Lamotte-Beuvron : zoom sur les champions As Elite 2026 !
Au terme d’un caniculaire week-end de juillet 2026, une nouvelle génération de champions a été consacrée dans l’arène du parc équestre fédéral à Lamotte-Beuvron. Arrêtons-nous un instant, avec un regard d’éleveur, sur les poneys qui se sont imposés dans les trois disciplines olympiques, au niveau As Elite.
C’est la Français de Selle Décibelle Bautheac qui remporte le titre en saut d’obstacles, à l’issue d’un championnat particulièrement disputé et sélectif. Elle est née chez Amandine Cabrol Merle à Montélimar dans la Drôme. C’est une fille du Selle Français Originel Koro d’Or (Elf d’Or x Micko Platière) né au sein du célèbre élevage breton d’Hubert et Charlyne Lebrun. Ce joli cheval bai, de taille intermédiaire (1,64 m), est aujourd’hui passé dans l’oubli mais il a eu, en son temps, une carrière tout à fait remarquable sous la selle de Michel Robert. Notamment vainqueur du célèbre derby du CSIO5* de La Baule en 2007, ce compétiteur véloce et courageux n’a malheureusement pas trouvé au haras le succès que ses performances auraient pu lui assurer. Sur ses 88 produits, seule une dizaine d’entre eux s’est illustrée correctement, avec des indices compris entre 120 et 140. Ce sont définitivement ses quelques produits de taille poney qui perpétuent le mieux son souvenir : outre Décibelle Bauthéac IPO 160 (25), on peut notamment citer Azzaro de la Tour IPO 144 (22).
Du côté maternel, Décibelle est également issue d’une souche Selle Français, aux références sportives relativement modestes mais qui compte néanmoins quelques gagnants parmi lesquels sa 3ème mère Kriska III (Garde Cœur, ps) ISO 130 (82).
Sa mère, Venise de Garred, bonne compétitrice (IPO 136 en 2016) est le fruit du croisement entre le New-Forest hollandais Rambo et la Selle Français Kyrie de Garred par Tolbiac des Halles. Les observateurs ont d’ailleurs noté cette année la présence marquante des courants de sang New-Forest sur le podium puisque le vice-champion, l’impressionnant étalon Français de Selle Go Star de la Butte, est un fils de Darling du Coteau (Nightingle des Ifs, nf).
Pour l’anecdote, la nouvelle championne de France CSO Grand Prix Excellence a donné naissance en 2025 à une pouliche par transfert d’embryon, fille du confirmé Blue Tinka Tilia (Tinka’s Boy x Elvey Jarnac). L’avenir est ainsi assuré !

Concours complet : prime à l’expérience
Nous retrouvons également une jument sur la plus haute marche du podium en Concours Complet et c’est l’expérience qui a parlé puisque celle qui s’impose, la Demi-Sang Arabe Vanoise de Visyje (photo ci-dessus : PSV), affiche 17 ans au compteur.
Son papier sort pour le moins des sentiers battus. Son père, le Pur Sang Arabe américain Meranti Shahnan, n’a aucune référence sportive connue. De ses 54 produits, seuls Vanoise (IPC 158 en 2023) et son propre frère Tchal de Visyje (IPC 123 en 2012)se distinguent par leur aptitude sportive en Concours Complet.
La mère de Vanoise, la Selle Français Etoile du Mazurier, présente également un pedigree relativement iconoclaste, résultat d’une rencontre entre la Trotteuse Inalmée (Sam Royal A M, tf) et le Pur-Sang Arabe Kesberoy. Ce dernier, étalon national (notamment stationné à Pau-Glos) est un fils de l’Arabe Saint-Laurent à qui l’on doit d’autres pensionnaires des HN, dont le fameux Manganate qui a laissé son empreinte dans les courses d’Anglo-arabe. Fort d’un contingent de plus de 500 produits, Kesberoy se signale par quelques poneys, souvent exploités à la fois en saut d’obstacles et en concours complet (à l’instar de Vanoise de Visyje) : on peut citer les propres frères Février III IPO 141 (98) et Grillon III IPO 143 (07) mais également Bel Avenir II IPO 145 (97) ou encore Quimba IPO 163 (00).

Dressage : l’élevage Fast confirme
La gent féminine est décidément à l’honneur dans ce millésime 2026 puisque c’est la Français de Selle Gone Girl Fast (photo ci-dessus : PSV) qui s’empare du titre suprême en dressage. Conçue par la SCEA Elevage Fast et la SCEA Land Rohan, elle est le résultat d’un schéma de sélection qui ne doit rien au hasard. Son père, Under Cover Fast, a vu le jour dans le même élevage. Imaginé par Nolwenn Rouxel, son éleveuse passionnée, il affiche un papier tourné vers le haut niveau de la discipline puisque fils du gagnant international Trakehner Latimer et de Mata Hari, ponette DRP héritière d’une longue lignée de gagnants.
De fait, Under Cover Fast n’a pas déçu les espoirs placés en lui, montant sur de nombreux podiums dès l’âge de 3 ans, représentant la France à quatre reprises aux Championnats d’Europe et gagnant jusqu’au niveau St-Georges en épreuves chevaux (IDR 124 et IPD 149). Pour l’anecdote, sa seconde mère Melissa, est issue du grand sire allemand Lombard, le père d’un certain…Linaro SL !
La mère de Go Girl Fast, Javanaise Rocq, propose également un croisement très classique. Celui de deux grands sires du stud-book Deutsches Reitpony (DRP), Nantano et Durello, exploités tous deux en France par le Syndicat Linaro après une carrière outre-Rhin.On doit au premier le génial petit étalon de CSO Nabor (père de Quabar des Monceaux, entre autres !) mais aussi le Champion d’Europe de concours complet Mon Nantano de Florys. Le second est notamment à l’origine de l’étalon Sauvage des Morins, réserviste de l’équipe de France de Dressage aux Championnats d’Europe à l’âge de 8 ans.
Bref, ça saute et ça dresse très bien dans cette famille dont Gone Girl Fast représente aujourd’hui toute la quintessence.