Yves Chauvin : "Nous avons augmenté les services et pris notre rôle de société mère"
jeudi 04 avril 2019

Yves Chauvin
Yves Chauvin © E.J

Après quatre ans à la tête de la Société hippique française, Yves Chauvin se présente pour briguer un nouveau mandat aux rênes de l'institution. Soutenu par les listes pour "une SHF au service de ses adhérents", il a répondu à nos questions, défendu son bilan et explique son projet pour l'avenir.

L'Eperon : La profession de foi des listes soutenant votre action insiste sur les nombreuses rencontres organisées régulièrement avec des représentants de l'État au sujet du financement de la Société hippique française. Quelles retombées exactement ces rendez-vous ont-ils eu ? 

Yves Chauvin : La chose concrète qui a découlé de toutes ces rencontres est le maintien du Fonds Eperon, alimenté par les courses et donc en péril depuis la crise des paris hippiques. Ces rencontres ont réussi à sauver ce Fonds Eperon, capital pour la SHF. Au final, la principale chose n’a pas été de faire mieux mais de réussir à conserver déjà l’existant. Ensuite à partir de ça, le deuxième travail que l’on a fait à l’occasion de ces réunions que nous avons eu un peu partout a été de sensibiliser le milieu général et l’Etat à l’élevage du cheval de sport, or le lobbying est un domaine où nous avions été absent depuis un certain nombre d’années. Ces rendez-vous ont finalement amené au rassemblement des acteurs de la filière et à la mise en place de la Gouvernance de la filière. Nous espérons que tous ces efforts porteront leurs fruits.

Vous insistez également sur la mise en place de nouveaux services et les bénéfices qui en découlent pour les adhérents, notamment avec SHF Video. Certains trouvent que ces investissements auraient été plus utiles dans d'autres domaines, que leur répondez-vous ? 

SHF Video a été un investissement au départ certes, quoique raisonnable, et le service va atteindre l’équilibre économique dès 2019. D’ici quelques mois, c’est un service qui ne coutera rien à la SHF. Il aura fallu tout juste un peu plus de deux ans pour arriver à l’équilibre financier puisque nous vendons nos images à l’étranger et que nous bénéficions d'une base d'abonnés. Je tiens à rappeler qu'avant, la video nous coutait entre 200 et 250 000 euros par an pour faire faire les images par des prestataires des privés. Aujourd'hui, nous faisons appel à des acteurs privés dans chacune des régions mais tout ça est dirigé et coordonné par une personne en particulier à la SHF. Vous savez, pour toute action, le gros du travail correspond toujours à la mise en place. Une fois mise en place, l’application ne nécessite pas de nouveaux investissements. Elle va cependant permettre de développer plus encore SHF Market. Maintenant que cette plateforme de vente est alimentée régulièrement en video, nous allons pouvoir la promouvoir à l'étranger, pour inciter nos voisins à venir acheter des chevaux français. 

Sous votre présidence, les engagements n'ont pas augmenté, et ont même baissé pour certaines catégories, mais quid d'une éventuelle augmentation des dotations ? Les cavaliers ne cessent de répéter qu'une saison de concours leur coûte de plus en plus cher... 

Ils ont raison, une saison coûte de plus en plus chère. Tout coûte de plus en plus cher. Et malheureusement, la somme d'argent à partager est de plus en plus petite.  On est parti d’un chiffre de 3,5 millions d'euros pour arriver à un chiffre de 3,1 millions d'euros aujourd'hui. Par ailleurs, la redistribution des engagements payent en partie les dotations, or le nombre de partants baisse, du fait de la baisse du nombre de naissances. Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas trop ressenti cette chute des naissances, les premières générations de baisse fouleront les pistes cette année. Il faut noter que le nombre de naissances fluctue énormément selon les régions et que la SHF, qui a un devoir de service public, se doit de couvrir de manière égal tout le territoire. Ces baisses de naissances et ces divisions géographiques doivent nous amener à repenser certains aspects de notre fonctionnement.  

Un mot pour conclure ? 

Contrairement à ce que j'entends régulièrement, les frais du bureau de la SHF n’ont pas augmenté, justement parce qu’on a internalisé beaucoup de services. On dépensait 250 à 300 000 euros par an en communication, nous faisions appel à des graphistes extérieurs, etc… En internalisant, nous avons certes augmenté notre masse salariale mais nous avons réduit les coûts à côté. Idem avec la video, qui est un service qui va s’équilibrer alors qu’avant il coûtait de l’argent. Globalement, on a considérablement diminué les frais de la SHF. Et dans le même temps, on a énormément investi pour l’élevage. Le fait qu’on nous ait donné la responsabilité de distribuer l’argent de l’Etat en nous donnant le rôle de société mère a donné énormément de travail. Maintenant, toutes les associations nationales de race, toutes les associations régionales d’éleveurs ont des comptes, de l’argent versé directement, ils peuvent prendre leurs cotisations sur internet… Ce sont des choses qui n’existaient pas avant. Nous avons augmenté les services, et c’est là où on a pu prendre notre vrai rôle de société mère

Retrouvez la profession de foi des listes pour "une SHF au service de ses adhérents" ICI

Retrouvez l'ITV d'Arnaud Evain, qui se présente sur la liste adverse, ICI