Les croisements de l’élevage de Lanlore pour 2019
mercredi 10 avril 2019

Vancouver de Lanlore Penelope LEprévost Dinard 2018
Anne Dafflon prévoit d'utiliser Vanouver de Lanlore, ici à Dinard avec Pénélope Leprévost, sur une jument et une ponette en 2019. © Eric Knoll

En ce début de saison de monte, la rédaction de l'Eperon vous propose de partir à la rencontre d’éleveurs pour les interroger sur leurs projets de croisements2019. Après l’Alsace direction le Gers et l’élevage de Lanlore mené par Anne Dafflon qui dispose de deux juments et une ponette pour un objectif de 3 naissances « sport » par an.

L'Eperon : Comment est né votre élevage ?

Anne Dafflon : L’élevage de Lanlore a démarré il y a une vingtaine d’années lorsque nous avons quitté Lyon pour des raisons professionnelles. J’ai acquis ma première jument. Au gré des rencontres amicales dans notre Sud-Ouest d’adoption, l’élevage s’est développé en parallèle de mon activité dans l’univers médical. Outre les juments de sport, nous élevons aussi des galopeurs, qui sont désormais majoritaires dans notre région. 

Quels étalons avez vous choisi d’utiliser ?

Cette année je vais utiliser le porte drapeau de notre élevage, Vancouver de Lanlore (Toulon) sur Come On Girl (Come On) et sur une ponette Nérédva de St Géry (Friquet d’Audes). Hispania de Bacon (Le Tot de Semilly) retourne à Toulon (Heartbraker) afin de produire le propre frère ou la propre sœur de Vancouver, lequel tourne au niveau CSI5* avec Pénélope Leprevost cette année. 

Pour moi c’est une évidence tant Vancouver de Lanlore représente exactement ce que je souhaite produire. Une autre jument porte un embryon d'Hispania conçu avec Romanov (Hearbreaker). J’ai eu un coup de foudre lorsque je l’ai vu en piste à Bordeaux sous la selle du jeune Bertram Allem. Je n’étais pas prête de l’oublier ! On retrouve le sang d’Hearbreaker (Nimmerdor) ce qui permet de reproduire le croisement de Vancouver. En plus d’être un étalon moderne, solide et près du sang, Romanov a une technique de saut irréprochable. 

Hispania de Bacon est arrivée à l’élevage en 2008. Elle était exactement ce que je recherchais : l’affaire fut conclue en cinq minutes. Je pense que son cavalier Gregory Jeanne s’en souvient encore ! Cette jument est née de la rencontre de Le Tot de Semilly (Grand Veneur), dont on connaît l’importance pour le stud-book selle-français avec l’anglo-arabe Echo IX (Ventoux), propre frère de Iago C (Ventoux). 

Come On Girl, par le remarquable Come On (Cantus) a pour père de mère le très recherché Carthago (Capitol I). Bien qu’affiliée au Oldenbourg, elle a un papier purement Holstein. Ce stud-book vient d’ailleurs de l’approuver et de la primer compte tenu de ses qualités sportives et génétiques. Cette jument est arrivée chez nous en 2016 grâce aux propriétaires de Vancouver, Danielle et Francois Vorpe. Elle appartient à Yves Piaget. C’est un réel honneur de l’avoir à l’élevage. Elle a sauté avec succès sous la selle de Steve Guerdat dans les 5 étoiles. Sa mère, C’est la Vie (Carthago), fut elle aussi performante à ce niveau. Cerise sur le gâteau, elle est issue d’une illustre famille, celle de Coco. Il n’y a pas grand chose à corriger chez cette jument, même si elle est assez imposante, un peu « ancien modèle. » Vancouver devrait lui apporter modèle et tissus, sa ligne de dessus, son influx. Nous avons bon espoir qu’il préserve la galopade puissante de Come On Girl, son caractère de guerrière et son envie de bien faire. En 2017, elle a donné un mâle prometteur de Sandro Boy (Sandro). Et nous attendons cette année un produit de Casall (Caretino) en rêvant bien sûr d’obtenir un cheval avec les qualités de Casallo Z (Casall x Carthago).

Nérédva de St Gery (Friquet d’Audes) est une welsh de type cob dotée de 8 points PACE. Elle est née chez Charlotte O’Birn. C’est très certainement une des meilleures lignées welsh disponibles en France. Sa mère Babouche Barastan (Glandenys Country Swell) est elle même titulaire de 8,5 points PACE. Elle a donné à chacun des ses produits beaucoup d’aptitude, tout en restant des poneys adaptés à l’équitation des enfants. Latex Elvey (Elvey Jarnac), sa deuxième mère, a donné naissance à Furioso Blackstone (Play Boy du Blin) IPC 179. Nérédva est arrivée chez nous à l’âge de 6 mois. Nous voulions qu’elle soit la ponette de nos enfants… qui ont grandi trop vite. Elle a donc fait carrière avec Pia puis Liloï Lourde Rocheblave, deux élèves de Marie Reine Périé. Le premier produit de Nérédva est l’étalon welsh de type cob Encore Un Lanlore (Sir Raspoetin Tilia). Il a décroché un IPO de 121 à 4 ans, tout en étant surclassé à chaque concours. Son deuxième produit , FBI de Lanlore (Grafenstolz) est un poney français de selle. Ce 4 ans commence sa formation au centre équestres d’Aurin. Nérédva de St Géry sera donc inséminée par Vancouver pour renforcer son influx et sa galopade, tout en essayant de lui transmettre son impressionnante bascule. Je le pense aussi capable de transmettre son intelligence et sa gentillesse. L’objectif est bien sûr d’essayer de produire un poney pour le haut niveau. Les enfants doivent apprendre à monter à poney comme on apprend à monter à cheval. Dans cet objectif, ils doivent monter de très bons poneys s’ils veulent devenir les cavaliers de demain.