Incendies de Fontainebleau : le Haras de Triaval fait le point

Xavier Boudon 17 juillet 2026

Situé sur la commune d’Achères-la-Forêt, le Haras de Triaval était en début de semaine au coeur des terribles incendies touchant la forêt de Fontainebleau. Sa propriétaire Catherine Palmer, soucieuse du bien-être de ses chevaux comme de son équipe, a souhaité apporter quelques précisions que nous vous partageons.

Victime il y a de cela des années d’un effroyable incendie au sein de sa précédente écurie, Catherine Palmer a imaginé le Haras de Triaval en connaissance de cause. Construit en 1999, ce dernier est conçu de telle sorte qu’il puisse résister autant que possible aux assauts des flammes. « En tant que pharmacienne de métier, j’aborde cette situation avec pragmatisme » explique-t-elle. « Surtout, ne jamais céder à la panique et réfléchir aux meilleures solutions. Intégrer cette notion de risque incendie à la conception du haras a été, avec mon mari, notre objectif prioritaire. Nous n’avons jamais reçu l’ordre d’évacuer, ni moi, ni mes locataires, un avis corroboré par les pompiers venus inspecter les lieux dès le début de l’incendie. Nous avons néanmoins tout prévu pour pouvoir le faire très rapidement, en toute sécurité, et cela grâce à mon équipe, notamment Eric Allimonier et le cavalier Ahmad Miladi. D’ailleurs, sur les conseils d’Eric, face aux importantes fumées, nous avons fini par évacuer nos chevaux dans différentes écuries comme chez Richard Breul. » Mercredi, quasiment tous les chevaux avaient retrouvé leur place au Haras de Triaval.

Le récit des 48h

« Dès les premiers instants de l’incendie, un salarié du haras a accueilli les sapeurs-pompiers. Ceux-ci ont procédé à une visite complète des installations afin d’évaluer précisément les risques. À l’issue de cette reconnaissance, les pompiers ont indiqué qu’il n’existait pas, à ce stade, de risque immédiat justifiant l’évacuation des chevaux. Ils ont expliqué que, si la situation venait à évoluer, ils reviendraient immédiatement prévenir le salarié responsable des écuries afin que les chevaux soient évacués sans délai.

Ce salarié est resté en contact permanent avec moi tout au long de l’événement et m’a communiqué en temps réel toutes les informations et les consignes des secours. De mon côté, je suis restée mobilisée en permanence. J’ai suivi l’évolution de la situation jour et nuit grâce au système de vidéosurveillance installé dans l’ensemble des écuries et j’attendais les éventuelles instructions d’évacuation des autorités.

Tout avait été anticipé. Par mesure de précaution, j’avais demandé que le van trois places soit attelé au camion deux places et soit prêt à partir et que le poids lourd permettant le transport de dix chevaux soit vérifié, afin de pouvoir procéder immédiatement à une évacuation si les autorités en donnaient l’ordre. J’avais également anticipé l’hypothèse dans laquelle tous les chevaux ne pourraient pas être évacués simultanément, faute de renforts ou de moyens humains suffisants.

Dans cette éventualité, j’avais demandé que les chevaux restant sur place soient regroupés dans le manège, spécialement conçu pour résister au feu pendant une durée importante. J’avais également demandé que les canons à eau alimentés par le système de pompage des carrières soient orientées vers les boxes afin de pouvoir l’arroser en continu si cela devenait nécessaire. Le manège est également équipé d’un système d’arrosage.

Il est évident que cette capacité de résistance ne signifiait pas que les chevaux auraient attendu vingt-quatre heures dans le manège. Si le feu s’était effectivement rapproché des installations ou si les secours avaient demandé une évacuation, les chevaux auraient été extraits bien avant. Cette organisation constituait uniquement une solution de protection transitoire dans l’hypothèse où une évacuation complète ne pourrait pas être réalisée immédiatement.

Plusieurs scénarios avaient été préparés à l’avance afin de répondre à toutes les hypothèses possibles, dans le respect des consignes des sapeurs-pompiers. Les pompiers eux-mêmes ont confirmé que la conception des installations constituait un élément essentiel de sécurité. Enfin, aucun résineux ne se situe à proximité immédiate des bâtiments, limitant ainsi les risques de propagation rapide du feu.

Ces éléments techniques, qui ont été constatés par les sapeurs-pompiers lors de leur visite, expliquent pourquoi aucune évacuation immédiate n’a été demandée à ce stade. Les décisions ont été prises en tenant compte des évaluations réalisées par les sapeurs-pompiers, des caractéristiques des installations et des différents scénarios de sécurité préparés à l’avance. »

Crédit photo à la une: Haras de Triaval