Ryon d’Anzex, adieu bel Anglo
mercredi 28 septembre 2011

Ryon d'Anzex-Fernando Fourcade
Ryon d'Anzex sous la selle de Fernando Fourcade

L’exceptionnel Anglo-arabe Ryon d’Anzex est disparu, début septembre, en Italie.

Agé de 28 ans, le bel étalon Anglo-arabe alezan brûlé a succombé des suites d’une grave crise respiratoire dans la nuit du 4 au 5 septembre, dans les écuries de la Communauté San Patrignano à laquelle il appartenait.
Né chez Jean-Luc Frezier, à Anzex dans le Lot-et-Garonne, ce splendide fils de Massondo et Héra B par Dandy du Verger fut repéré à quatre ans par Bruno Rocuet, pour qui il restera son cheval fétiche. Extrait de sa longue interview dans le Hors-série élevage 2010 de L’Eperon : « Mon premier voyage (à Pompadour, ndlr) remonte à une mission effectuée en 1987 pour un de mes propriétaires, M. Lefourneaux, un passionné d’origines. Il avait repéré un 3 ans avec un papier qui lui plaisait et m’avait confié une enveloppe pour conclure rapidement la vente. Le 3 ans n’était pas intéressant, mais dans le box d’à côté, il y avait un magnifique alezan brûlé de quatre ans : Ryon d’Anzex. Sur les barres, un génie. J’ai rappelé mon propriétaire. L’enveloppe n’était pas suffisante. Il me le fallait à tout prix. J’ai sollicité les amis, 5 000 francs par ci, 10 000 par là, nous avons réussi à l’acheter à une dizaine. Une syndication avant l’heure en quelque sorte. Ensuite, Ryon a été vendu à six ans à François Leiser (homme d’affaires belge et actuel propriétaire du Suisse Pius Schwitzer) pour 100 000 euros, et celui-ci me l’a laissé au travail. J’ai gagné cinq Grands Prix alors qu’il avait sept ans, jusqu’à ce qu’il soit vendu à San Patrignano pour un million de dollars ».
Sous la selle de Fernando Fourcade, il remportera alors le GP du CSIO de Barcelone, terminera 3e de celui de Falsterbo, 5e de celui de La Baule et s’illustrera en Coupes de Nations, ainsi qu’aux Jeux méditerranéens (médaille de bronze par équipes). Il fera également partie de l’équipe espagnole aux championnats d’Europe de 1993 et aux championnats du monde de 1994.
« On ne peut pas rêver d’un meilleur galop », se souvient Bruno Rocuet, qui en a vu d’autres. Une qualité héritée de son père Massondo. Hélas, les origines étaient moins bonnes côté maternelle, et hormis Jarnac, membre de l’équipe espagnole aux récents championnats d’Europe, et quelques autres internationaux de moindre envergure, Ryon d’Anzex, qui a sailli 501 juments en France, n’a pas laissé une descendance véritablement à la hauteur de son propre talent.