AG de la SHF : le recentrage sur les races françaises fait débat

vendredi 22 mars 2013 - Île-de-France

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L’assemblée générale a évidemment beaucoup été accaparée par la question de la place des chevaux étrangers au sein du circuit SHF.

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Yves Chauvin - Ph. Claude Bigeon

La salle n’était pas bien pleine, pas plus que d’habitude en tout cas, mais les opposants au recentrage du cycle SHF de saut d’obstacles sur les chevaux de races françaises n’allaient pas rater cette assemblée générale de la Société Hippique Française (SHF), jeudi 21 mars à Paris. Le président Yves Chauvin le savait, s’y attendait évidemment et a pris les choses avec flegme. Début d’AG classique donc, avec le rapport d’activité 2012 (marqué notamment par la démission de Marc Damians suivie de l’élection d’Yves Chauvin à la présidence et d’un nouveau comité fin juin 2012), puis rapport financier (nouvelle alerte du président sur la fragilité du système, qui repose de plus en plus sur le Fonds Eperon, lui-même en bonne partie dépendant de la bonne volonté des sociétés de courses). Les comptes sont approuvés à la majorité moins deux voix : deux opposants commencent en effet à s’échauffer la voix. Edouard Dewez, président de l’Association française des éleveurs et des amis du cheval hanovrien « signale le risque  que fait encourir un budget reposant à 45 % sur des subventions ». Et François Lévy (propriétaire du Haras de Vulsain) conteste le fait que l’assignation devant le Tribunal de Grande Instance de Paris qu’il a adressée à la SHF (et qui lui est parvenue la veille) ne figure pas dans les provisions du budget 2013, compte tenu des risques financiers que la SHF encourrait. Cette assignation concerne le nouveau règlement et son caractère discriminatoire envers les membres de la SHF, compte tenu du sort qui est fait aux chevaux de races étrangères et aux simples OC (origines constatées).

Mais le vrai débat fut lancé lorsqu’Yves Chauvin aborda, plus loin, les perspectives 2013 et 2014. Il est alors revenu sur le choix qui fut fait cette année de donner la part belle, à l’instar de ce qui se fait en Allemagne et aux Pays-Bas, aux stud-books nationaux dans les épreuves jeunes chevaux de saut d’obstacles *, circuit fréquenté selon lui à 84 % par des chevaux de stud-books historiques SF et AA, à 7 % par des CS et OC, à 9 % par des chevaux d’autres stud-books. Yves Chauvin affirme avoir fait ses choix afin de respecter au mieux possible l’engagement politique (réserver au moins les finales aux chevaux français) pris avant son élection à la présidence de la SHF, tout en respectant la législation européenne, après consultation cet hiver de plusieurs cabinets juridiques. Il affirme « ne pas être bloqué », accepter le débat et rappelle qu’il compte faire le tour des régions prochainement pour débattre au plus près avec les éleveurs, propriétaires et cavaliers qui le souhaiteront.

François Lévy, qui vient donc d’assigner la SHF au tribunal (voir ici son argumentaire à travers la lettre ouverte qu’il avait adressée auparavant à la SHF, et ici la réponse qu’avait faite Yves Chauvin) a pu poser ses questions critiques, de même qu’Edouard Dewez, Philippe Martin (président de la FENECSO, Fédération des associations d’éleveurs régionales) et Arnaud Evain (président du GFE ; voir ici le texte qu’il a fait signer par la CSCCF (marchands de chevaux), l’ACSOF (cavaliers de CSO), la FENECSO, l’ASEP (étalonniers privés), l’ANAA (Anglo-arabes), l’antenne du stud-book AES et les Amis du Hanovrien).

En fin d’AG, François Moreau, Chef du service de la Forêt, de la Ruralité et du Cheval, a exposé la position du Ministère de l’Agriculture. Pour lui la SHF remplit deux rôles. Elle organise des circuits de formation, de valorisation et de caractérisation des jeunes chevaux. Et elle est la société-mère des chevaux de sport. Ce dernier point est important car il est « issu d’une volonté commune que la SHF soit l’endroit d’où se dégage la volonté de la filière et qui indique la direction. C’est important par exemple quand nous avons besoin de répondre aux questions que nous pose régulièrement l’Union européenne. Je n’ai donc pas à m’immiscer dans vos débats, mais je veux pouvoir attendre de la SHF qu’elle indique clairement la direction souhaitée par la filière ». Pour ce qui concerne les questions actuelles, François Moreau a confirmé avoir aidé la SHF à étudier l’euro-compatibilité du nouveau règlement, et avoir validé celui-ci. Petite réserve toutefois : le fait de réserver certaines épreuves ou championnats à non pas un seul mais deux stud-books (SF et AA, ndlr) « pose question. Nous faisons l’étude juridique afin que la bonne décision soit prise en 2014 ». François Moreau « refuse le terme de politique protectionniste, et préfère parler de recherche de compétitivité de la production française grâce à un outil spécifique (le circuit SHF, ndlr) efficace qui est menacé ». Il souhaite néanmoins « que la SHF propose pour 2014 un système qui soit largement consensuel, et euro-compatible. Aller vers quelque chose où chaque race créerait son propre circuit pour elle-même, avec des pertes d’économie d’échelle, ne me paraît pas envisageable ». A bon entendeur salut, de la part de celui qui détient (encore) une part non négligeable des subventions de fonctionnement. L’enjeu de la tournée d’Yves Chauvin en régions n’est donc pas mince.

