Le stud-book SF obtient la censure du Blup

lundi 02 décembre 2013

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En réponse à une demande de l’ANSF, l’IFCE a accepté, dans l’attente d’une décision définitive, de se refuser à communiquer les nouveaux Blup des Selle Français, calculés et publiés chaque année depuis vingt-cinq ans tout début décembre. Une mesure de précaution totalement inhabituelle…

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Fidelio du Thot - Ph. J.L. Perrier

Aux syndicats ou instances représentatives qui considèrent leurs impôts ou le taux de tva de leur secteur trop élevé, nous ne saurions trop conseiller la démarche suivante : en demander la suppression ou la baisse. En attendant la décision finale, le ministère des finances commencera peut-être par accepter la demande ! C’est en tout cas de cette façon qu’a procédé le ministère de l’Agriculture pour répondre à la demande exprimée par l’ANSF de ne plus publier, pour ce qui concerne les Selle Français, les indices génétiques 2014, connus sous le nom de « Blup » et calculés par l’INRA. Ces indices devaient sortir comme chaque année début décembre.
Une décision contestable répondant à un combat considéré comme d’arrière-garde par de nombreux éleveurs, et sur laquelle nous nous sommes par ailleurs prononcé dans un billet paru dans L’Eperon de décembre : (voir ci dessous).
De son côté, voici la position de Bernard Le Courtois, président du « stud-book Selle Français » (ex ANSF), interrogé pour Cavadeos : « le stud-book Selle Français n’a pas demandé que le Blup ne soit pas calculé, mais qu’il ne soit communiqué qu’au stud-book, car il n’a d’intérêt qu’à l’échelle d’une population et pas individuellement. C’est au Selle Français de décider l’usage qu’il faut en faire, pas à l’IFCE. La demande de ne plus le communiquer a été prise par le conseil d’administration collégialement, et elle va dans le prolongement logique de la décision qu’avait prise le précédent président Yves Chauvin de ne plus utiliser le Blup dans le programme de sélection du Selle Français. Nous trouvons que c’est un indice fallacieux, qui n’est pas représentatif de la qualité génétique d’un cheval. C’est un amalgame de différentes données, qui n’a rien à voir avec les indices utilisés par les stud-books étrangers.
Les éleveurs ne savent pas utiliser ce type d’outil, qui a été mal ficelé et dont on a supporté le joug pendant vingt ans.
Ce n’est pas à l’IFCE de décider, en aucun cas, à notre place, c’est au stud-book de le faire. D’ailleurs je ne serai plus président du stud-book Selle Français dans six mois (B. Le Courtois, qui a été choisi par le conseil d’administration de l’ANSF fin août 2012 pour succéder en cours de mandat à Yves Chauvin, démissionnaire après avoir été élu à la présidence de la SHF, ne se présentera pas à la présidence du SF au printemps prochain), et s’il s’avère ultérieurement qu’il y a une majorité qui souhaite ressortir le Blup, on le fera ».

L’ANSF confisque le Blup ! paru dans L'Eperon - décembre 2013 / Janvier 2014

L’ANSF semble avoir gagné une première bataille, dans l'incroyable combat qu’elle s’est inventé : empêcher la libre publication du Blup, indice génétique publié en France par l’INRA depuis 1988. Elle en a fait, à l’automne dernier, la demande officielle auprès de l’IFCE, récemment relayée par la commission du stud-book SF. Or, l’IFCE temporise et, en attendant de rendre sa décision… a décidé de stopper la publication. Il semble acquis que les nouveaux Blup 2014ne sortiront pas (en tout cas pas dans les mois qui viennent) !

Onconnait aujourd’hui la place prépondérante que peuvent occuper la communication et la publicité, et la façon qu’elles ont parfois de déformer les choses. Sans être parfaits, les Blup attribués aux étalons ont le mérite de pondérer les résultats de leur production par le nombre et la qualité des juments saillies.L’outil est sans doute améliorable et apparait parfois décalé de la réalité aux yeux de certains éleveurs de terrain (notamment dans le cadre de l’utilisation d’étalons étrangers de grande qualité mais encore peu testés en France). Mais il est totalement faux de prétendre que les éleveurs prennent encore le Blup au pied de la lettre, aveuglément, sans faire preuve d’aucune capacité de discernement, et que l’outil est dangereux : il est potentiellement un bonoutil, précis dans certaines conditions alors attestées par un coefficient de détermination proche de 1, contournable par ceux qui n’en voient pas l’utilité(aucun caractère contraignant). Mais il permet à ceux qui le souhaitent de remettre un peu d’ordre face à la multiplication des données et informations,de confirmer ou remettre en cause leurs impressions, de rétablir certaines vérités (pas toujours bonnes à dire ?).

