La disparition de Jacques Bastin-Lavauzelle
mercredi 29 mars 2017

Jacques et Rosine Bastin-Lavauzelle en avril 2008
Jacques et Rosine Bastin-Lavauzelle en avril 2008 © Eric Fournier

L'ancien président des Editions Lavauzelle, cavalier, meneur, éleveur, fut le premier président socio-professionnel de la Société hippique française.

Grand amoureux des chevaux, cavalier, éleveur, étalonnier, meneur, ancien président de la SHF, Jacques Bastin-Lavauzelle fut une figure marquante de l'élevage de chevaux de sport et de la race Anglo-arabe de son époque. Il est décédé en cette fin du mois de mars, à l'âge de 89 ans.

Jacques Bastin Lavauzelle faisait partie de cette génération des éleveurs pionniers ayant monté en concours avant de démarrer leur élevage. Cavalier amateur de bon niveau, il eut la chance de tomber sur une très bonne jument dont la revente l'aida à acquérir sa belle propriété de Couzeix, tout près de Limoges, où cet homme issu d'une famille traditionnelle d'imprimeurs de l'armée française (les fameuses éditions Lavauzelle) aima tant recevoir le monde de l'équitation et de l'élevage avec son épouse Rosine.

Du concours il passa à l'élevage, au départ à partir d'une jument, Sultane (aa, par Abel, ar), qui lui donna entre autres deux juments de bon niveau que monta Michel Pélissier : Bobinette et Mademoiselle, toutes deux filles du Pur-sang Camarade II, qui firent ensuite souche chez lui.

Jacques Bastin-Lavauzelle complétait la production de sa dizaine de poulinières en achetant des poulains mâles anglo-arabes, qu'il valorisait. Il faisait ainsi partie dans les années 70 - 80, avec Alfred Lefèvre, Jean de Laurière, André Mage et Michel Herbeau, de ceux qui pourvoyaient en étalons anglo-arabes les écuries des Haras nationaux (il vendit ainsi une trentaine d'étalons à l'administration). Mais ce très bon commerçant affable et qui savait recevoir en commercialisait également à l'étranger, tandis que d'autres restèrent par ailleurs en son "haras de Texonnieras". Ainsi de Ventoux, acquis dans la région de l'Adour chez les Pons, qui, bien que controversé, lui donna néanmoins l'étalon Anglo-arabe Iago C, de bonne renommée et qui a bien produit. Il eut également Campoamor, également acheté chez les Pons, très à la mode à son époque, ou encore Fol Avril, né dans l'Allier, que sa fille Nathalie monta à haut niveau. Bonne cavalière précoce, gagnante du Grand Prix de Pau à dix-huit ans, Nathalie a sorti beaucoup de jeunes chevaux de l'élevage, ainsi que son premier mari Patrick Sisqueille (naisseur, depuis, des champions de CCE Upsilon et Tenareze). Nathalie a une soeur, Caroline, et un frère, Christian, qui continue l'élevage avec son épouse Laurence, sous l'affixe "Texo", du nom du lieu-dit du haras, Texonnieras (L'Eperon leur avait rendu visite il y a un an, voir ici).

Jacques Bastin-Lavauzelle aimait travailler ses chevaux aux longues rênes. Sa passion pour l'attelage lui est-elle venue ainsi ? Toujours est-il qu'il pratiqua avec passion cette discipline en compétition à deux et à quatre chevaux, y compris au niveau international, et monta un très bel attelage d'Anglo-arabe gris.

Cette passion tous azimuts pour les chevaux le conduisit à impliquer son imprimerie dans l'édition d'ouvrages et de manuels d'équitation, ainsi que du B.O. de la FFE et du Règlement général de la SHF. Elle l'amena aussi à s'impliquer lui-même dans les organismes d'élevage : président des éleveurs du Limousin pendant une bonne vingtaine d'années, il fut surtout le premier président "socio-professionnel" de la Société Hippique Française (avant la réforme des statuts de la SHF qui ouvrit l'adhésion à la SHF à tous ses utilisateurs et l'élection de 1999 qui s'ensuivit, tous les présidents de la SHF avaient été d'anciens militaires). Elu une première fois le 27 février 1999, il effectua deux mandats et en fut donc le président jusqu'en 2005. Il s'éloigna ensuite rapidement des terrains, mais les chevaux continuèrent d'agrémenter sa propriété de leur présence, pour son plus grand bonheur.

Les funérailles de Jacques Bastin-Lavauzelle auront lieu le jeudi 30 mars à 15h30 à l'église de Couzeix (87).