Championnat Pro Elite : sur un hard rock, Julien Epaillard et son ‘Queen’

Xavier Boudon 25 avril 2026

Le Normand a attendu 48 ans pour enfiler l’écharpe tricolore de Champion de France Pro Elite. Fautif lors de la chasse mais très rapide, Julien Epaillard a su tirer le meilleur de son 9 ans Hard’Rock Queen HJD pour s’imposer devant Cédric Hurel et la jeune Inès Joly. Un sacre logique pour celui qui vise cette année la sélection au Championnat du Monde.

Il faut remonter à 1998 pour retrouver la trace de la première participation du Cherbourgeois au Championnat de France Pro Elite, alors appelé Championnat 1ère catégorie. Il montait alors l’étalon des Haras nationaux Arpège Pierreville (Uriel, sf). Vingt six ans à patienter pour finalement s’imposer sur le terrain du Grand Parquet avec un cheval descendant de la souche maternelle de sa fabuleuse Etoupe II (Quidam de Revel, sf). Né chez Céline Baron, Hard’Rock Queen HJD est un hongre par Lauterbach, l’étalon de Christian Baillet qui évolua sur la scène internationale sous la selle de Philippe Rozier. Il rejoint le club fermé des chevaux de 9 ans ayant atteint ce niveau d’épreuve, à l’instar d’un certain Donatello d’Auge. Le fils de Jarnac fut lui aussi révélé par Julien à 9 ans lors du CSI3* de Saint-Lô avant de réaliser la carrière qu’on lui connaît (vainqueur de la Coupe du Monde 2025).

Une dernière manche exigeante…

…mais fairplay pour les chevaux. Les parcours dessinés par Yann Royant ont apporté leur lot de rebondissements, de déceptions et d’heureuses coïncidences. A la reconnaissance, les difficultés débutaient très tôt avec une ligne courbe 2/3/4 qui obligeait les cavaliers à soigner leurs abords, puis une seconde ligne – interminable ! – 6/7 rivière/8 vertical/9 où comme souvent, la rivière non barrée fit des dégâts. Marc Dilasser s’en souviendra sans doute quelques temps, victime d’une chute sans gravité avec son facétieux Giulio du Ter. Le triple n°11 aux teintes pastels ne posa finalement pas de problème, mais le gros oxer final n°13 demandait aux chevaux un ultime effort que certains ne purent fournir.

La seconde manche de ce Championnat version 2026 comportait dix obstacles dont un triple et suivait un tracé totalement inédit. Seuls cinq couples ont réussi le double sans faute aujourd’hui. Une performance qui offre à Edward Levy et son intéressant Griss de Kerglenn (Cristallo, westf) la plus belle remontée au classement (40e après la chasse, 6e au final). A l’inverse, après une première manche réussie, Dylan Levallois n’a pu concrétiser en deuxième manche avec Brasilia de l’Abbaye (Ugano Sitte, sbs), une fille de la prolifique La Mare (Apache d’Adriers, sf). La plus forte impression a été laissée par Grand Duc du Paradiso (Vagabond de la Pomme, sbs), l’étalon de Sara Brionne. Il signe deux tours avec une aisance exceptionnelle, confortant les éleveurs qui lui ont déjà fait confiance. Le couple termine 4e. Une autre jeune femme a brillé durant ces deux jours : Inès Joly. La ligérienne montait Come On Z, un fils de Comme Il Faut qu’elle a acheté il y a deux ans et qui lui permet d’envisager l’avenir avec sérénité. Champions de France en 2024, Cédric Hurel et Fantasio Floreval Z (Florian de la Vie, bwp) ont couru après un second titre…mais le retard enregistré lors de la chasse les oblige à se contenter de la médaille d’argent. Avant-dernier à s’élancer, le n°2 français (et n°8 mondial) a signé un modèle de parcours, tout en fluidité. Son Hard’rock Queen HJD (Lauterbach) a déroulé, plaçant le normand en bonne place pour le podium…et mettant la pression sur le leader provisoire. Olivier Perreau, cavalier partenaire de GL events Equestrian Sport, ne put éviter une faute de son excellente Himalaya du Temple (Toulon, bwp), synonyme de 5e place finale. Epaillard / Hurel / Joly, un trio inédit pour un Championnat Pro Elite très réussi, face à un public fourni et enthousiaste…quel bonheur !

Crédit photo à la une: Championnat Pro Elite 2026 : Cédric Hurel (argent), Julien Epaillard (or) et Inès Joly (bronze). Photo : Xavier Boudon.