Prime PACE : Julien Blot répond aux objections
Jeudi 23 juillet, les adhérents du Stud-book Selle Français ont tous reçu dans leur boîte mail une tribune signée de son nouveau Président, Julien Blot. Intitulée « La PACE : retrouver le sens d’un outil de sélection », elle répond aux critiques récentes émises par certains éleveurs sur les réseaux sociaux.
Le 17 juillet dernier, Jean-Luc Dufour, sur la page du Haras d’Argouges, a publié un billet d’humeur. « Suppression de la prime PACE aux produits d’étalons de plus de 16 ans : la fausse bonne idée du Stud-book SF ! ». En quelques mots, il critique le nouveau système de versement de la prime PACE, estimant qu’il incite les éleveurs à enregistrer leurs poulains dans d’autres stud-books, voire en OC (Origine Constatée) dont le tarif d’inscription est moins élevé. Cette prise de position, largement commentée, a poussé Julien Blot, nouveau Président du Stud-book Selle Français, à réagir à travers une tribune diffusée aujourd’hui.
« Le post de Jean-Luc m’a poussé à communiquer plus rapidement que prévu » admet-il. « Lorsque je suis entré au Conseil d’Administration du SF, il siégeait déjà. J’ai beaucoup d’estime pour lui et la question qu’il a soulevé mérite qu’on se penche sur le sujet. Dans ce genre de situation, il ne faut surtout pas faire la sourde oreille, au contraire. J’ai d’ailleurs demandé à la directrice du stud-book que nous adoptions une communication plus directe vis-à-vis des éleveurs et de nos adhérents. Il faut évoluer avec son temps et les réseaux sociaux nous obligent à prendre la parole plus directement. D’ailleurs j’envisage de poursuivre sur cette voie, au sujet de la PACE comme d’autres dossiers. Je pense en l’occurrence qu’il y a deux cas de figure lorsqu’un débat apparaît : une incompréhension sur les mesures prises, ou une bonne compréhension entraînant un désaccord, ce qui est le cas ici. »
Une prime soutenue par le Fonds Eperon
La PACE (Prime d’Aptitude à la Compétition Equestre) est une aide versée aux éleveurs en possession d’une jument titulaire de points PACE (points attribués selon les performances propres, celles de la mère et des collatéraux), suitée l’année où la prime est versée. « La PACE concerne plus de la moitié des juments présentées lors des concours modèle & allures foals » estime Julien Blot. En effet, pour bénéficier de la prime, l’éleveur doit présenter son poulain lors d’un concours, même local, que sa mère ait été de nouveau saillie ou non. Ce qui explique d’ailleurs la multiplication des concours locaux complémentaires organisés par les grands éleveurs (en nombre). Bien que non qualificatifs pour les régionaux, ils suffisent à toucher la prime…et évitent aux concernés des kilomètres inutiles. « Si seulement 14 % du budget de fonctionnement du Selle Français est encore financé par des subventions, la prime PACE est, quant à elle, financée par le Fonds Eperon » explique Julien Blot. « Ce montant varie d’une année à l’autre. La tendance n’est clairement pas à la hausse. C’est pourquoi je préfère prendre les devants et anticiper la baisse annoncée en remettant tout à plat avec les adhérents et les éleveurs » insiste-t-il.
Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement
« Le rôle d’un organisme de sélection est d’assurer le progrès génétique, notamment en incitant à l’utilisation de jeunes reproducteurs et en abaissant l’âge moyen des juments mises à la reproduction. Il faut maintenant se demander si l’on peut trouver un autre système d’encouragement afin d’accélérer le progrès génétique. Doit-on conserver le système de la PACE tel qu’il est ou le changer ? ». Au-delà de ce sujet précis de la PACE, il est question ici de l’avenir du Selle Français et de sa place sur l’échiquier mondial. « Dans toute mesure, il est important que tous, stud-book comme éleveurs, soient satisfaits. Aujourd’hui, le principe de la PACE satisfait à 100 % le stud-book, mais pas 100 % des éleveurs. Il faut donc que nous y réfléchissions ensemble. En tant que président d’association régionale d’éleveurs depuis dix ans, je sais ce qu’attendent les éleveurs. Les choses les plus simples à expliquer sont les plus simples à accepter. »
Le chantier s’ouvre donc désormais pour les administrateurs du SF afin de dessiner le contour d’un nouveau système d’encouragement répondant mieux aux attentes de ceux qui chaque jour construisent le futur du stud-book.