Dorothee Schneider, toutes deux sur la seconde marche avec la Grande Isabell aux JO de Londres, c’est le premier sacre olympique et pour le tout jeune Sönke Rothenberger (21 ans et demi), c’est la première consécration au niveau de l’élite.

La Grande-Bretagne, qui avait réussi le doublé à Londres, doit se contenter de l’argent et il n’y a pas photo: 81,936% contre 78,595%. Même Charlotte Dujardin et Valegro ont dû se satisfaire ce vendredi de la 2e place, suite à deux vraies fautes (appuyer à gauche et changements de pied aux 2 temps). Carl Hester a fait tout ce qu’il a pu, mais Nip Tuck n’est pas une star et Fiona Bigwood a eu un coup de mou à mi-reprise. Première médaille pour elle et pour Spencer Wilton.

 Les Américains de retour

Les Etats-Unis, abonnés à la médaille de bronze par équipe de Barcelone 1992 à Athènes 2004, renouent avec cette belle tradition et l’euphorie était bien visible. La jeune Laura Graves, épatante 5e avec Verdades, a porté ce team un peu lâché dans le Spécial par les routiniers Steffen Peters et Legolas. Grande première pour Allison Brock sur le beau Rosevelt et la jeune Kasey Perry-Glass (28 ans) sur Dublet.

Habitués des podiums, les Pays-Bas (75,517%) doivent se contenter de la médaille en chocolat, malgré les deux champions Hans-Peter Minderhoud et Edward Gal (non-qualifié pour la Kür!) et l’excellent champion national 2012 Diederick van Silfhout, malgré tout l’argent injecté par les mécènes et notamment l’Autrichien Gaston Glock. L’abandon forcé de la malheureuse Adelinde Cornelissen n’explique pas tout.

 Deux Espagnols à la hausse

En bons voisins, la Suède, 5e avec 74,845%, et le Danemark, 6e avec 74,845%, se tiennent de très très près. C’est la Suédoise Tinne Wilhelmsson Silfven et son bel Don Aurelio (7e avec 77,199%) qui ont fait la différence. Le Danemark s’est toutefois trouvée une leader en Cathrine Dufour, très élégante avec Cassidy (76,050%), plus convaincante que Anna Kasprzak sur le vieillissant DonnPerignon (17 ans).

L’Espagne, écartée de cette finale par équipe, se consolera avec la présence de deux couples lundi dans la Kür, l’épatant Severo Jesus Jurado Lopez, 6e avec Lorento, et Beatriz Ferrer-Salat, qui s’est un peu rachetée de la veille avec Delgado, qui ne s’est cette fois pas emmêlé les pinceaux dans les changements de pied. Des regrets, en revanche, pour la Suissesse Marcela Krinke Susmelj, 24e, et Karen Tebar, 25e (lire article à son sujet), écartées d’une Kür où elles auraient pu séduire.

 Un système à revoir

Le regret, et il est de taille, c’est que ce Grand Prix Spécial apparaissait plus comme une qualificative individuelle qu’une véritable finale par équipe. Les six nations qualifiées la veille ne partaient pas dans l’ordre inverse du classement par équipe, comme dans tout championnat, mais en fonction des résultats individuels. D’où un melting-pot confus et insipide, saupoudré d’individuels.

Seul signe distinctif, les trois meilleures nations étaient toutes en lice l’après-midi - ce qui les sur-avantageait encore, les juges notant souvent plus haut pour les meilleurs -, mais en vrac. De plus, les quatre Allemands et les quatre Britanniques partaient tous parmi les dix derniers et la plupart savaient donc ce qu’ils avaient à faire pour devancer les Américains. On a eu la bonne idée d’ajouter le Spécial au Grand Prix pour le classement par équipe, il faudra revoir le système d’ici à Tokyo. Que l’on y monte à trois ou à quatre… Nous y reviendrons dans L’Eperon spécial JO de septembre.

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