L'équipe en or à Rio, 40 ans après Montréal
mercredi 17 août 2016

rio france podium
Roger-Yves Bost, Pénélope Leprevost, Kevin Staut et Philippe Rozier © www.scoopdyga.photo

La dernière fois que les Bleus avaient décroché l’or olympique par équipes c’était il y a quarante ans, en 1976, aux JO de Montréal… Et, après le titre individuel de Pierre Durand et Jappeloup à Séoul en 1988, la toute dernière médaille datait de 1996, avec le bronze d’Alexandra Ledermann et Rochet M, à Atlanta. D’où l’euphorie de l’équipe de France qui a traversé tellement de galères depuis son arrivée à Rio mais qui termine au firmament devant les Etats-Unis et l'Allemagne, en bronze à l'issue d'un barrage avec le Canada

« J’ai surtout une pensée pour Simon et c’est normal. »

Philippe Rozier, Pénélope Leprévost, Roger-Yves Bost et Kevin Staut n’en reviennent toujours pas. Ils sont champions olympiques ! On les a vus très émus et surtout ultra heureux d’avoir enfin vaincu le mauvais sort. C’est aussi les yeux remplis de larmes que Philippe Guerdat, leur chef d’équipe, est venu nous parler de leur exploit : « J’ai surtout une pensée pour Simon et c’est normal. » Extrêmement touché, il fait une pause avant de poursuivre, des trémolos dans la voix : « Je l’ai déjà eu au téléphone et pour lui c’est très dur. C’était notre n°1 et les honneurs seront pour les quatre autres, mais c’est le sport. Il va se relever, et il va gagner la finale de la Coupe du monde cet hiver ! Il est fier et content pour nous, mais mettez vous à sa place, il a aussi la réaction humaine d’un sportif... Laurent Blanc a été champion du monde sans jouer, ce n’est pas la même chose qu’en jouant. C’est quelque chose de terrible ! » Le sélectionneur a ensuite retrouvé le sourire en évoquant la dernière médaille d’or par équipes des Bleus en 1976. « Et oui, j’étais jeune encore alors ! Mais je m’en rappelle bien car j’étais réserviste à Montréal. »

« Philippe Rozier est resté sur son nuage »

Il est également revenu sur l’incroyable scenario de cette semaine… « Après les dix jours qu’on vient de vivre, on ne pensait pas se retrouver là, mais je leur ai dit ce matin dans le bus que notre point de temps nous faisait partir devant les autres et que si on arrivait à faire des sans-faute, on allait leur mettre la pression… Et c’est ce qui est arrivé ! Ce qui est bien c’est qu’on ne s’est pas trompés dans notre choix d’équipe car on a pris le 5e qu’il fallait. Philippe Rozier est rentré et il a fait ce qu’il fallait ! Après un premier sans-faute, il est resté sur son nuage et ça c’est bien car j’avais un choix à faire, j’ai privilégié la sagesse : un cheval longtemps arrêté mais qui arrivait sur un pic de forme et un cavalier qui avait déjà l’expérience des JO. En jumping, ce sont souvent des gens qui ont de la bouteille qui gagnent. Au début de la semaine, j’avais l’impression d’avoir vieilli de vingt ans, mais là cet après-midi je les ai récupérés. (rires) Mais on pourrait écrire un livre sur tout ce qui nous est arrivé ! Il y a ce que vous savez et ce que vous ne savez pas, qui est aussi très important. J’ai passé une nuit aux écuries avec Pénélope et Kevin pour veiller Flora aussi. Ils dormaient sur des matelas et moi je tournais en rond... Ce sont des choses intenses qu’on a vécues et, même s’il y a toujours des flottements dans une équipe, je pense que ça nous a resserrés ! »

Et sa mission est largement accomplie ! « Le président de la Fédération m’a toujours dit que ce qui comptait c’était les JEM et les JO et je crois qu’on a réussi les deux. Maintenant, on va fêter ça ce soir au Club France, on va quand même un peu se lâcher, et demain on va se remettre au travail pour essayer d’en avoir un qui monte sur le podium en individuel aussi ! », conclut Philippe Guerdat, tout sourire.

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