Candy de Nantuel bientôt disponible en frais

Xavier Boudon 18 avril 2026

C’est le scoop révélé par Arnaud Evain et Brice Elvezi lors de la journée de présentation d’étalons organisée samedi 18 avril au Haras de Tamerville, dans la Manche. Sous le soleil, douze sires du GFE et deux de la famille Brohier ont défilé dans une ambiance conviviale devant une centaine de personnes. L’occasion de dresser un premier bilan de ce début de saison avec Brice Elvezi, directeur du GFE.

Depuis combien de temps organisez-vous ces présentations ?

C’est la troisième année consécutive chez nos partenaires hébergeant certains de nos étalons. Nous avons pour habitude de participer à celle chez Denis Hubert à Saint-Lô, depuis l’aventure Contendro il y a dix ans environ. L’année où j’ai eu mon accident, il y a trois ans, est celle où on a eu la chance de recruter Casago et Black Jack DK qui avait 5 ans à l’époque. Nous avons alors voulu les mettre en avant. Nous avons donc proposé un événement auquel nous avons demandé à nos partenaires de venir avec deux de leurs étalons, pour un moment plus personnalisé. Je crois que c’est important en complément de Saint Lô. Le salon sert de locomotive, de ‘booster’ en début de saison, mais la foule nous rend moins disponible pour les personnes souhaitant que nous leur consacrions du temps. Un moment comme aujourd’hui nous permet d’aller au contact des éleveurs. Cela demande un fort engagement de la structure qui nous accueille, et nous sommes vraiment reconnaissants envers nos hôtes et les étalonniers participant, Yannick Fardin, Raphaël Dulin et Fabrice Paris.

Vous êtes parvenus à faire venir Don’t Touch Tiji Hero. Comment cela a-t-il été rendu possible ?

Nous avons longuement discuté avec ses propriétaires. Il fait partie des nouvelles stars du catalogue, et on note un fort engouement. Jusqu’à présent, il était disponible dans des conditions pas toujours simples. Nous avons réussi à convaincre ses Tim Van Tricht et Jill Smits, et leur montrer l’intérêt de travailler avec nous. Il a déjà honoré 70 contrats, ce qui est cohérent avec son statut d’étalon pères de gagnants internationaux (il est notamment celui du phénomène de Christian Ahlmann, Dourkhan Hero Z, ndlr). A un moment, nous nous sommes demandés si ce n’était pas le Diamant de trop au pays des Diamant. Mais sa particularité est d’être le savant mariage entre le SF et le Holstein, un croisement qui a toujours bien marché. Cette année, il est disponible en semence congelée à raison de neuf paillettes, avec solde payable au poulain vivant, contrairement à avant.

Comment se passe ce début de saison ?

Nous avons mis en place des actions commerciales qui ont bien marché au moment du Salon des Etalons. Nous avons même enregistré un record de signatures de contrats. Mars a été un peu plus calme, ce qui nous a permis d’absorber février qui a été très compliqué. Maintenant, les beaux jours arrivent, les étalons sont disponibles en frais, notamment les jeunes qui ont terminé leur cursus sportif. C’est le cas de La Tour du Rouet qui est disponible en frais depuis le 30 mars.

La Tour connaît-il un certain engouement ?

Oui, c’est le n°1 cette saison. C’est une success story. On a cassé notre tirelire. On ne nous a pas vus arriver, certains ont été étonnés mais positivement. Tous étaient convaincus que le cheval avait quelque chose de particulier. Cela s’est traduit par de nombreuses demandes. Sa saison sportive est terminée. On a accepté qu’il parte au Sunshine Tour quinze jours, c’est un budget énorme. Nous avons fait cet effort pour gagner du temps ensuite. Il a un mental extraordinaire. Il a acquis une belle expérience en allant là-bas. Il reste un grand bébé qu’il faut continuer d’assouplir et dresser. Le but était aussi que Pénélope prenne ses marques avec lui. Maintenant il profite de vacances méritées après six mois de travail. Il est disponible uniquement en frais. Nous avons arrêté le réfrigéré et le congelé car nous n’arrivions pas à suivre la demande.

Comment vous êtes-vous remis de la crise de l’artérite virale ?

Nous avons vécu une période très difficile cet hiver. Nous n’avons rien voulu dire car finalement cela ne regarde personne. Nous avons eu près de dix chevaux contaminés, plus de 50 % des chevaux touchés nous appartiennent. Nous avons été les plus impactés. Ce n’est pas fini. Mais nous avons reçu une excellente nouvelle aujourd’hui.

Quelle est cette nouvelle ?

La dernière analyse du prélèvement sur Candy de Nantuel, revenue aujourd’hui du laboratoire, est négative. Nous allons procéder à une seconde la semaine prochaine pour être sûrs, et nous allons le suivre quelques semaines. Si le test est bon, nous le remettrons en route. C’est l’étalon n°1 en France et peut-être même au monde. Il y a eu Ermitage Kalone, et aujourd’hui les éleveurs veulent Candy, beaucoup à l’international en Allemagne, Pays-Bas, Belgique. Ce n’est pas la première fois que ça nous arrive. Nous avons eu le cas avec Itoki de Riverland il y a quatre ans, nous n’avons rien dit à l’époque. Nous l’avions découvert sur le tard, et quand nous nous en sommes aperçus, il s’était déjà blanchi tout seul. Cela ne l’a pas empêché de réussir au haras.

Candy est-il lui aussi porteur du gène identifié comme facilitant le blanchiment spontané ?

Oui, comme Latino Gos. Cela reste un outil, mais ce n’est pas une vérité absolue. Candy a mis six mois à se blanchir, alors que Latino a mis à peine quatre mois. Est-ce lié à son âge ? On ne sait pas.

Où allez-vous le stationner ?

Il va revenir au Haras de Tamerville la semaine prochaine pour refaire des tests. En attendant, il est en vacances à Utah Beach, et il va trois à quatre fois par semaine à la plage. C’est une vie rêvée ! Ensuite, il sera proposé aux éleveurs en Normandie où il assurera la monte en frais et nous le congèlerons aussi pour satisfaire les demandes (il a déjà couvert plus de 200 juments en 2026, ndlr). Il produit de manière assez spécifique mais qu’on ait un petit ou un grand Candy, tous les éleveurs sont plutôt contents du résultat.

Crédit photo à la une: Don’t Touch Tiji Hero (photo : Xavier Boudon)