Elevage : Tchin de la Tour, fierté d’Alain Calais
vendredi 24 février 2017

Tchin de la Tour avec Guillaume Foutrier et Alain Calais
Tchin de la Tour avec Guillaume Foutrier et Alain Calais © Sylvia Flahaut

Victorieuse du Grand Prix du CSI3* du Touquet, de ceux des 2* d’Opglabbeek (Bel) en 2016 et d’Oliva (Esp) début février, Tchin de la Tour, sous la selle de Guillaume Foutrier, laisse envisager de belles performances encore à venir à son éleveur, Alain Calais.

Ce dernier, installé à Nielles-les-Calais sur la Côte d’Opale, suit avec attention l’évolution de cette fille de Chin Chin, qu’il a choisi de confier au cavalier après lui avoir laissé le temps de grandir “Avec Tchin, notre élevage a atteint un niveau technique intéressant, pointe le Nordiste. C’est une jument avec un mental exceptionnel et une excellente locomotion”. Dans la famille Calais, on élève des chevaux depuis pas moins de cinq générations : c’est l’arrière arrière grand-père du Nordiste, Louis Calais, qui avait démarré l’activité dans les années 1860. “L’élevage de chevaux de trait Boulonnais a prospéré pendant plusieurs années, explique Alain Calais. Mon grand-père Jules et son frère Fernand, qui avaient repris le flambeau de mon arrière grand père Auguste, ont fait prospérer l’élevage de chevaux de trait, exportant parfois nos produits à l’international. Ils ont gagné 1730 prix aux différents concours de race chevaline”. Et puis, c’est Gérard, le père d’Alain, qui prend les rênes de l’élevage en 1963. Et commence à se heurter à certains difficultés. “Jusque dans les années 1970, l’activité se portait bien et il y avait un marché pour le cheval de trait, notamment celui du travail, relate l’éleveur, maire de sa commune. Et puis, dans les années 1970, avec la motorisation, nous avons commencé à rencontrer de sérieuses difficultés”.

“La culture du beau cheval”

Au début des années 1980, Alain annonce à son père qu’il stoppe l’élevage de chevaux de trait, ne voulant pas élever dans l’optique de faire tuer pour la viande. “J’avais la culture du beau cheval, j’avais vu mes aïeux faire preuve de beaucoup d’exigence pour améliorer le modèle et la locomotion des poulains qu’ils faisaient naître. Je ne voulais pas me résoudre à élever des chevaux pour les faire abattre”. Alain Calais décide alors de changer de cap et se lance dans l’élevage du cheval de sport. “J’étais cavalier amateur et passionné de génétique. Au début des années 1980, je me suis rendu en Normandie, où j’ai fait l’acquisition d’Isadora, fille de Bel Avenir, et arrière grand-mère de Tchin de la Tour”. En moyenne, Alain Calais a fait naître deux poulains chaque année, en choisissant des étalons Selle Français, mais également de sang étranger. L’élevage a notamment produit Aster (Leopard du Castel), monture de Michel Hécart, ou Qui Vice de la Tour, qui a fait quelques Grands Prix sous la selle du Suisse Steve Guerdat. Aujourd’hui, Tchin témoigne de l’exigence mise par Alain Calais  dans une activité qu’il exerce avec passion, comme ses aïeux. Dans les mois à venir, c’est son fils, Florent Calais, 39 ans, actuellement dirigeant de la laiterie Délicelait à Moyon, qui prendra la relève. “Je suis content que Florent puisse démarrer son parcours d’éleveur avec Tchin, conclut Alain Calais. Je pense qu’il partira ainsi sur de très bonnes bases”.