Arnaud Evain : "un circuit moins cher, mieux doté, plus proche des cavaliers"
jeudi 04 avril 2019

Arnaud Evain
Arnaud Evain © Eric Fournier

Les votes en ligne pour l'élection du conseil d'administration de la Société hippique française se clôtureront le 12 avril. Arnaud Evain insiste, il ne se présente pas à la présidence de l'institution mais fait partie de la liste des propriétaires pour une "SHF recentrée", qui s'oppose à celle d'Yves Chauvin, candidat sortant qui se présente à sa succession. Le président du Groupe France Elevage et de l'agence Fences a répondu à nos questions et pris le temps de détailler la vision des listes sur lesquelles il se présente.

L'Eperon : Vous vous présentez dans le collège des propriétaire au sein de la liste pour une "SHF recentrée". Sur quelles missions voulez-vous que l'institution recentre ses efforts ? 

Arnaud Evain : La mission de maison mère du cheval de sport supportée par la Société hippique française est une fonction récente. Historiquement, le coeur de métier de la SHF est l'organisation de la formation et de la valorisation des jeunes chevaux. Ce coeur de métier n'a pas été délaissé, mais il faut y porter plus attention. Il faut organiser un circuit le plus proche possible des cavaliers, qui leur coûte le moins cher possible, et qui soit doté le mieux possible. Ça, c'est notre coeur de métier. 

Un coeur de métier que vous opposez notamment aux nouveaux services développés dernièrement tels que SHF Merket et SHF Video... 

Attention, je reconnais l'utilité de ces deux services. Faciliter la commercialisation est un des rôles de la SHF. Tout service entrepris dans ce sens est donc utile. D'autant plus que la vidéo sert non seulement à la commercialisation mais aussi à ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour voir évoluer leurs produits. Je ne reviens donc ni sur l'utilité de SHF Video, ni sur celle de SHF Market. Je pense en revanche que ce sont des activités que la SHF ne connait pas et des services qui nous coutent actuellement de l'argent parce que nous les traitons en interne. On pourrait confier ces services, avec un cahier des charges strictes, à des gens dont la captation et la diffusion video est le métier. Ce service deviendrait alors une source de recettes sans risque. 

Dans la profession de foi publiée par vos listes, il est écrit que la "recherche de financements diversifiés et pérennes" est un domaine d'action prioritaire. A quels financements pensez-vous et comment comptez-vous les mettre en place ? 

Dans un premier temps, bien que nous soyons dans une période d'incertitude, le rapport Arthuis insiste sur la préconisation de la pérennisation du Fonds Eperon. Aujourd'hui, le Fonds Eperon sert à financer et à doter les concours SHF en région, puisqu'il sert à financer des investissements à cette échelle territoriale. Il faut voir ce fonds de manière plus globale et qu'une somme soit dédiée annuellement aux dotations SHF ; que nous n'ayons pas à monter un dossier tous les ans pour réclamer quelques subventions. 

D'autre part, et c'est une des grandes différences entre l'approche d'Yvon et l'approche de nos listes, on constate que les circuits sont ouverts aux chevaux étrangers mais que ces chevaux sont ostracisés. Alors d'ailleurs qu'une bonne partie de ces chevaux étrangers sont nés en France, chez des éleveurs contribuables français adhérents à la SHF. Or cette ostracisation nous coupe d'une autre ressource, dont je ne prétends pas qu'elle est certaine, mais qu'on ne peut même pas essayer d'atteindre : les aides européennes grâce à l'organisation d'un circuit de formation international en France. Il y a une piste, je ne sais pas si elle sera fructueuse mais elle mérite d'être explorée. 

Pouvez-vous nous dire un mot des personnes présentes sur vos listes ? 

Concernant les propriétaires, je me suis délibérément mis en deuxième sur la liste de manière à n'être élu que si notre liste obtient une majorité de suffrages. Je suis secrétaire de la SHF depuis quatre ans, durée depuis lequel je tiens ce discours, mais je n'ai pas été entendu. Je ne le reformulerai donc que s'il est appuyé par une majorité de propriétaires. A mes côtés, il y a Olivier Jouanneteau, plus connu comme cavalier et Yannick Fardin, qui a une sensibilité d'éleveur. C'est un collège qui donne la voix aux gens directement en prise avec le terrain et qui, de part leurs nombreuses casquettes, ont des visions globales des circuits. Du côté des cavaliers, Alain Fortin est très actif dans sa région et connait très bien le fonctionnement de la SHF, Christian Hermon n'est plus à présenter et Pauline Paris, représente la jeune génération normande. Enfin, pour les éleveurs, avec Frédéric Lavoine, Claire Peuble et Mickael Varliaud, nous avons une représentation des différents types d'élevage et un maillage sur le terrain qui couvre beaucoup de territoires. 

Un mot de conclusion ? 

L'idée n'est pas de personnaliser des conceptions différentes, et je le redis, je ne suis pas candidat à la présidence de la SHF. Je suis plutôt un agitateur d'idées. Les gens qui seront élus sur nos listes ne seront pas là pour faire de la contestation mais pour porter les deux messages très clairs que nous avons : tendre vers un circuit plus ouvert, plus proche des acteurs et moins cher pour eux ; et externaliser dans la mesure du possible tous les services pour lesquels la SHF n'a pas un savoir-faire historique. 

Retrouvez la profession de foi des listes pour "une SHF recentrée" ICI

Retrouvez l'interview de Yves Chauvin, soutenu par les listes adverses, ICI