Championnat Cycle Libre 1ère année 4 ans : Little Cham Moulières, produit maison !
Le principe fondamental du circuit Cycle Libre de la SHF ne saurait trouver exemple plus probant de son utilité : proposer des épreuves adaptées aux cavaliers propriétaires afin de former progressivement leurs jeunes chevaux. Alors quand en plus, ils en sont les naisseurs… ! C’est le cas de Claire Maux, et de son Little Cham Moulières, les nouveaux Champions CL1-4 2025 ! lls ont devancé assez nettement Libertie (Stéphanie de Loynes de Fumichon) 2e et Lover du Faubourg (Fanny Carles) 3e.
Little Cham, un succès « Funky »
Soyons clairs, lors de cette finale, il y a eu lui et les autres. Dès le dressage, le hongre bai a survolé son sujet. 17.9 pts au dressage…personne n’a pu ne serait-ce que passer sous les 20 pts, donnant une idée de sa performance. Ajoutez à cela deux sans faute au cross et à l’obstacle, et vous obtenez une performance exemplaire. Un double motif de satisfaction pour sa cavalière et naisseuse Claire Maux. « Je possède des écuries dans le sud de la France, à Cournonterral, à côté de Montpellier, les Ecuries des Moulières, créées il y a 20 ans. Je suis cavalière de concours complet depuis vingt ans. J’adore préparer les jeunes chevaux. En plus, là, pour le coup, les faire naître, et les amener jusqu’aux finales, et jusqu’à l’international, c’est formidable. Little Cham est le fils de ma jument de concours, avec qui j’ai gagné deux étoiles il y a quelques années. Il s’avère être aussi bon, voire sans doute bien meilleur que sa mère. C’est vraiment un plaisir de l’avoir amené jusque-là, et d’avoir gagné de bout en bout. Vraiment, il s’est comporté de manière exceptionnelle. J’ai fait une très, très petite saison. Il n’a participé qu’à trois concours et a obtenu trois prix. Je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup sortir cette année. Il est plaisant, il fait ce qu’on lui demande. Il est gentil, il ne se pose pas de questions. Il est élégant, il a du sang. J’ai beaucoup de chance d’avoir ce cheval-là. Et là, il a montré tout le bien que je pense de lui, dans le sens où il a même progressé. Il a fait mieux que les trois autres concours précédents. Le plat, ça a été très simple. Il a beaucoup plu. En plus, je suis passée en premier, donc ce n’est pas forcément hyper valorisant. Mais il a sauté très, très bien. » Très satisfaite de son résultat, Claire Maux espère secrètement pouvoir accompagner son poulain encore quelques temps. « On ne peut pas tous les garder, il faut parfois les vendre pour leur trouver une bonne maison et voir ce qu’ils font par la suite avec leur cavalier. Lui, je pense que quand même, j’aimerais bien un peu le garder, voir à 5 ans ce qu’il va faire. »
Libertie, parfum de liberté pour une habituée
Impossible de compter de façon précise le nombre de fois où Stéphanie de Loynes de Fumichon (née Werthmann) a participé à l’une des finales SHF lors de la Grande Semaine de Pompadour. Et elle se contente rarement de faire de la figuration. Après trois chevaux en 2024, la vétérinaire de profession n’en a présenté qu’un cette année, ou plutôt une, l’élégante Libertie, qui lui offre un nouveau podium après sa victoire dans cette même finale en 2022 (associée à It Sadroc). Sa robe grise, elle l’a héritée de son grand-père maternel, l’international Adorado, dont elle a le style à l’obstacle et la très belle tête. De son père San Amour, étalon de dressage réputé, elle a gardé la locomotion. De quoi briller sur les rectangles ! « Je viens à la Grande Semaine depuis la génération des M, 2000 je crois » tente-elle de se souvenir. « Le Cycle Libre n’existait même pas à l’époque ! J’ai du louper une édition lorsque j’étais enceinte de