La Coquerie, valeur montante de l’élevage de chevaux de sport (partie 1)
lundi 18 mars 2019

Lubie de Coquerie
Lubie de Coquerie (Sable Rose), l'un des premiers chevaux de l'élevage à se faire connaître © PSV

Lubie, Major, Opium, Raliska, Siroco, Team, Ugano, Ulane, Vesta, Aïcha, Candy, c’est quasi à chaque génération que l’élevage de Coquerie parvient à sortir des produits indicés à plus de 140, soit parmi les 2 % meilleurs des chevaux tournant en compétition. Une telle constance ne peut être le fruit du hasard. L’Eperon est allé rencontrer Raphaël Dulin à l’élevage de Coquerie, situé à 20 km du Mont-Saint-Michel.

Des débuts en autodidacte

Raphaël Dulin s’installe en 1977 en tant qu’agriculteur (30 vaches laitières), à la suite de ses parents, sur l’exploitation deSubligny (50)et dans la maison qui l’a vu naître. « Les vaches n’étaient pas mon truc. Dès que j’ai pu m’en libérer, je l’ai fait. Nous avons tiré un trait et sommes repartis à zéro ». Raphaël travaille alors à l’extérieur pour se constituer un capital et pouvoir acheter ses premières poulinières. Cavalier de concours hippique, « à un petit niveau – mais suffisant pour m’apercevoir qu’il fallait que j’arrête » note-il avec humour, Raphaël engrange néanmoins une expérience utile. « Ces années m’ont permis de savoir et de sentir ce que doit être un cheval de concours, l’équilibre, la frappe, l’intelligence » se souvient-il. Raphaël Dulin s’en sert ensuite pourvendre et faire vendre des 3 ans, activité pour laquelle il se passionne dans un premier temps. Le Normand ne se trompe pas, il acheta ainsi à 6 mois Donald du Bréau SF, ISO 153 avec Bruno Rocuet ; ou encore Kinette de Launay SF, ISO 174, GP 1m60 avec Eric Navet ; Oscar du Chanu SF, ISO 157 avec Jacques Bonnet ; Galisco du Mesnil SF, ISO 149 avec Roger-Yves Bost ; ou l’inoubliable étalon Allegreto SF, ISO 179 avec Fabrice Dumartin. « Pourtant, rapidement, les gens m’ont considéré comme un marchand maquignon, et cela m’a tellement contrarié qu’en 1981, j’ai décidé de leur montrer que je pouvais aussi être un éleveur». Fort de ses années de courtage et de son expérience de cavalier, Raphaël Dulin a déjà une idée précise du cheval qu’il veut produire. Il se plonge dans l’étude du Livre généalogique Selle Français et identifie les courants de sang les plus  performants : « j’ai listé les meilleurs pères de mère, il s’agissait à l’époque de Rantzau ps, Quastor SF, je suis alors parti en quête de filles de ces chevaux-là » explique le Manchois. 

Avec Lutteuse II SF (Quastor) née chez M.Perrey, achetée sur le retour de la foire de Lessay, le coup d’essai se transforme en coup de maître. Elle fera souche à la Coquerie. « Pour aller plus vite, j’ai poursuivi ma réflexion en détaillant la liste des performances et en regardant à quels étalons correspondaient le mieux ces juments-là pour faire des gagnants. Je me suis aperçu par exemple que les filles d’Ibrahim avec Ultimate ps croisaient bien, ou que le mariage Jalisco B x Uriel marchait super ». Raphaël Dulin ne s’arrête pas là : voyant l’arrivée des transferts d’embryondans l’élevage de chevaux de sport, il décide de s’engouffrer dans cette nouvelle technique. Il emprunte à la banque pour réaliser ses premiers essais avec Quidam de Revel SF et Papillon Rouge SF sur Lutteuse II, qui lui donneront des pouliches, que Raphaël et Annick feront le sacrifice financier de garder. Ce choix s’avérera payant car il donnera Girl, la mère de l’étalon Opium de Coquerie (SF, ISO 141), l’un des premiers fers de lance de l’élevage, top price des Ventes Fences 2005 à 130 000€ qui rejoignit l’écurie Alia du Prince Saoud Al Shalaan.

La suite de cette saga est à retrouver dès demain sur www.leperon.fr