Les étalons étrangers, parfois non testés, envahissent le marché français de manière anarchique depuis des décennies au point de menacer l’identité de la marque SF ? L’ANSF laisse faire : faisons confiance à la jugeotte des éleveurs français.

Quelque sétalons saillissent chacun plusieurs centaines de juments, menaçant peut-être la diversité génétique ? L’ANSF se garde d’intervenir, les éleveurs doivent sans doute garder leur liberté.

Quand l’ANSF accorde l’agrément à pléthore de 2 ans et 3 ans mâles, dont peu d’entre eux confirmeront à bon niveau, ce n’est pas grave, les éleveurs sont compétents et reconnaîtront le bon grain de l’ivraie.

Le Blup survit contre vents et marées ? Là, danger ! Il est urgent de protéger les éleveurs contre eux-mêmes !

Voilà un bien piètre signal de confiance et de considération envoyé par l’ANSF à ses« administrés » que de les prendre de haut et de les croire incapables de faire la part des choses au point de leur retirer un outil avec lequel ces innocents risqueraient de se blesser ou de faire des bêtises…

Autoritarisme et confiscation contre libre arbitre, obscurantisme contre transparence, défiance contre confiance… L’ANSF prend le risque de se voir accusée de tous ces maux, par une communauté d’éleveurs qu’elle est, hélas,loin de rassembler dans son ensemble. L’INRA a sans doute sa part de responsabilité et doit se mettre plus à l’écoute des gens de terrain pour améliorer encore cet outil. Le dialogue semble rompu et pourtant la solution neserait-elle pas que chacun se remette autour d’une table ?

Emmanuel Jeangirard

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0Commentaires

Frédérique N | 05/12/2013 08:51
Le meilleur moyen de rendre les hommes et les structures plus intelligents, plus respectueux, plus serviables, c'est simplement de les mettre en concurrence. Les studbooks ne doivent pas échapper à la règle. Il suffira alors aux éleveurs de choisir le studbook qui apportera le meilleur service à ses usagers (Sélection, transparence, valorisation, mise en commerce). C'est la mission du service public, le Ministère de l'Agriculture, d'organiser une concurrence loyale pour le plus grand profit des citoyens (égalité des Prime Pace et des gains dans les circuits SHF pour tous les chevaux nés en France quelque soit leur studbook d'enregistrement: SF, AA, Z, AES...). Nul doute que chacun (éleveurs et étalonniers) redevenu maître de ses choix y trouvera son compte.
ANNE LISE R | 03/12/2013 17:12
La prochaine invention c'est d'interdire la publication des score radios des membres des étalons.
Bravo
SANDRINE V | 03/12/2013 16:36
Un peu de politique fiction ?
- "Allo l'ANSF ?"
- "Oui, que puis-je pour vous faire dépenser un peu plus d'argent ?"
- "Voilà, je souhaiterais connaître le BSO de Vit d'Airain"
- "Pas de soucis, donnez moi votre n° de CB et dès que nous aurons eu confirmation du paiement de XX € nous vous ferons parvenir l'information. Bien sûr il faut que vous soyez à jour de votre cotisation, que vous soyez éleveur exclusif de SF et que vous n'utilisiez que des étalons proposés par nos X étalonniers partenaires"
ANNE LISE R | 03/12/2013 07:59
Où va-t-on ? C'est vrai que l'on peut avoir confiance au studbook SF qui pour "l'Expertise génétique lignée maternelle" compte le même poids à la grand mère qu'à la mère.
Revoir les lois de Mendel !
Galva
ANNE LISE R | 03/12/2013 07:49
Merci BLC pour la haute considération qu'il a des éleveurs. C'est vrai que les BLUP dérangent certains étalonniers, surtout ceux qui sont détériorateurs ou plutôt leurs étalons (mais en fait je me demande si ce n'est pas les administrateurs de l'ANSF qui sont détériorateurs). Bientôt, nous n'aurons plus d'information des statuts ostéo-articulaires des étalons : les éleveurs ne savent pas ce qu'ils signifient.
Phir
BRUNO R | 02/12/2013 15:58
Casser le thermomètre ne guérit pas le patient... La bêtise l'emporte encore sur l'intelligence. À quand l'interdiction de la publication des performances des chevaux pour mieux tromper le client de base ? Bravo MM. les dirigeants, vous aurez marqué votre passage : le nivellement par le bas, comme chez vous !


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