Elevage Cécé : la souche maternelle fait l’essentiel
jeudi 16 mai 2019

Christophe Choain et Pauline en pature
Christophe Choain et Pauline en pature © Elisabeth Gillion

Pour cette nouvelle rencontre « éleveurs », l’Eperon reste en Picardie et vous propose de d’aller chez Christophe Choain, à l’Elevage Cécé, situé à Pouilly-sur-Serre (Aisne).

"Les origines Galoubet et Rantzau sont les porte drapeaux de la maison, une référence absolue pour les acheteurs", explique Christophe Choain qui bichonne ses poulinières bien qu'il soit fort occupé par ailleurs avec une ferme de 250ha à gérer. Celle-ci lui fournit paille et foin, orge et avoine et même des carottes. Il donne 4 services par jour aux 35 chevaux, répartis sur les 15 ha de pâtures paisibles. Quant à sa fille, Pauline, elle débourre, monte et assure le suivi des écuries.

« Je n'ai jamais vendu une poulinière », rappelle Christophe, « elles vivent ici, y finissent leur vie et y sont enterrées... », ajoute-t-il. Depuis Onorine (Fair Play III) achetée à son oncle Jean, quatre générations se sont succédées. Onorine a produit entre autres Col Canto, un excellent étalon. Les Choain suivent leur souche, avec Ballerine (Rantzau) qui a produit Grand Coeur, un petit diable qui sautait des puissances de plus de 2m et qui est passé sous la selle des Balanda et de Michel Robert. (cf l’étude de souche de Patricia Cagé sur Quolombia dans le dernier numéro de l’Eperon)

Les juments de Christophe Choain sont solides, jamais malades, elles vivent au pré en troupeau : "On a une bonne souche rustique depuis 1950. Mais elles ont le dos un peu tendu, il faut leur mettre de la souplesse et choisir un papier un peu à la mode pour faciliter la vente du sujet, mais sans trop affiner la tête ni les jambes, même si c'est tendance ..." L'essentiel pour Christophe ? Avoir un poulain équilibré, qui bouge, qui allonge, qui trotte déjà comme s'il était monté. "Mes chevaux ont le respect des barres grâce à leurs origines et ... parce qu'on leur parle poliment, qu'on les soigne" ajoute-t-il en riant ! "On les voit tous les jours, on les observe beaucoup, elles font partie de la famille !"conclut Pauline.

Adhérent du BWP, Christophe discute beaucoup et écoute ses collègues belges, qu'il trouve sérieux. Mais avant tout il a l'oeil, lui qui a dépisté Diamant de Semilly dès sa 2e année de monte, quand il était dénigré ... Il a repéré Hard Rock Z aux Jeux mondiaux, "il saute avec respect, avec une bonne marge, mais il est méconnu comme son cavalier vénézuélien. Il a pourtant du sang, il est puissant et facile".

L'hiver il étudie les étalons. Il regarde les vidéos de concours, discute avec ses amis belges et allemands, remonte les origines sur 4 à 5 générations pour être sûr, puis regarde leurs poulains : "il faut qu'ils sautent bien, qu'ils bougent, qu’ils aient du sang et soient flexibles pour accepter d'être repris devant un obstacle. Mais la souche maternelle fait tout, elle insuffle l'essentiel !" affirme Christophe.

Les choix de croisements 2019

Cette année une fille et des petites filles d'Onorine sont mises à la saille. "J'essaie d'aller contre mes envies, de ne pas trop gâter celle que je préfère, de bien raisonner. Comment choisir ?  Je connais mes juments et on peut se rattraper l'année suivante puisqu'on on ne vend pas". 

Dehli Cécé (Qaprice Boismargot x Diamant x Galoubet), soeur de Vigo Cécé (un de ses étalons à succès) : après un petit de Clarimo, les Choain la confient cette année à Hardrock Z ( Heartbreaker).

Onorine (Quito de Baussy) : après Organo Sitte (Darco) l’an passée, elle sera saillie par Nixon Van 'T Meulenhof.

Pouchkine qui n'a pas reproduit l'an dernier, ira à Glasgow vh merelsnest (Nabab de Rêve), tout comme Alpina (Ustinov x Galoubet) qui a été saillie par Zinedine (Guidam) l'an dernier. Clarimo doit saillir cette année Elektra, une fille de Zinedine et soeur utérine de Vigo Cécé. Candy de Nantuel (Luidam) doit saillir Napkine (Galoubet) après un produit de Nixon Van 'T Meulenhof.