Nino des Buissonnets, un cheval en Nord !
vendredi 10 août 2012

londres Steve Guerdat et Nino des Buissonnets
Steve Guerdat et Nino des Buissonnets © www.scoopdyga.com

Nino des Buissonnets, fils de Kannan, est un Selle Français de 11 ans né chez Jean-Luc Deroubaix,à Douai (59). Grâce à Steve Guerdat, Nino a fait monter l’élevage français sur la plus haute marche du podium des J.O. Nous vous proposons un retour sur ses origines et son histoire. Découvrez également que ses dauphins, London et Blue Lyod peuvent aussi se prévaloir d’être fortement imprégnés de sang français.

Le naisseur de Nino des Buissonnets aurait été incontestablement fier de la médaille d’or du produit de son élevage. Malheureusement, Jean-Luc Deroubaix, passionné de génétique, n’est plus là pour voir le fils d’Hermine du Prélet (SF par NarcosII/ Almé/ Uriel/ Starter) se jouer avec malice des obstacles à 1,60 m, sous la selle du Suisse Steve Guerdat. Le couple s’ était déjà notamment  octroyé l’argent, lors de la finale de la Coupe du Monde, à S’Hertogenbosch (P-B), en avril dernier.
Philippe Deroubaix, frère de l’éleveur de Nino et chef de piste, se souvient très bien de ce poulain, « sur lequel on ne se retournait pas. Pour tout dire, nous étions un peu déçus lorsque Nino est né, admet Philippe Deroubaix. Nous espérions que Kannan apporterait de la taille au poulain. En réalité, il était assez petit et chétif ". Une caractéristique sans doute héritée de sa mère, Hermine du Prélet, qui n’a jamais foulé le moindre terrain de concours. « La mère de Nino était petite, toute ronde, avec énormément de sang, décrit Philippe Deroubaix. Elle avait un caractère bien trempé, mon frère ne l’emmenait d’ailleurs jamais en concours d’élevage. Elle était intransportable ».
Guillaume Foutrier : « il a gardé son petit jeu de jambe »
En 2001, Nino naît à Douai (59), dans l’un des haras Gênes Diffusion, où étaient stationnés les chevaux de l’éleveur nordiste. A l’âge de deux ans, il est acquis par le Haras des Princes, par l’intermédiaire de Patrick Varlet. Quelques mois plus tard, c’est sous la selle du cavalier du haras, Guillaume Foutrier, que Nino, 4 ans, démarre les cycles classiques SHF. Le cheval réalise 17 parcours lors de sa première année de concours (ISO 174), dont la finale à Fontainebleau, 10 à cinq ans et 6 à six ans. « Dans son caractère, Nino est un cheval avec une très forte personnalité, un peu précieux, décrit Guillaume Foutrier. Il faut savoir jouer avec et être à son écoute. Comme à l’obstacle, d’ailleurs. Nino est un cheval avec beaucoup de sang, qui fait preuve d’un grand respect de la barre. Les premières années, lors du saut, il montait bien trop haut. Avec l’équipe du haras, il nous a fallu faire preuve de patience et aller à son rythme pour ne pas casser le cheval et lui permettre de révéler son potentiel ».
Du Portugal à l’Italie, en passant par la tournée de Villeneuve-Loubet, Nino voit du pays et acquiert une sacrée expérience sous la selle de Guillaume Foutrier. Après avoir couru les 7 ans en internationaux en 2008 (ISO 143), le cheval démarre les CSI2 et 3*. Puis, en 2010, il est vendu par le haras des Princes. Après être passé par les écuries de quelques intermédiaires, le cheval atterrit finalement dans les écuries du Suisse, Steve Guerdat. « Je pense que Nino a eu de la chance d’arriver ce cavalier, admet Guillaume Foutrier. Ce dernier a su prendre le temps et travailler de sorte à ce que le cheval parvienne à son meilleur niveau. Nino a gardé quelques particularités qui lui sont propres, comme son petit jeu de jambes dans les combinaisons, un peu à la manière d’un trotteur. Son naisseur, Jean-Luc croyait beaucoup en lui. Ce que son cheval accomplit aujourd’hui montre qu'il avait raison ».

Du sang français aussi chez London et Blue Lyod

Si Nino des Buissonnets est bien le seul selle Selle français de ce podium olympique, ses dauphins, respectivement BWP et Oldenbourg peuvent néanmoins se prévaloir d’être fortement imprégnés de sang français.  Le médaillé d’argent avec le Néerlandais Gerco Schroder, Eurocommerce London, par son père le BWP Nabab de Rêve, est un petit fils du selle français Quidam de Revel et de Melodie en Fa (SF), une jument par Artichaut au pedigree bien normand. Ce terroir est aussi celui d’origine de Suzana du Boulay. Cette jument selle français n’est autre que la mère de Blue Loyd, le médaillé de Bronze avec l’Irlandais Cian O’Connor. Suzana du Boulay  est une fille de Hadj A (anglo-arabe) avec une mère par Fair Play III (Fair Play III qui est un étalon issu de la même lignée maternelle que… Nino des Buissonnets qui affiche aussi le sang de Fairplay III par son grand-père maternel Narcos II ). Suzana du Boulay s’est illustrée en grand prix nationaux, notamment avec Franck Schillewaert et a tourné en CSI, des performances qui lui ont valu d’être indicée 152 en 1995. Exportée en Allemagne, c'est là qu'est né Blue Loyd...

Commentaires


JEROME W | 14/08/2012 14:19
accabler le haut niveau français ne sert a rien, regarder plutôt le sort réservé aux handballeurs français par la presse qui les disaient vieillissants... et le sort réservé aux plateaux de télé français par les handballeurs ... médaillés d'or!! En d'autres termes le sport en général et l'équitation en particulier sont soumis a des lois invariables... cf" la glorieuse incertitude du sport".

MICHELE P | 13/08/2012 13:46
Le père de London bien que SBS est un pur SF,les trois premiers sont un mélange SF & autre stud book ,est ce la solution de la réussite dans l' élevage,c' est cependant le même croisement que Mylord, Napoly Donc maintenant il faut chercher l' erreur de la catastrophique prestation française,mis à part celle d' Olivier qui a su tiré le meilleur d' un pur SF!!!
Michèle P.

 | 11/08/2012 21:53
Il me semble que la mère de Blue Loyd 12 fut aussi montée par le normand Sylvain Montigny. Eric F

BRUNO R | 11/08/2012 12:37
Bravo à l'élevage français. Il reste à savoir les monter. Un débriefing s'impose...