La parole au stud-book Selle Français (1/3)
mardi 05 mars 2019

Pascal Cadiou
Pascal Cadiou © SF

En cette période de salon des étalons, Pascal Cadiou, président du stud-book Selle Français nous a accordé un long entretien pour évoquer les évolutions du stud-book, son actualité et ses projets.
Premier volet, consacré principalement aux changements importants concernant les approbations étalons.

L’Eperon : Vous avez prévu des changements importants pour l’approbation des étalons (lire ICI), comment avez-vous choisi cette solution ?

Pascal Cadiou : Notre règlement change pour répondre aux besoins des éleveurs. Nous avons mené une concertation importante avec l’ensemble des acteurs de la filière pour arriver à ce choix. Lors des qualificatives de printemps, nous avions à juger des chevaux très verts car le concours arrivait entre les poulinages, les concours jeunes chevaux, le suivi de reproduction, bref, à une période où les éleveurs avaient peu de temps pour préparer leurs jeunes étalons. Les qualificatives d’automne vont leur permettre de se consacrer à leurs jeunes mâles en dehors de la saison de reproduction et en dehors de la saison des jeunes chevaux. Au printemps, la norme est quand même d’avoir des chevaux à l’herbe et c’est dommage de les priver de cette période favorable à leur croissance en raison de la préparation au concours. Souvent à partir des mois d’août/septembre, les éleveurs vont individualiser le suivi de chaque cheval, c’est beaucoup plus simple à cette période de l’année et cela permet aussi réduire les coûts de préparation avec une seule période de travail à l’automne plutôt que d’avoir à faire du travail au printemps et de nouveau à l’automne. Nous espérons aussi que cette formule incitera d’autres éleveurs à participer à ces qualificatives pour les étalons car aujourd’hui certains jeunes mâles ne participaient pas du fait de cette organisation un peu compliquée. J’ai participé à de nombreuses réunions en région ces dernières semaines et cette nouvelle formule semble vraiment satisfaire tout le monde.

L’Eperon : N’y a-t-il pas un risque de déshabiller le meeting d’automne où beaucoup d’éleveurs et acheteurs étrangers avaient leurs habitudes ?

PC : Non je ne pense pas car c’est la qualificative de Saint-Lô qui aura lieu à ce moment-là, et là aussi les étrangers avaient l’habitude de venir quand elle avait lieu en juillet. On sait que cette qualificative réunit toujours beaucoup de chevaux et nous ne sommes pas inquiets quant à la fréquentation d’un concours qualificatif où l’on sait que la qualité sera au rendez-vous. Le meeting d’automne sous sa forme actuelle coûtait aussi très cher au stud-book et nécessitait une organisation complexe pour ce qui est des plages horaires avec le CSI. Si aujourd’hui 70% des fonds du Stud-Book proviennent des éleveurs, nous avons aussi besoin des différents fonds comme le fonds Eperon. Il faut garder en tête que les financements publics restent fragiles, et nous nous devons d’être prudents. Si le salon des étalons de Saint-Lô en février s’autofinance, ce n’était pas le cas du meeting d’automne, cela a aussi influencé notre choix. Pour les ventes Nash, c’est encore en réflexion pour voir comment les adapter mais cela doit rester un moment phare du meeting d’automne. Peut-être pourrons nous aussi envisager une vente en février lors de la dernière phase de l’approbation pour les 3 ans les plus précoces. 

L’Eperon : Nous avions relevé une ambiguïté dans le règlement des deux ans (Cf article de l’éperon sur le meeting d’automne du n° 379), finalement les deux chevaux concernés ont été approuvés, pourquoi ce changement ? 

PC : Pour les deux ans le règlement pouvait avoir effectivement deux lectures mais la façon dont les choses étaient tournées dans le programme était encore plus ambigüe. Nous n’avons voulu léser personne et avons finalement fait le choix d’approuver ces deux étalons (Gatsby d’Elle et Giorgio d’Altenbach ndlr), d’autant que ce sont effectivement de très bon chevaux avec une belle lignée. Notre objectif était d’en approuver 10-12, avec 12 étalons de 2 ans approuvés nous restons dans cet objectif.

La suite de cette interview à retrouver demain sur leperon.fr