Le dernier passage de Fürstenball

Xavier Boudon 13 juillet 2026

L’étalon Oldenbourg a poussé son dernier souffle à seulement vingt ans. Le vainqueur de l’approbation Oldenbourg 2009, bien que 20e du classement mondial des étalons pères de performers, laisse pas moins de 105 fils étalons et 44 gagnants en Grand Prix. Charlotte Chalvignac et Mélanie Gutzwiller témoignent des qualités de sa production.

C’est la station d’étalons de Paul Schockemöhle qui l’a annoncé hier samedi en début d’après-midi. Noir pangaré, d’un chic sans pareille, moderne tant dans son modèle que ses aptitudes, Fürstenball a marqué les éleveurs et les cavaliers par la facilité de ses produits qui héritaient toujours de son excellent tempérament. « C’est une valeur sûre sur le plan de la gentillesse » dit Charlotte Chalvignac, « ses produits sont très proches du cavalier, souvent très beaux avec une belle tête et un bon galop ». La cavalière française monte son meilleur produit en France, Fursty Majishan, récent vainqueur du Grand Prix Pro Elite du Mans, après avoir été 3e du Championnat SHF à 6 ans puis 3e du Championnat des 7 ans, et dispose également d’une excellente recrue nommée Furstin Toto LH, fille de Furst Toto, né au Getsut Lewitz de Paul Schockemöhle et lui-même issu de Fürstenball.

Une génétique quasi irréprochable

Outre être beau et doué, Fürstenball disposait d’un pedigree taillé pour le sport. Inbred sur Donnerhall (grand-père maternel du côté du père Fürst Heinrich et père de mère côté maternel), il est le frère utérin de quatre performers en St George et de Bello Oriente, gagnant en Grand Prix avec Christer Egerstrom. Il présente la particularité de descendre d’une lignée maternelle basse Selle Français : sa 4e mère Mon Amour, née en 1971, était une fille du pur-sang Shikampur (Tehran, ps) et Une Mexicaine par l’étalon Mexico (Furioso, ps). Performant lui-même jusqu’en St George, Fürstenball laisse plus de 2000 produits dont 105 étalons approuvés, et 44 chevaux classés en Grand Prix de dressage. Ses meilleurs représentants actuels sur la scène internationale se nomment First Class 92 (Ingrid Klimke/GER), Full Moon II (Laura Tomlinson/GBR), Furstenrauch PS (Thomas Goode/GBR), Frisco (Peggy Högsten/FIN), ou encore Facilone FRH (Nicola Louise Ahorner/ISR). En France, distribué par le Groupe France Elevage, il a produit 128 poulains, les plus âgés ayant 16 ans. Parmi ses générations déjà présentes sur le circuit national, notons Forever Dream FH, né au Haras Hanovria, Elite à 5 et 6 ans, IDR 132 ; Hamilton du Jem, né chez Jeannine Blaise, IDR 137 ; et Floette LH, née chez Jean-Claude Ferrand, IDR 132. Parmi les étalons disponibles en France, Furst Toto (Fürstenball et Thery, old par Totilas, kwpn) et Finest (Fürstenball et Wie Princess, han par Wie Weltmeyer, han) semblent en mesure de prendre la relève.

Felicity du Neuhof (Fürstenball X Sandro Hit) – Photo : Léa Whoah

« Un amour de cheval »

L’élevage du Neuhof a très tôt su détecter en Fürstenball un étalon améliorateur. « Il a remporté l’approbation du Oldenbourg à deux ans et demi, mais il s’est blessé en début d’année suivante » explique Mélanie Gutzwiller. « Il n’a donc pas été présenté au show étalons à 3 ans et très peu utilisé cette année là. La saison suivante, nous avons acheté Waldora, old (Sandro Hit, old) pleine de lui ». Un mois plus tard, la jument donnait naissance à Felicity du Neuhof, belle pouliche noire. « C’est le portrait craché de son père ! » admet l’éleveuse. « Nous sommes allés le voir à 4 ans au show étalons…il était juste incroyable. Un amour de cheval » dit-elle avec émotion. « Il apporte du chic, des têtes magnifiques que l’on retrouve dans sa descendance même plusieurs générations après, de la souplesse et ce caractère incroyable. » Amoureuse du fils de Fürst Heinrich, Mélanie Gutzwiller l’a utilisé d’autres fois sur sa jumenterie. « J’ai eu trois autres poulains de lui. Il a un peu été victime de son succès et c’était compliqué de l’avoir en réfrigéré. Quand il est redevenu disponible, son tarif avait légèrement bondi… ! » admet-elle. « Seul bémol de sa production : il n’apporte pas de taille ni de rayons, ce qui peut parfois gêner en dressage » indique-t-elle. Afin de compenser, elle a croisé sa fille avec des étalons compensant ces défauts, notamment Dante Weltino, et cette année, le fameux Secret.

Crédit photo à la une: Fürstenball (photo : Paul Schockemöhle Pferdehaltung GmbH)