West Nile : le RESPE appelle à la vigilance

Xavier Boudon 28 mai 2026

A la faveur du changement climatique, le virus du West Nile poursuit sa progression vers le nord. Détecté mi-avril en Haute-Corse, il vient d’être repéré en Ile-de-France. Les fortes chaleurs précoces favorisent la multiplication des moustiques, vecteurs de cette maladie à l’origine de troubles neurologiques chez le cheval.

Jeudi 28 mai. Le RESPE (Réseau d’Epidémio-Surveillance en Patrologie Equine) alerte l’ensemble des acteurs de la filière équine. En cause, le retour du virus du West Nile dans l’Hexagone jusqu’en Ile-de-France. Sans être alarmiste, le RESPE préfère prévenir que guérir puisque cette maladie ne dispose pour le moment d’aucun traitement. Petit rappel de ce qu’est le West Nile.

Une maladie vectorielle

Les oiseaux constituent le réservoir principal. En les piquant, les moustiques deviennent des vecteurs qui, en piquant ensuite les chevaux, leur inocule le virus. Le cheval est un cul-de-sac épidémiologique, ce qui signifie qu’un cheval atteint ne peut contaminer directement un autre cheval ou même un être humain. L’intervention du moustique est donc bien indispensable dans ce cycle de contamination.

Des symptômes parfois discrets

La grande majorité des équidés touchés n’expriment pas ou peu de symptômes, tout au plus une légère hyperthermie passagère. Néanmoins, dans les cas plus graves, on observe des troubles neurologiques, une altération de l’état général, qui peuvent déboucher (rarement) sur un décès. Ce sont les premiers signes d’atteinte neurologiques qui doivent inquiéter tout propriétaire ou professionnel : changement de comportement, abattement, tremblements musculaires, démarche anormale avec difficultés à se déplacer, faiblesse dans l’arrière-main.

Vacciner pour protéger

Contrairement à certaines maladies, nous disposons d’un vaccin contre le West Nile, permettant de faire de la prévention dans les zones à risque. Sans empêcher la contamination, le vaccin réduit les formes cliniques graves. Ce geste doit être réfléchi avec le vétérinaire traitant en fonction de différents paramètres (zone géographique, présence du moustique, niveau de circulation virale, mode de vie des chevaux). Toutefois, des gestes quotidiens permettent de limiter les risques : éviter l’eau stagnante (pensez aux abreuvoirs trop remplis et vidés trop peu souvent…les larves s’y développement à grande vitesse!), entretenir les pâtures, rentrer les chevaux aux heures de pointe des moustiques (lever du jour et coucher de soleil), utilisation de répulsifs.

La période de surveillance accrue s’étale de mai à novembre, là où les moustiques sont les plus nombreux. Il est donc demandé aux professionnels et surtout aux Vétérinaires Sentinelles du RESPE, au-delà de la prise en charge rapide de tout cas suspicieux, de le signaler au RESPE et à la DD(ETS)PP. Car en effet, le West Nile est une maladie réglementée à déclaration obligatoire. Le dernier cas recensé remonte au 16 avril dernier en Haute Corse.