Championnat Pro Elite : Claude Astier porté au sommet par Himalaya
A seulement 9 ans, Himalaya du Temple a montré qu’elle avait tout pour rivaliser avec ses aînés. La fille de Toulon a bouclé le parcours de la chasse de ce Championnat Pro Elite sans toucher une barre, offrant à son cavalier Olivier Perreau la première place au provisoire. Claude Astier, son propriétaire, éleveur à ses heures (affixe ‘Sauvageonne’), savoure ce succès à sa juste valeur.
Installé à Arnas sur le Domaine de la Sauvageonne, aux portes du Beaujolais, Claude Astier a quitté momentanément son centre équestre (où se tient ce week-end un CSO poney) pour venir soutenir sa jument Himalaya du Temple. « Je suis très heureux d’être propriétaire de cette jument qui m’apporte beaucoup de satisfaction » confie le septuagénaire. « C’est une pouliche que j’ai achetée à 18 mois chez Guy Martin, à St Martin du Mont, dans l’Ain. Mon fils Patrice l’a montée à la maison à 4 et 5 ans, de même qu’Adrien Trouiller en épreuves. Puis Claude Perreau, le papa d’Olivier, est venu me voir. Il m’a dit ‘tu devrais confier ta jument à Olivier. C’est une super jument, c’est une crack, crois moi !’ Donc je me suis laissé tenter par l’expérience, que je ne regrette pas, bien entendu. » Fin 2023, à 6 ans, la baie a ainsi rejoint le piquet du ligérien. « Ça s’est super bien passé, tellement que j’ai eu beaucoup de demandes, bien entendu. » En fin d’année de 7 ans, elle se classe sur 1,40m en CSI2*. La saison suivante démarre aussi bien au CSI4* de St Tropez avec plusieurs classements sur 1,45m, puis la consécration sur les mythiques stades équestres de La Baule et Aix-la-Chapelle. « Il y a quelques temps, j’ai fait le plus beau voyage de ma vie à Abu Dhabi, où la jument s’est classée. Je vis un rêve actuellement. J’espère qu’il va durer un petit peu…c’est le rêve de la famille Astier. »

« Elle a tous les moyens »
En plus de gérer et animer un important centre équestre, Claude Astier élève. « Olivier n’est pas partisan de faire des poulains avec Himalaya, tant qu’elle est en forme. Il préfère ne pas la dérégler. Mais j’ai par contre acheté à Guy Martin sa propre sœur, Grandeur du Temple, que j’utilise en ICSI. J’ai eu des embryons de United Touch S, dont deux bons poulains née récemment. Cette année, je vais mettre en route deux embryons de United Touch S et Balou du Reventon. Ce sont deux chevaux que j’adore. » Loin de mettre tous ses œufs dans le même panier, Claude Astier diversifie ses souches. « J’ai acheté deux poulains à Olivier Perreau issus de ses bonnes mères. Donc, l’avenir devrait s’annoncer un petit peu rose…voire très rose. L’élevage, c’est de l’espoir. Il y a 50 ans que j’élève. J’ai eu la chance d’aller à Aix-la-Chapelle déjà avec Mylor Sauvageonne et mon ami Hubert Bourdy, de beaux souvenirs. »
Avec une dizaine de poulinières, Claude Astier s’est progressivement ouvert à la génétique européenne comme l’atteste l’achat d’Himalaya, fille de Toulon, l’étalon révélé par Hubert Bourdy, justement. « Il y a 23 ans que nous sommes installés au domaine de la Sauvageonne. J’ai la chance de travailler avec mes deux garçons, Patrice et Cyril. On a 450 licenciés, et on organise 23 concours par an. Mon épouse n’est pas là, parce que la semaine passée, nous avions 810 cavaliers inscrits, et cette semaine 240. Ce n’est pas souvent que je prends le temps de venir voir mes chevaux. C’est pour ça que j’en profite. A 76 ans, je ne fais plus ‘que’ 70 heures par semaine ! L’important, c’est d’être bien dans sa tête. » Sans pression, Olivier Perreau construit pas à pas ‘sa’ jument. « Il a une totale confiance en elle, il l’adore. Il dit qu’elle a tous les moyens. ‘il faut la garder’ me dit-il tout le temps. J’en profite, elle a déjà rempli son contrat. Demain sera un autre jour. »