*Rappelons qu’en 2013, année présentée comme une année de transition, seul le saut d’obstacles est concerné par les changements, et ce uniquement pour les CIR (concours interrégionaux, à mi-saison) et les finales. Lors des CIR et des finales de Fontainebleau, les chevaux issus de chacun des stud-books étrangers et les OC courront par stud-book, en fin d’épreuves après les SF et les AA. Pour ce qui concerne la dotation des épreuves (là encore, lors des CIR et des finales), le système des primes et surprimes, qui avantage les chevaux de races françaises, perdurera en début de saison, tandis que les textes européens (datant de… 1993) seront appliqués lors des CIR et des finales : 80% de la dotation sera répartie sur la totalité des chevaux partants quel que soit leur stud-book, et 20% (pourcentage en baisse par rapport à avant) sera réservée aux chevaux des stud-books SF et AA. Enfin et surtout, les classements « championnats », aux CIR comme à la Grande Semaine, seront réservés aux seuls chevaux des stud-books français, SF, d’une part, AA, d’autre part ; les chevaux étrangers ou OC (origine constatée) n’apparaîtront désormais plus dans les classements des championnats.

Emmanuel Jeangirard

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0Commentaires

PHILIPPE P | 23/03/2013 10:47
Sur l'ensemble des finales réservées aux jeunes chevaux, toutes disciplines confondues et en ajoutant les cycles libres, les chevaux autres que SF AA et Ar représentaient 25% des partants . Pour le dressage on passe à 87% de chevaux qui paieront les engagements les plus chers du monde pour recevoir des primes dérisoires!
Dépendre pour 45% de son budget de subventions aléatoires d'un seul organisme sans respecter un seul des critères d’éligibilité confine à l'aveuglement ou à l'inconscience.
C’est un peu comme vivre rue du Sentier, dans les beaux quartiers de Paris quand on n’a pas le sou ...Même l'UNIC y a renoncé!

Mr MOREAU parle des missions de formations de la SHF, mais qui dit formation dit formateurs et donc cavaliers professionnels.
L'observatoire de la filière "equiressources" rattaché à l'IFCE, a estimé à 1300 le nombre de postes de cavaliers professionnels nécessité par la filière, soit 43 cavaliers par an si l'on estime la durée de vie professionnelle moyenne d'un cavalier à 30 ans.
En dehors d’ organismes à caractère social, la formation en continu des cavaliers professionnels se résume à 7 ou 8 cavaliers par an au Pin et autant chez Pierre DEFRANCE, plutôt orienté vers le CCE.
Tous les professionnels estiment à 5-6 ans la durée de formation nécessaire pour former un cheval du débourrage au parcours de 6 ans.
Aucune formation continue ne dépasse actuellement un an !
Le coût est important (900 à 1000€ / mois hors hébergement et nourriture) et faute d'inscription du métier de cavalier professionnel au répertoire national des certifications professionnelles les régions n'accordent généralement aucune aide.

C'est sûrement la cause véritable, profonde, et durable des carences dans la valorisation de nos chevaux et des problèmes de commercialisation qui en résultent.
La FFE ne se penchera pas sur ce chantier. Les clubs n’en ont ni le temps, ni les moyens, ni l’envie, ni la compétence.

Seule l'action syndicale pourra agir sur la formation des professionnels.

Novatrice, structurante et limitée dans le temps, cette formation, contrairement aux actions sous perfusion permanente de la SHF, rentrera parfaitement dans les critères d’éligibilité du Fonds EPERON.
Ce dans dans l’attente de la reconnaissance officielle du métier de cavalier professionnel et du relais pris par les régions.

Ph. POPPE
tel 0681249940



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