Thierry Touzaint : « On a remis les pendules à l’heure »
lundi 17 septembre 2018

Podium equipe de France complet Tryon 2018
Sidney Dufresne, Thibaut Vallette, Donatien Schauly, Maxime Livio et Thierry Touzaint, fiers et heureux de leur performance ! © Eric Knoll

Ils étaient venus chercher une qualification pour les prochains Jeux Olympiques, ils repartent avec leur ticket pour Tokyo et une médaille de bronze autour du cou. Pas de doutes, les Bleus du complet ont de quoi être fiers. Ils mettent d’ailleurs fin à une sacrée disette lors des jeux équestres mondiaux. Aucune équipe de France de complet n’avait été médaillée depuis Jerez en 2002…

« On a remis les pendules à l’heure ! », lâche Thierry Touzaint, en faisant référence au fait que les complétistes tricolores n’avaient pas accroché de médaille aux JEM depuis 2002. Les Bleus n'ont guère eu le temps de partager leur joie, avion oblige, ils ont pris la direction de l'aéroport aussitôt la remise des médailles terminée. Mais dès le début de l’épreuve, Donatien Schauly, qui aura été un magnifique ouvreur tout au long du championnat, signait un parcours parfait. L’hippique, ce n’est pourtant pas le test sur lequel excelle Pivoine des Touches, mais le cavalier qui connait parfaitement sa jument a su la monter à la perfection. « Ce sans-faute, c’est l’aboutissement d’énormément de travail. C’est merveilleux qu’elle l’ait sorti aujourd’hui. Ca fait longtemps que je pense à cette échéance. Je savais que je pouvais compter sur elle pour ces Jeux ! », lançait non sans émotion l’Adjudant, qui n’a pas manqué de rappeler que cette performance est avant tout le travail de toute une équipe : « J’ai une énorme pensée pour tous les gens qui nous côtoient pour les soins, les ferrures… Pour mes parents, qui n’ont malheureusement pas pu être là mais qui m’ont toujours soutenu, et pour ma femme Anne-Sophie, qui a débuté la jument en Cycle libre il y a une dizaine d’années avant de me la laisser pour le haut niveau. Je ne peux qu’imaginer sa joie derrière son écran de télévision ! ». 

Avec le sans-faute de Maxime Livio et son Opium des Verrières, 3e à s'élancer, la France sécurisait sa place sur la troisième marche du podium. Un parcours sur lequel Maxime a du donner de lui même  : « Quand il est rentré en piste, il m’a pris le mors, ce qui est assez inhabituel. J’ai du le ré-équiilbrer et il est passé un peu derrière. Je suis resté un peu comme ça tout le temps entre deux. J’ai du me donner un peu plus que d’habitude, bien qu’il voulait vraiment être sans-faute, il était concentré et appliqué. Encore une fois, je l’ai dit le jour du cross mais je veux vraiment le remercier. Ce n’est pas lui qui devait venir ici et il a rempli brillamment son rôle de coéquipier, mon papi de 16 ans ! »

Une faute pour Thibaut et Sidney

Deuxième à partir, Sidney Dufresne n’a pas réussi à éviter une faute de la part de Trésor Mail. Concentré sur les six foulées très courtes (l’une des principales difficultés du parcours) qui suivaient le triple, le cavalier n’a pas osé appuyer l’oxer placé en deuxième élément. Si il était déçu sur le coup, espérant notamment que sa faute ne couterait pas la médaille à la France, il ne pouvait qu’être satisfait de son cheval qui « n’a fait aucune erreur de tout le championnat. Le score de dressage est pour moi, la barre sur l’hippique aussi. Je suis très fier de lui ». 

Sur ce parcours exigeant pour les chevaux, où tous les obstacles pouvaient tomber et où il était difficile de les laisser souffler, les expérimentés Thibaut Vallette et Qing du Briot ont également écopé d’une faute. « Je suis un peu déçu de la façon dont j’ai monté l’hippique, mais c’est le jeu et ça reste un beau championnat quand même », expliquait le Lieutenant Colonel qui a vu la médaille individuelle lui échapper. « On était tous obnubilés par le chronomètre, je me suis dépêché, le cheval a regardé, ça n’a pas loupé. Mais on était venu chercher la qualif pour les JO. On l’a, et avec une médaille en plus. Tout va bien ! »

Tout allait bien aussi pour Michel Asseray, qui comptait bien « monter dans l’avion avec nos médailles autour du cou, même si elle sonnent à la douane ». « C’est un vrai plaisir, on va savourer », confirmait Thierry Touzaint, qui regrettait tout de même « qu’Astier ne soit pas médaillé avec l’équipe, il le méritait »

Vinci de la Vigne, le jeune surdoué

Il est vrai que bien que le jeune Vinci de la Vigne (9 ans) ait fauté sur le triple lui aussi, le fils d’Esterel des Bois aura signé un superbe championnat marqué notamment par le seul maxi français sur le cross. Le cavalier expliquait parfaitement sa barre : « Il a bien sauté, ça reste le principal. Il était très impressionné en entrant à la détente, il a même fait demi-tour. Bien que jeune, il est assez froid et imperméable à ce qui se passe autour, mais c’est vrai que les écrans ce n’est pas trop son truc quand même. Le stade aussi l’a impressionné. Une faute sur un deuxième plan d’oxer, ce n’est pas classique pour un cheval après le cross, mais j’avais déjà touché le deuxième plan des oxers n°1 et 3… ». Une 7e place en championnat du monde avec un cheval si jeune est une réelle satisfaction pour le cavalier, mais en grand compétiteur qu’il est, Astier était un peu déçu : « évidemment, j’aurai signé pour ce classement avant de venir. Mais il faut saisir les chances qui s’offrent à nous et avec cette faute, je vois une deuxième place en individuel s’échapper. Entre 7e et 2e, je choisis toujours 2e ! ».

Les résultats par équipes et en individuel sont à retrouver ICI