La parole au stud-book Selle Français (2/3)
mercredi 06 mars 2019

Pascal Cadiou
Pascal Cadiou © SF

En cette période de salon des étalons, Pascal Cadiou, président du stud-book Selle Français nous a accordé un long entretien pour évoquer les évolutions du stud-book, son actualité et ses projets.

L’Eperon : Il y a encore eu beaucoup de chevaux de trois ans approuvés en 2018 à l’issue du testage n’est-ce pas un peu trop pour permettre aux éleveurs de s’y retrouver ? 

Pascal Cadiou : Pour les trois ans, c’est vrai qu’il y a une certaine densité dans le nombre d’approuvés, mais nous ne sommes pas dans la standardisation hollandaise. La jumenterie française est très variée et il en faut pour tous ces différents types de juments. C’est aussi la raison pour laquelle nous travaillons énormément pendant le testage afin d’avoir un maximum d’informations à relayer dans le guide des jeunes étalons et de permettre aux éleveurs de faire leur choix en prenant en compte le maximum de paramètres objectifs. Dans ce guide de jeunes étalons, nous avons aussi une classification qui hiérarchise les jeunes étalons entre très prometteur, espoir, et à suivre. Cela permet aux éleveurs d’avoir l’information tout en gardant une certaine liberté dans leurs choix. Je suis assez partagé sur le fait de mettre très très en avant tel ou tel jeune étalon car cela risque aussi d’avoir un impact fort sur le marché. On remarque aussi que le programme jeune génétique fonctionne bien puisque l’utilisation des jeunes étalons est passée de 10% dans les années 2000 à 22-28% en moyenne chaque année, notamment grâce aux primes. Pour les étalons de CCE, nous avons aussi publié une liste des étalons recommandés pour l’année 2019. Cette liste a été établie par France Complet, le Stud Book Selle Français et le Stud-Book Anglo-Arabe et est disponible depuis début février. 

Pour l’information sur les reproducteurs, nous allons prochainement publier en ligne une feuille par étalon avec différentes données statistiques sur leur carrière de reproducteur, les indices et leur héritabilité. Depuis 12 ans, plus de 650 000 notes ont été collectées et vont nous permettre de mieux caractériser les mâles et ce qu’on peut en attendre. C’est une approche zootechnique qu’il va aussi nous falloir expliquer aux éleveurs. 

D’un point de vue de la santé en général, il y a du progrès. On rencontre beaucoup moins de problème de maladie naviculaire par exemple. Evidemment les sols se sont améliorés et la gestion de l’entraînement également mais la sélection a aussi permis d’améliorer globalement nos chevaux de ce côté-là. Dans les études qui sont menées, notamment par le professeur Denoix, on trouve encore des problème de rachis et de suspenseur du boulet. Ces points doivent encore s’améliorer dans notre race mais ce n’est jamais facile d’évaluer tous les facteurs qui sont limitant pour le sport car l’effet milieu joue aussi un rôle.

L’Eperon : Justement, en parlant de la santé, quelle est aujourd’hui la position du stud-book sur le WFFS, le syndrome du poulain fragile dont on sait maintenant qu’une vétérinaire a identifié avec certitude un cas l’an passé en France ?

PC : Quand le problème a été mis au jour aux Etats Unis puis en Allemagne cette question a été évoquée. De nombreux stud-books allemands sont aussi étalonniers et ont la responsabilité des saillies qu’ils vendent à leurs éleveurs, ce qui n’est pas le cas en France. Personne au sein du stud-book parmi les nombreux éleveurs et vétérinaires n’a connu ou identifié de cas de cette maladie et c’est la raison pour laquelle aucune décision n’avait été prise jusqu’à présent. Aujourd’hui, dans la mesure où ce problème a été identifié également en France, l’équation est différente. Nous allons devoir étudier cette question et les mesures à prendre. Des commissions vont inscrire ce point à leur ordre du jour pour y travailler. Des étalonniers s’intéressent aussi à cette question, le GFE (et le haras de Brullemail ndlr) a par exemple déjà fait testé certains de ces étalons.

La première partie de cette interview est à retrouver : ici

La suite est à retrouver demain sur leperon.fr