Vente aux enchères judiciaire : des paillettes ‘collector’ sous le marteau
Lundi 27 avril à 14h30 débutera une vente aux enchères pas comme les autres. 133 lots composent le catalogue proposé par Balsan Enchères, dont 126 sont des paillettes d’étalons. Organisée suite à une saisie sur les actifs de The Stallion Company dans le cadre d’une condamnation, cette opération s’annonce comme inédite.
Tout le monde en parle depuis l’annonce publiée lundi 20 avril. Pourtant, peu de gens savent réellement ce qui se cache derrière cet événement exceptionnel par son ampleur et la valeur génétique qu’elle représente. Il s’agit en réalité de l’énième épisode du feuilleton judiciaire opposant le Groupe France Elevage à The Stallion Company. Voici quelques années maintenant, le GFE a acheté Kannan (aujourd’hui chef de race mondial) à son propriétaire d’alors, Kenneth Rehill, fondateur de The Stallion Company. D’abord à hauteur de 70 % puis en totalité. Entre temps, le GFE a convenu avec son partenaire de procéder à un prélèvement de cellules sur le fils de Voltaire, destinées à être conservées pour éventuellement, produire un clone. Puis, un jour, le GFE a appris que sans les prévenir, The Stallion Company avait confié à une société spécialisée la production d’un clone du crack étalon. Le fautif a finalement été condamné à restituer la ‘copie’ et à indemniser le GFE. Faute d’être payé, ce dernier a choisi de demander la saisie des biens de la partie adverse, résultant en la vente aux enchères judiciaire de lundi prochain.
Avis aux collectionneurs !
Les amateurs de génétique de premier plan vont se régaler. Action-Breaker, Cumano, Larino, et même Galoubet A, Concorde, Sable Rose…il y en a pour tous les goûts ! Mais avant de se laisser happer par l’euphorie, il semble important de rappeler plusieurs points.
S’agissant d’une saisie, aucune garantie n’est offerte quant à la qualité des lots proposés. Des tests de mobilité ont été réalisés sur des paillettes choisies au hasard dans chaque cuve par la société Equitechnic afin de vérifier que la chaîne du froid n’a pas été rompue. Mais cela ne garantit pas que toutes les paillettes ont bénéficié de cette bonne gestion. La surprise peut donc s’avérer bonne comme mauvaise, comme lors de toute vente sur saisie.
Par ailleurs, les paillettes sont vendues sans restriction d’utilisation…mais également sans certificat sanitaire, empêchant de les exporter (par exemple en Italie pour réaliser des ICSI).
Enfin, sans preuve de l’origine des paillettes, il est impossible de savoir si celles-ci appartenaient réellement au débiteur ou plutôt à des tiers. Il est donc tout à fait possible que des tiers revendiquent la propriété de certains lots, mais a priori, s’ils souhaitent faire jouer ce droit, ils devront le faire avant la vente et non après l’adjudication. « En tant que distributeurs exclusifs d’Action-Breaker en France, nous avons été informés par le commissaire priseur » raconte Richard Levallois. « On nous a expliqué que les propriétaires des étalons, comme la famille Moya pour Action-Breaker, seront prioritaires sur les lots concernés et pourront acheter sans frais. » Le normand est également concerné par un lot de Rock’n Roll Semilly, très probablement issu d’invendues. De son côté, le GFE a prévenu Ludger Beerbaum de la présence de paillettes de ses étalons Chaman, Coupe de Coeur ou encore Zinedine. « Cette vente a lieu sous notre impulsion et nous espérons en tirer une petite partie de la somme qui nous revient » explique Arnaud Evain. « L’affaire du clone a été jugée et est en voie de résolution » ajoute-t-il. Celui-ci s’appellerait ‘Kannaï’ et aurait débuté les concours en Angleterre cette saison à l’âge de 6 ans. En attendant, le GFE compte racheter les 207 paillettes de l’original, Kannan, produites par The Stallion Company lorsqu’elle en était encore propriétaire.
- Catalogue de la vente : CLIQUEZ ICI.