Alimentation : la meilleure méthode pour affourager les chevaux en groupe
Les chevaux, herbivores, sont adaptés à une ingestion quasi continue de fibres, passant jusqu’à 16 heures par jour à s’alimenter en milieu naturel. Les pratiques classiques (2 à 3 distributions quotidiennes) peuvent nuire à leur santé digestive et à leur bien-être, favorisant ennui, stéréotypies et comportements agressifs, surtout en groupe. À l’inverse, un accès illimité au fourrage peut poser des risques de surpoids pour certains individus peu actifs.
Une étude menée par Agroscope et l’IFCE (présentée aux JSIE 2024) a comparé trois modes d’affouragement sur 18 juments réparties en quatre groupes : un mode « traditionnel » (3 repas de 2 h), un mode « fractionné » (6 repas de 1 h) et un mode « slowfeeding » (foin à volonté sous filet). Chaque méthode a été testée sur cinq semaines, après acclimatation.
L’objectif était de comparer deux systèmes restrictifs de même durée totale (6 h) mais organisés différemment, ainsi que leur comparaison avec un accès continu au fourrage.
Ralentir plutôt que découper
Le slowfeeding montre plusieurs avantages : les chevaux passent environ 70 % de leur temps à manger, sans frustration envers les filets ni incidents. L’agressivité pendant les repas est comparable au mode traditionnel, mais les interactions sociales positives augmentent, tandis que les blessures diminuent.
En revanche, les systèmes restrictifs entraînent davantage de comportements agonistiques, surtout au début des repas, phénomène accentué avec le fractionné. Hors repas, ces comportements restent similaires entre les deux méthodes. La lignophagie (grignotage du bois) apparaît avec le mode traditionnel mais pas avec le fractionné, suggérant un besoin insatisfait. Le fractionné réduit aussi le temps de repos couché, indicateur de bien-être, probablement en raison de la fréquence des distributions, notamment nocturnes.
Privilégier le bien-être
Les filets de slowfeeding, lorsqu’ils sont utilisés avec des chevaux déjà familiarisés à ce mode d’affouragement, permettent de se rapprocher du comportement alimentaire naturel des équidés. Ils contribuent à réduire les blessures, à apaiser les tensions sociales et à offrir une alimentation plus continue et sereine. À l’inverse, les modes restrictifs – en particulier le fractionné – tendent à augmenter frustration et conflits, probablement parce que les durées de repas obtenues sont insuffisantes au regard des besoins naturels des chevaux.
Ainsi, lorsque les installations le permettent, un accès prolongé au fourrage grâce au slowfeeding apparaît comme l’option la plus favorable pour le bien‑être des chevaux vivant en groupe.
Cette approche d’affouragement s’inscrit pleinement dans les recommandations du label EquuRES, qui encourage les pratiques améliorant à la fois le bien‑être équin et la durabilité des structures équestres. Le bien‑être animal et la protection de l’environnement sont aujourd’hui au cœur des attentes sociétales. En ce sens, le label EquuRES – dédié à l’environnement et au bien‑être animal – propose des solutions concrètes pour accompagner les acteurs de la filière : optimisation de la gestion de l’eau et de l’énergie, préservation des ressources et de la biodiversité, amélioration de la qualité des sols, de l’air et de l’eau, ou encore valorisation et recyclage des déchets.
Le slowfeeding, en contribuant à un meilleur équilibre alimentaire tout en favorisant une gestion raisonnée des ressources, s’intègre ainsi de manière naturelle dans la philosophie portée par EquuRES.