Thierry Touzaint : "Il y a un moment qu'on n'a pas ramené de médaille des Jeux mondiaux"
samedi 15 septembre 2018

Thierry Touzaint
Thierry Touzaint © Eric Knoll

La météo a été favorable, tous les cavaliers ont parfaitement tenu leur rôle : Thierry Touzaint ne peut qu'être satisfait du déroulement du cross des JEM de Tryon pour le clan français. Avant d'aborder l'hippique, qui se courra exceptionnellement après-demain, lundi, pour des raisons climatiques, les Bleus pointent en 3e position.

L'Eperon : A l'issue du cross, l'équipe de France pointe à la 3e place du classement provisoire. Une bonne place avant l'hippique ou au contraire, un classement qui met un peu de pression ?

Thierry Touzaint : On est très satisfait de cette 3e place ! Nous sommes en embuscade, les autres nations (la Grande-Bretagne, 1ere au provisoire, et l'Irlande, 2e) ne sont pas loin. Nous avons des chevaux qui sautent bien et des cavaliers qui montent bien. On peut rêver d'encore mieux, mais il faut déjà qu'on conforte cette position. Ramener une médaille des Jeux mondiaux, ce n'est pas anodin, ça fait un moment que ça n'est pas arrivé. On a été très brillant à Rio, si on peut remettre le couvert ici, on sera très satisfait. Mais il est évident qu'avec les bons cavaliers et les bons chevaux qu'on a, on peut envisager de remonter. Les cavaliers sont tous expérimentés et gèrent assez bien la pression. Moi aussi. Donc cette 3e place au provisoire, c'est plutôt bien. On a tous un mental de gagneur alors ce n'est pas une gêne, au contraire. 

L'hippique est décalé à lundi, c'est une interrogation pour tout le monde. Comment allez-vous essayer de gérer les chevaux demain ?

C'est la première fois que ça nous arrive. On va voir comment ça se passe... C'est vrai que pour les chevaux ça aurait été mieux de sauter demain. On a aucune idée de comment les chevaux souffriront des courbatures. On va découvrir et essayer de s'adapter. On nous fait peur sans arrêt avec cette météo épouvantable alors j'espère que le climat nous permettra quand même de sortir et de bien les bouger demain. C'est très important pour eux après l'effort qu'ils ont fourni sur le cross. Après, c'est un drôle de site pour ça... On ne voit pas trop ce qu'on est venu faire dans ce pays alors que c'est la pleine période des ouragans. C'est une période à haut risque ici, on nous l'avait dit au mois d'avril quand on est venu faire le test-event, et effectivement on est tombés en plein dedans. Ca semble un peu ridicule quand on voit tout ce qui se passe dans les autres disciplines... (la course d'endurance et la Reprise libre en musique de dressage ont été annulées à cause des conditions climatiques, ndla). En complet finalement on s'en sort bien, on a eu des conditions climatiques idéales pour le cross, on ne pouvait pas rêver mieux : la température a baissé, le vent s'est levé et il y a eu un peu d'eau. Si on avait couru samedi dernier, avec la chaleur et l'humidité, ça aurait été un carnage. On s'en sort bien et tant mieux, parce que les chevaux n'ont pas souffert et protéger nos chevaux, c'est le plus important. On a eu peur toute la semaine, finalement tout s'est bien passé mais c'est un peu du hasard, et ça c'est dommage. 

Vous avez pris la décision de ne pas intégrer Astier et Vinci de la Vigne dans l'équipe. Qu'est-ce qui a motivé votre choix ?

Les choix pour un entraineur sont toujours difficiles... Astier est un cavalier leader chez nous, mais il n'a plus Piaf de B'neville. Ce n'est pas l'âge de Vinci qui m'a vraiment dérangé. Astier pense que si, mais c'est normal, c'est un gagneur, il aurait souhaité être avec ses copains dans l'équipe. J'ai préféré mettre des chevaux plus aguerris et plus endurcis. Vinci de la Vigne n'a couru qu'un seul format long 3* à Boekelo l'année dernière. Pour des soucis de santé, on n'a pas pu faire celui de Bramham, qui était à son programme. Pour moi, c'était prendre des risques. Le cheval a en plus mal réagi à une vaccination qu'on a du faire avant de venir aux Etats-Unis contre les insectes : il a été malade et anémié pendant quelques jours. Il avait une mauvaise prise de sang en arrivant au stage à Granville, le cheval n'était pas très beau. Il a magnifiquement bien remonté la pente et c'est vrai qu'Astier a toujours cru en son cheval. Il était déçu, il pensait que son cheval pouvait le faire. Je n'avais pas assez de recul et je m'en excuse auprès de lui, et dans tous les cas c'est un excellent cheval qui servira à l'équipe de France. Du côté des étrangers, il n'y avait que des grosses pointures avec d'excellents cavaliers, sur un niveau normalement 4*... Je comprends sa déception, celle de ses fans aussi mais mon travail est de ramener des médailles et c'était plus sécurisant que de mettre des chevaux qui avaient plus de métier dans l'équipe. 

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