Coupe du Monde de Bordeaux : la bonne étoile de Jessica Burke
A tout juste 34 ans, l’irlandaise Jessica Burke remporte son tout premier Grand Prix 5* de sa carrière. Surtout, elle devient la toute première femme à remporter l’étape bordelaise en 46 éditions. Elle signe également l’unique double sans faute de cette difficile épreuve, privant Daniel Deusser d’une seconde victoire sur le circuit Coupe du Monde 2025/26. Aucun français n’a réussi à se joindre au quatuor de finalistes, le mieux classé étant finalement Julien Anquetin avec Beau de Laubry Z.
Le parcours signé Yann Royant, architecte en chef pour la première fois des pistes bordelaises, a ruiné pas mal d’espoirs, à commencer par ceux des français. Pas un seul sans faute parmi les douze représentants, de quoi nourrir une certaine déception avec notamment trois abandons (Ehning Flamingo avait décidé de ne pas coopérer avec Pénélope, Cédric Hurel a préféré jeter l’éponge, et Nicolas Sers a été sonné par le jury après que son airbag se soit déclenché suite à quelques acrobaties peu télégéniques). Vainqueurs hier, Donatello d’Auge et Julien Epaillard eurent la lourde tâche d’ouvrir l’épreuve, mais ne purent éviter deux barres. Finalement, les meilleures performances tricolores sont pour Julien Anquetin (et un Beau de Laubry Z toujours aussi acrobatique) et Kevin Staut (associé à l’inusable Visconti du Telman de Françoise Sanguinetti). Ils terminent tous deux avec une barre (9e et 10e).
Une finale à 4
Elle a bien grandi la « petite » Jessica depuis ses années poneys. Membre de l’équipe irlandaise poney entre 2006 et 2008 (médaillée de bronze par équipe 2007), la trentenaire partait en dernier dans un barrage à quatre. Le cadet de cette finale, Tom Schewe, a tenté sa chance avec sa toute jeune Congress Blue PS, 9 ans, qui disputait son premier Grand Prix 5*. La bouillonnante fille de Congress (Cornet Obolensky x Grannus) n’a pas démérité mais l’énergie perdue à s’agacer lui a manqué au barrage. Le compatriote de Tom, Daniel Deusser, montait Otello de Guldenboom, comme lors de sa victoire dans l’étape de Vérone. Malheureusement, le fils de Tobago Z (avec qui l’allemand a remporté ce même Grand Prix en 2019) a lui aussi loupé le coche, comme Yuri Mansur. Ce dernier, coach de Tom Schewe, déterminé comme jamais avec Vitiki (18 ans), a imité son élève en fautant à une reprise. Trois concurrents, trois parcours à 4 points…Jessica Burke savait ce qu’il lui restait à faire : un sans faute ! Conseillée par Denis Lynch, elle a mené son excellent Good Star du Bary à la victoire sans trembler. L’émotion était grande une fois la ligne d’arrivée franchie, face au public bordelais en liesse, et sa propriétaire Erica Nicholas.
Good Star du Bary, le petit crack de Marina Storgato
Cette victoire a décidément un parfum bien agréable. Car en plus de couronner une jeune femme talentueuse, elle offre au Selle Français un nouveau succès probant. Pourtant, le hongre gris n’a pas le physique de ses adversaires, avec son petit mètre soixante. « J’en avais acheté la moitié à l’éleveuse Marina Storgato quand il avait trois ans» raconte Olivier Guillon. Je travaillais déjà beaucoup avec elle à l’époque. J’avais eu un coup de coeur. Il toisait à peine 1,60m mais il avait un coup de jarret extraordinaire. Sur un petit oxer de 50cm de haut et 1,60m de large, je venais au trot et il faisait ça avec une facilité déconcertante. Je l’ai monté jusqu’à ses 6 ans, puis après ma blessure, il est passé sous la selle d’Inès Vesin. Nous l’avons vendu juste après le CIR des 6 ans. Je l’adorais. Il avait vraiment quelque chose de particulier, très courageux, avec une propulsion hors du commun. Il a trouvé sa cavalière, elle monte très bien. Ce n’est pas un cheval à coincer, il doit être monté avec une équitation latine comme elle le fait. »
La mère de Good Star, Rosée du Bary (Obéron du Moulin, sf), fut Très Bonne à 5 ans ISO 127. Sa grand-mère Perle Grise de Beaumont, bwp (Skippy II, sf) est la mère des étalons Viking du Bary (Hurlevent de Breka, sf), Très Bon à 4 ans, et Big Boy du Bary (Salto de l’Isle, sf). Il s’agit d’une souche belge où l’on retrouve notamment Axel de Beaumont (Oisif II, sf), gagnant à 1,60m.
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