La parole au stud-book Selle-Français (3/3)
jeudi 07 mars 2019

Pascal Cadiou
Pascal Cadiou © SF

En cette période de salon des étalons, Pascal Cadiou, président du stud-book Selle Français nous a accordé un long entretien pour évoquer les évolutions du stud-book, son actualité et ses projets.

L’Eperon : Concernant les concours d’élevage, avez-vous prévu d’autres évolutions cette année ?

PC : Oui les concours de foals et les dotations des concours pour les chevaux de 3 ans vont évoluer. La grille des concours des foals va changer pour s’articuler autour de 6 grandes notes : Avant main, corps, arrière main, articulations, locomotion et note d’ensemble. Aujourd’hui ces grilles n’étaient pas transmises à l’INRA et ce sera le cas à l’avenir car même si ça reste un jugement humain, la compilation de ces données au final sera interprétable, sous réserve d’avoir vu quelques générations, mais ça permettra d’avoir des tendances. 

Pour les trois ans montés, il y avait trop de « saupoudrage » dans les primes attribuées aux éleveurs. Désormais les 25% meilleurs de ces concours seront récompensés par des primes de 500 € et les 25% suivants par des primes de 250 €. Nous voulons inciter les éleveurs à montrer leurs bons 3 ans et à les mettre au travail assez tôt pour leur permettre aussi de les commercialiser plus facilement. Nous avons désormais de bons outils pour la vente sur Internet mais à nous de créer des partenariats entre le stud-book, les éleveurs et les organismes de vente pour faciliter la commercialisation, mais cela implique d’être capable de présenter des chevaux qui ont un minimum de préparation. Nous aurons besoin de l’implication des associations régionales pour essayer de trouver les bons modèles économiques. Par le passé on a peut-être imposé trop de choses aux associations régionales. Il faut aussi que nous leur laissions les coudées franches car eux aussi sont à même (parfois plus que le stud-book) de trouver des financements à leur niveau. Nous allons mener plusieurs opérations avec les régions cette année afin d’avoir toujours plus d’implications locales qui bénéficieront d’un accompagnement du stud-book. Ce qui est certain c’est qu’il existe une vraie motivation collective de la part de toutes les personnes qui s’investissent dans le stud-book mais on sait aussi qu’on a toujours des progrès à faire.

L’Eperon : Il y a une commission d’agrément fin janvier, notamment pour les étalons étrangers mais les résultats ne sont pas parus, il y a une raison ? est-ce que ce règlement évolue ? 

PC : Concernant la commission de fin janvier les étalonniers concernés ont été informés et ont pu communiquer. Il n’y pas eu de publication particulière car, comme vous le savez, nous avons déménagé récemment et cela a pu retarder certains dossiers. Pour l’agrément des étrangers nous allons aussi redéfinir nos consignes, notamment la question du nombre de classements exigés car c’était un peu trop figé et certains bon étalons n’ont pas eu leur agrément pour une histoire d’un parcours quand bien même leur qualité ne faisait pas de doutes. Mais là aussi tout ça va prendre du temps car il faut que cette évolution aille dans le bon sens et réponde aux besoins des éleveurs. 

Retrouvez les deux premiers volets de ce long entretien ICI et ICI