Hermès Gem, l’héritier de Vagabond de la Pomme
Parfois, l’existence réserve des événements fortuits. Alors que son illustre père disparaissait, le jeune Hermès Gem se voyait propulsé sur le devant de la scène. Confié à Marlon Modolo Zanotelli depuis fin 2025, l’alezan poursuit son apprentissage sur le niveau 1,45m/1,50m qu’il découvre depuis peu. Le brésilien nous parle de son nouveau partenaire.
Comment s’est faite la rencontre avec Hermès Gem ?
Il n’est pas depuis très longtemps avec moi. Nous avons participé à quelques concours au début pour se connaître un peu, des épreuves 1,35m surtout. C’est un cheval avec beaucoup de potentiel, beaucoup de choses à apprendre quand même encore, beaucoup d’expérience à prendre. Il a commencé à sauter un peu plus haut maintenant. Le Saut Hermès en mars était mon premier gros concours avec lui. C’est une ambiance un peu difficile pour les chevaux, mais lui gère ça très bien. Il est vraiment incroyable sur ce plan. À Opglabbeek en février, dans le CSI3*, il s’est classé dans l’épreuve des Sires of the World. Je suis très content de pouvoir le monter.
Comment avez-vous rencontré ses éleveurs et propriétaires, la famille Mégret?
Enda Carroll, dont je suis partenaire via Ashford Farm, voulait essayer Firefox Gem que je montais. Finalement, on a établi un partenariat autour de ce cheval. Je l’ai monté un peu et il a été vendu après Shanghai l’année passée. C’était une super histoire. C’est à ce moment-là que nous avons vraiment commencé à travailler ensemble avec le Haras de Clarbec. Ensuite, je leur ai demandé Hermès, parce qu’on savait qu’il sautait toujours magnifique. Un jour, ils ont décidé de me l’envoyer pour que je l’essaie et voir ce que ça donnait. Ils m’ont dit « le mieux, c’est que tu le travailles un peu chez toi. Tu le gardes quelques jours pour voir ton sentiment dessus ». Ce sont de vrais gens de chevaux qui connaissent leurs poulains. Ils m’ont dit « Un essai ne va pas te permettre de savoir si tu peux faire un bon travail avec ou pas. » Et c’était vraiment ça. On a travaillé, on a pris notre temps avec le cheval, et c’était, je pense, un bon match. J’ai un bon feeling avec lui.
Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes dit tout de suite qu’il avait du potentiel ? Quelles qualités lui avez-vous trouvées ?
Tout est facile pour lui. Il a une qualité de galop, il a une souplesse dans son corps, beaucoup de moyens. J’ai le sentiment qu’il pousse beaucoup. Il est respectueux. Ce n’est pas un cheval qui a une mauvaise technique. C’est un cheval plutôt complet. C’est sûr qu’il a beaucoup de choses encore à apprendre. Il y a des aspects techniques dans les parcours qu’il doit mieux maîtriser. Et ce n’est pas vraiment à la maison qu’on peut l’éduquer. Il faut entrer en piste, sauter, faire des erreurs et des bons parcours. Et comme ça, il arrivera à progresser vers le haut niveau.
Comment était Hermès Gem lorsque vous avez pris les rênes ?
Il avait déjà sauté quelques bonnes épreuves déjà en France. Il y a beaucoup de chevaux venant de France qui sont bien éduqués, qui ont beaucoup sauté. Donc le but est de continuer ce travail. Et pour moi, ce que je cherche avec tous mes chevaux, c’est de progresser dans le travail sur le plat, qu’ils soient plus éduqués, plus dressés, pour les amener à progresser et exprimer leur potentiel. C’est un peu l’idée avec lui parce qu’à la fin, les chevaux ont du talent.
Croyez-vous qu’il peut encore montrer plus que ce qu’il montre déjà ?
Oui, j’en suis persuadé. Il a besoin de mieux comprendre les lignes techniques. Parfois, il entre dans un double en faisant un gros saut parce qu’il a beaucoup de moyens, mais il se retrouve trop court ensuite. Il faut qu’il apprenne, et qu’il fasse des erreurs comme ça, car c’est très important pour sa carrière, ça l’oblige à réfléchir. Il est très intelligent, donc ça l’aide à progresser.
Avec ses propriétaires, est-ce que vous discutez et débriefez après les épreuves ?
Les propriétaires sont très impliqués. C’est bien parce que ça leur donne la motivation aussi, parce qu’ils sentent qu’ils font partie de l’aventure. C’est important aussi de raconter comment se déroulent les épreuves. Et quand il y a un bon ou un mauvais parcours, c’est plus facile d’expliquer ce qu’il s’est passé. Ils sont très proches de leur cheval, et pour moi, c’est vraiment super, car ce n’est pas le cas avec tous.
Est-ce que le fait qu’il soit étalon change quelque chose dans sa gestion quotidienne ?
Il est très très très tranquille. Je pense aussi que cela est dû un peu à son éducation J’ai eu de la chance dans ma carrière avec Grand Slam VDL, Rock’n Roll Semilly, ils étaient tous vraiment tranquilles. Ils sont intelligents, ils savent à quel moment ils doivent travailler.
Comment gères-tu sa saison ?
L’idée avec les jeunes comme lui est toujours un programme à long terme. On ne vise pas de résultat particulier cette année. On pense vraiment que le cheval peut avoir le potentiel de faire quelque chose d’important. Donc on réfléchit sur le long terme. L’idée, c’est de le garder encore un peu et de voir jusqu’où il peut aller.