Le Top Sires veut rester un top rendez-vous
lundi 06 mars 2017

top sires 2017 Tzigano Massuère
Tzigano Massuère © Jean-Louis Perrier

Organisé par l’ASECRA avec un bon renfort du Conseil du Cheval Auvergne-Rhône-Alpes et du délégué régional de la SHF, le Top Sires se tient depuis neuf ans sur le site du Parc du Cheval de Chazey. Si la qualité de l’événement est toujours de mise, la fréquentation 2017 aussi bien du côté des étalons présents que du public est à la baisse.

Trente étalons se sont présentés dans le grand manège du Parc du Cheval de Chazey sur Ain (01) le 5 mars pour l’habituelle étape du Tour de France des étalons. Ils étaient plus de cinquante  il y a trois ans !  Certains étalonniers sont bien présents dans les stands comme le Haras du Bois Margot, mais n’ont pas déplacé d’étalons, tandis que d’autres comme The Stallion Company réduisent l’effectif présent à Chazey avec néanmoins l’intéressant Action Breaker. Béligneux-le-Haras (BLH) qui avait organisé sa propre présentation la semaine précédente n’alignait que ses trois stars, Monte Bellini, Cartani et Sandro Boy. Le GFE en revanche continue à être assidu avec des nouveaux pensionnaires très remarqués comme le séduisant Balou du Rouet et l’énergique Untouchable. Brullemail qui confie cette année Quite Easy au local Haras de Numeror avait amené Utrillo vd Heffinck qui a bien réussi sur la région, produisant notamment la championne 2015 des 3 ans, puis vice championne des 4 ans à Fontainebleau, Comely de l’Hallali.

Malgré la présence de certains comme KRF avec ses deux performers Unser Prinz et Vol de Nuit Batilly, les  petits étalonniers du Centre Est affectionnent moins le rendez-vous. Michel Martinot qui n’avait pas déplacé de pensionnaires depuis Cluny explique : ‘’ C’est de plus en plus compliqué de trouver une place face aux grosses boutiques d’étalonniers. Romeo de Villaret est en compétition et d’une façon générale je ne cherche plus à faire de publicité, je me concentre sur les juments de mon élevage et quelques relations. ‘’ Michel Guiot, qui travaille avec le haras ligérien d’Aubigny animé par Pierre Valette dont le jeune fils présentait un Mylord Carthago toujours en pleine forme, confirme : ‘’Avoir repris les étalons de France Haras m’a permis d’étoffer mon catalogue et c’est très important pour la clientèle. Nous sommes très bien accueillis ici, mais les frais sont importants et si les éleveurs ne viennent plus parce qu’ils n’ont pas assez de chevaux à voir, ça ne va pas ! ‘ Le nouvel agencement  avec les stands des étalonniers jouxtant la piste de présentation a certes été salué pour son côté village plus convivial et les étalonniers qui pouvaient découvrir  le manège dès le samedi on apprécié l’invitation à un repas le soir. Mais cette disposition n’a pas favorisé la présence des éleveurs dans les stands, une bonne partie du public stationnant autour des tables du restaurant plus chaleureuses, au sens thermique du terme !  Mais quel que soit l’agencement, le problème est surtout la baisse de fréquentation de la manifestation, reflet de ce que l’on observe  sur les concours d’élevage de plus en plus désertés dans le centre-est. 

Frédéric Neyrat (BLH) a une analyse sans appel :  ‘Il faut tenir compte de l’évolution de la clientèle : les éleveurs  du monde agricole sont en forte diminution alors que la clientèle de cavaliers amateurs mettant leur jument à l’élevage explose !  Ces gens-là choisissent plus volontiers leur étalon en regardant les concours sur Equidia ! ‘’ Faute d’être devant la télé, certains étaient déjà en concours à une vingtaine de kilomètres de Chazey, la saison ayant déjà repris sur la région.  Le choix de la date reste un élément de débat, mais le dynamisme du salon des étalons de Saint-Lô touche ses petits frères dans le mauvais sens : les Bourguignons avaient organisé un bus pour aller suivre le rendez-vous normand ! Pourquoi donc aller à Chazey ?  Le Président de la SHF Yves Chauvin, qui avait un des produits  de son élevage Ding Dong Courcelle en présentation pour le haras Numenor, croit à un renouveau avec le changement dans les syndicats d’éleveurs locaux. A voir si de nouvelles énergies peuvent faire école ? Arrivé sur la région fin 2016, le champion de France Pro 1 Romain Potin est de ceux qui jouent le jeu :  tout en faisant évoluer vers les CSI *** son solide Tzigano Massuère (par Cassini II et la propre sœur de Lucciano), il l’a confié au haras Numenor.

Enfin, dans une région où l’élevage poney se porte bien, on aurait pu s’attendre à trouver un effectif plus élevé que les deux seuls représentants du haras Dorcamp, Ugo des Clas  (Macno Carwyn)  et  All Star  de Belebat (Poetic Justic) !  Morgane Rostaing, qui les a présentés à l’obstacle, a eu la satisfaction de voir la clientèle poney bien présente au rendez-vous !

Et si les absents de Chazey avaient eu tort ?