mon petit garçon mais c’est tout. En général, je monte soit des poulains que j’ai achetés à partir de six mois, soit que j’ai fait naître. J’adore les acheter quand ils sont encore au pré. Libertie est une très belle jument, grande et pas du tout finie, qui n’est pas du tout prête. Pour une fois qu’ils ont arrêté la NEP, alors que là, j’en avais vraiment besoin ! (rires) Du coup, je suis partie en Cycle Libre parce que c’était le week-end. Et donc, ça m’a évité de prendre des jours de congé sur la semaine de boulot. » Cette grande jument est le deuxième produit de Farah Dibah SV, cette KWPN par Adorado que montait Stéphanie au niveau international (ICC 150). Le premier, Kookaï (Cher Epoux, sf). « Je l’ai vendue à l’été 2025 et elle a participé à la finale Cycle Libre 2e année 5 ans avec sa nouvelle propriétaire, Maïté Durand » dit-elle. « Elle est vraiment prometteuse, il faut lui laisser le temps pour avancer. Elle a pris les qualités de la mère avec le chic du père qui est dans la lignée des Sandro Hit. C’est un choix quand même un peu particulier car c’est quand même un étalon de dressage à l’origine. La première fois, j’avais mis sur ma poulinière du pur-sang via Cher Epoux et elle m’a sorti un poulain typé pur-sang. Le deuxième coup, je voulais avoir un produit noir avec un cheval de dressage. Et j’aime beaucoup la lignée Sandro Hit parce qu’il ne détériore pas. Et la petite histoire, c’est que ma monitrice qui est avec moi tout le temps avait une jument de dressage. Et moi, je devais inséminer ma jument avec du Sandro Hit. Et elle, avec San Amour. Et en fait, nous nous sommes plantés dans les doses. Comme quoi, ça arrive même aux meilleurs, même aux vétérinaires ! (rires) Je n’ai pas fait gaffe. J’ai sorti les paillettes. Et pour moi, le bleu, c’était Sandro Hit, et le vert, c’était l’autre. C’était le fil rouge sur le bouton rouge. Et du coup, elle était pleine. » Cette petite erreur à la conception n’a pas du tout découragé Stéphanie. « Elle avait pris San Amour pour plus typer dressage. Je ne regrette pas parce que c’est vraiment très bien sorti. Elle n’est pas lourde, avec des rayons et une classe de galop qui correspond à la jument de complet. Après, à 4 ans, on ne peut pas les juger. Pour l’instant, elle est timorée. C’est son troisième parcours, c’est un peu tôt pour dire qu’elle va se libérer. » La Berrichonne est tellement ravie de sa protégée qu’elle envisage de pratiquer un transfert d’embryon dès l’année prochaine. De quoi envisager le futur en toute tranquillité.
Lover, l’amoureux du Faubourg de Fanny Carles
Chaque année, sans bruit, l’élevage de Patricia et Luc Rappe voit ses produits participer aux différentes finales SHF. Pas une saison sans que les poulains ‘du Faubourg’ ne s’illustrent à Pompadour. Après Islam du Faubourg (Airborne Montecillo, sesf), 3e du Championnat Cycle Libre 3e année 6 ans 2024, Fanny Carles a emmené Lover du Faubourg lui-aussi sur la troisième marche du podium. Propriété de la Garde Républicaine comme son voisin de pré, Lover est un fils de Doker de Maucourt, sf (Kannan, kwpn), finaliste à 4/5-6 ans (Très Bon puis deux fois Excellent), un étalon exclusivement utilisé par son naisseur Jean Albert Louis et la famille Rappe, et valorisé par Benjamin Ghelfi. La souche maternelle de Lover remonte à Eros de l’Anger, sf (Livarot, sf), née chez le Dr Patrice Voirin, dans la Haute Marne. Elle donna quatorze produits au couple Rappe, dont un certain Neros du Faubourg (Socrate de Chivré, sf) ICC 150 sous la selle de Régis Prud’hon et Mathieu Lemoine. Comme Islam auparavant, Lover a donc été confié à Fanny Carles, et devrait poursuivre sa carrière sportive tout en restant au service de la Garde Républicaine.